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Revue Dynastie : les Habsbourg, une histoire de famille

L’objectif de la revue trimestrielle Dynastie est de « montrer comment les familles font l’histoire ». Pari réussi pour leur deuxième numéro qui nous emmène dans le foyer historique d’éminentes familles qui ont fait le passé et continuent d’influencer le présent.

Après un premier numéro consacré à la famille royale du Luxembourg, le dossier de cette deuxième livraison porte sur la famille Habsbourg, on y apprend beaucoup sur le destin de ceux qui se tinrent durant plus de cinq siècles sur le trône impérial d’Autriche avec pour devise : Austriae est imperare orbi universo (« Il appartient à l’Autriche de gouverner le monde »).Y est notamment conté le destin tragique de l’impératrice Zita, femme de Charles de Habsbourg, qui virent ensemble les derniers jours du vieil empereur François-Joseph et de l’Autriche-Hongrie, derniers monarques majeurs et soutiens catholiques de l’Europe. Partagé entre les Magyars et les Germains, l’Empire est aujourd’hui divisé en deux destins frères. Entrecoupé d’interviews ou de pages culture, jusqu’au « Quiz Habsbourg », le thème principal de la revue est particulièrement bien balayé. [...]

[Idées] Obsolescence des ruines : habiter le vide
mension polysémique, ont toujours fasciné. Or, notre ère de l’obsolescence programmée a inventé les ruines instantanées, qui disparaissent en même temps que les bâtiments. Cette absence de ruines est « l’objet du siècle » selon Bruce Bégout, qui tente d’exhumer la signification profonde de leur évanouissement et d’en comprendre la portée historique. [...]
Friedrich Carl Von Savigny : contre la table rase, penser de la tradition

Contre les assauts du progressisme qui partout s’autoriserait, si l’on n’osait plus hausser la voix, à imposer un ordre uniforme, réputé supérieur en tout temps et en tous lieux car conforme à l’idée fallacieuse qu’il se fait de l’homme ; contre aussi les vilaines tentations populistes de la droite qui, à juste titre écœurée par le gouvernement des juges et le droit supranational, fantasme un peuple tout beau tout propre (comme si ce n’était pas la démocratie qui nous avait mis là où on en est) au point de proclamer, par la logique référendaire, qu’il aurait toujours raison, il est plus que temps de retrouver une conception conservatrice du droit, fondé sur la lente pulsation des siècles.

Le grand juriste allemand Friedrich Carl Von Savigny (1779-1861) est à cet égard une source salutaire. Né de la vieille noblesse d’Empire, lointain descendant de huguenots lorrains, Savigny connaît une enfance des plus tragiques : il est orphelin dès 1792 et seul survivant de treize frères et sœurs. Brillant étudiant de droit, il devient professeur en 1801 et fréquente les cercles romantiques (il épousera la sœur de Clemens Brentano), véritable communauté de pensée dont il incarnera le versant juridique. S’ensuit une série de voyages en Europe où il amasse des notes en tout genre, puis une majestueuse carrière d’universitaire à Berlin, de conseiller d’État et de ministre au service du roi prussien Frédéric-Guillaume IV. [...]

[Essais] Brève histoire de la Russie : crise d’identité

« La Russie a un certain avenir, seul son passé est imprévisible », c’est à partir de ce proverbe soviétique placé en exergue de son livre que Mark Galeotti, historien britannique et spécialiste de la Russie qui fut le premier à parler des nouvelles techniques de guerres stratégiques russes connues sous le nom fallacieux de « Doctrine Gerasimov », entame cette histoire de ce pays-continent à cheval sur le monde européen et le monde asiatique.

Au travers de courts chapitres, il trace la généalogie d’un pays palimpseste, tiraillé entre son Est et son Ouest, dont l’origine se confond dans l’ailleurs et même dans le mythe, qui cherche à se définir et qui s’invente sans prendre garde de ne pas se contredire, dans une perpétuelle crise identitaire.


Brève histoire de la Russie de Mark Galeotti
Flammarion, 316 p., 21,90 €
Marc Eynaud : « La seule convergence des luttes qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village »

Combien et quelles sont les exactions commises à l’endroit des catholiques ? Qui commet ces exactions ?

C’est pour ainsi dire impossible à quantifier précisément. Les chiffres du ministère de l’Intérieur concernant les actes anti-religieux sont vagues et reflètent mal l’ampleur du phénomène. Les actions, crimes et actes hostiles menés à l’encontre des catholiques sont pourtant très nombreux et en constante augmentation. Entre la presse locale, les communiqués de l’institution, les couloirs des palais de Justice bondés et les alarmes régulièrement lancées par les acteurs du patrimoine historique, on a un aperçu assez préoccupant du phénomène. Comme il y a pléthore de crimes, il y a pléthores d’acteurs : les associations laïcardes, les mouvements antifas, les islamistes, les groupuscules féministes… Toutes ces entités démontrent que la seule convergence des luttes, la seule « intersectionnalité » qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village de toutes les manières possibles.

Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures

La réponse politique et judiciaire vous semble-t-elle à la hauteur ?

Pour qu’il y ait une réponse judiciaire, il faudrait pouvoir qualifier le crime. Concernant les attaques judiciaires, terroristes et j’en passe, l’Église et ses acteurs disposent de l’arsenal juridique classique. En revanche, la multiplication des profanations, c’est-à-dire des actes de haine authentiquement spirituels ne relèvent d’aucune juridiction. Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures. Si vous forcez l’entrée d’un tabernacle et dérobez le ciboire contenant les hosties consacrées, la justice s’interrogera simplement sur la valeur marchande du vase. Cela, c’est un peu l’angle mort sur le plan judiciaire concernant les profanations. [...]

[Essais] La nation, une ressource d’avenir ?
À l’heure du « réveil des identités », la définition et l’utilité de la nation sont au cœur du débat actuel. Ce sont les questions que tentent de trancher Bernard Bourdin et Philippe d’Iribarne. Entre l’universalisme déraciné et le nationalisme belliqueux, il y a une troisième voie à ébaucher. En retraçant un historique du concept de nation du Saint-Empire à l’époque post-moderne, en passant par Hobbes et Renan, on comprend la pertinence de la conception française de la nation: un équilibre parfait entre universel et patriotisme. [...]
David Antonelli : « Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah »

Durant votre jeunesse, vous militiez dans le mouvement nationaliste corse. Pourtant on comprend que ce nest pas du nationalisme corse que vous vous êtes détourné, mais des responsables politiques qui lincarnaient, et de leur ligne idéologique de gauche multiculturelle.

C’est exactement cela. Pour moi, servir la cause nationale impliquait un nationalisme authentique, c’est-à-dire permettre à un peuple libre de demeurer ce qu’il est sur sa terre. L’idée donc qu’il était nécessaire de s’émanciper de la France, car ce pays promeut et soutient ardemment le globalisme. Chose que j’ai très tôt analysée comme funeste pour l’identité et l’âme du peuple corse. Ce globalisme aboutira d’ailleurs à la dissolution du peuple Français lui-même si ce dernier persévère à ne pas vouloir réagir et à se bercer du « vivre ensemble » et d’autres concepts que le réel dément au quotidien. Par ailleurs, la France désire et encourage toujours plus une immigration de masse non-européenne, islamique notamment. Le danger pour le peuple corse était et reste celui-là : devenir minoritaire sur la terre qui est la sienne depuis des temps immémoriaux. Or je me suis progressivement aperçu que les dirigeants politiques « nationalistes », certes s’opposent à la France, mais uniquement dans le but d’obtenir des avancées institutionnelles, mais que pour le reste, ils partagent exactement les mêmes valeurs que les élites politiques françaises globalistes et progressistes, et souhaitent d’ailleurs promouvoir les mêmes politiques, à l’opposé de ce que désire la grande majorité du peuple corse. Pour vivre, la cause nationale devra se détourner totalement de ces gens-là, car la « communauté de destin » implique qu’il suffit d’arriver en Corse pour être corse.

LEurope de lOuest est en train de changer. Les idées du mouvement woke, de la Cancel culture sont en train de gagner les esprits. Quel est votre sentiment face à ce phénomène ? Israël est-il épargné par cela ?

C’est la même problématique. Ce mouvement ambitionne, à un niveau mondial, de détruire identités, peuples et même civilisations afin qu’advienne une société de « citoyens du monde » réputés être de partout, mais qui, en réalité, sont de nulle part. Face à cela, malgré le risque qui existe aussi en Israël même, comme partout ailleurs, je suis serein, car Israël est le peuple témoin qui a traversé des millénaires et qui a toujours su s’émanciper de toutes ces fausses idéologies afin de se perpétuer en respectant les lois sacrées, don de Dieu, qui permettent l’équilibre du monde. La Torah, qui est une prophétie venant de l’infini,  est profondément identitaire. Elle commande au peuple juif de préserver son identité, ainsi que l’identité des Nations. C’est la cause de l’intervention divine après le déluge qui a dispersé les peuples, avec l’épisode de la tour de Babel. L’Éternel refusait un univers où tous parlaient la même langue, et où les identités disparaissaient. Le symbole du monde qui n’a pas été détruit par le déluge est précisément un arc-en-ciel. Les différentes couleurs se côtoient, sont solidaires, mais ne se mélangent pas car dans ce cas elles disparaitraient et l’équilibre serait rompu. Chacune de ces couleurs  doivent exister, être respectées et se transmettre. Israël, par le message divin qu’il a reçu, est le garant de cette force-là. Raison pour laquelle, il est puissamment attaqué depuis toujours. Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah. On aboutit à la disparition de la famille traditionnelle, des identités, et à un homme qui ne sert plus les lois supérieures qui imposent des devoirs, mais se sert lui-même. Tout cela donne une illusion de liberté - rappelons-nous le fameux « il est interdit d’interdire ». Or, quand on se soustrait au joug divin –aux lois et devoirs qu’il impose– à l’appel d’idéologies macabres, on tombe sans le savoir sous un autre joug, lui destructeur, implacable et réellement tyrannique. Israël est en première ligne pour ce combat, les Nations devront faire le choix entre les véritables valeurs et le chaos que nous imposent ces idéologies. [...]

[Essais] Noirceur : pamphlet contre les blancs

Seule la fin du monde sauvera l’homme noir de sa condition d’esclave du règne blanc ! Norman Ajari, dans son ouvrage Noirceur se livre à un réquisitoire sans concession contre l’antiracisme moralisateur et intersectionnel français. Il l’accuse d’être une supercherie intellectuelle par laquelle les membres de la gauche bienpensante ne cherchent au fond qu’à exploiter la condition du masculin noir pour satisfaire des désirs douteux, pour s’adonner aux plaisirs libidineux que leur provoque le fantasme d’un corps viril couleur d’ébène à jamais chosifié par leur inconscient. Selon Norman Ajari, la civilisation européenne doit être détruite jusqu’à la dernière pierre. Il n’y a rien à en sauver, et surtout pas son prétendu antiracisme systémique, qui ne serait que l’ultime tentative d’enfermer définitivement le noir dans son statut d’esclave au prétexte de sa victimisation.

Contre la convergence des luttes, un « communisme noir »

Norman Ajari se montre convaincu qu’aucune solution véritable ne viendra des luttes intersectionnelles prétendant unir, sur un même plan, les rébellions des minorités contre l’ordre en place. Les revendications LGBT ou féministes reposeraient en effet sur des conflits pouvant être plus ou moins solutionnés à l’intérieur du cadre de la société occidentale, grâce aux avancées des idéologies progressistes. À l’inverse, la cause noire serait totalement antagoniste au monde blanc. L’esclavage aurait mis à mort l’homme noir en le chassant du cercle de l’humanité. L’abolition n’y aurait rien changé car l’esclavage des noirs formerait un paradigme indépassable, qui continuerait à dominer le monde sous les formes cachées de la ségrégation et de la discrimination. L’homme noir ne pourrait en conséquence revenir à la liberté qu’en anéantissant l’univers blanc, et certainement pas en le réformant, ni même en le révolutionnant. [...]

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