
Art de vivre






En presque cinquante ans, La Guerre des étoiles est devenue un univers narratif et un élément de culture populaire. Beaucoup a été dit sur la force d’une approche mythologique et folklorique presque scolaire, sur l’approche visionnaire de Lucas, dont l’œuvre véritable est moins sa filmographie que la révolution numérique qu’il a imposée au cinéma, sur les lectures historiques et politiques qu’on peut et doit faire des deux premières trilogies. Même si les étoiles ont pâli, même si le mythe est devenu une marque, la respiration de Darth Vader, la marche impériale, la Force et les Jedis sont désormais entrés dans le patrimoine immatériel de la post-modernité.
Lire aussi : Les rideaux sont-ils de droite ?
Mais ces Jedis sont-ils de droite ? En 1977, Alec Guinness jouait Obi-Wan Kenobi, une manière de chevalier devenu ermite, comme un templier fatigué de manier l’épée. Sobre, amusé, la parole rare, il se sacrifiait au nom du bien commun en ayant transmis à Luke une foi, une espérance et une mission, ce qui paraît bien de droite ; mais en lui mentant sur son père… Dans L’Empire contre-attaque, Luke rencontrait Yoda, vieillard chenu qui lui expliquait la Force, émanation de l’univers à manier avec précaution.…

La tequila, c’est d’abord un cliché. Un soleil de plomb, des pistoleros à la barbe drue et un rituel à ravir les touristes : on saupoudre sa main gauche de sel et on avale la tequila d’un trait. C’est le « shoot Ay Caramba » vomitif populaire des fêtes étudiantes.
Au Mexique, l’ancêtre de la tequila fut une boisson fermentée de jus d’agave, appelée le « pulque ». Cette boisson qui provoquait l’ivresse était connue depuis longtemps lorsque les Aztèques l’intégrèrent à leurs rituels. Dans la mythologie aztèque, Mayahuel était la déesse de l’agave et de l’ébriété mystique. Elle était représentée visuellement au cœur d’un grand agave, les fleurs de la plante émergeant de son torse.

L’arrivée des conquistadors au seizième siècle bouleversa les modes de vie. Les Espagnols imposèrent leurs institutions politiques, ainsi que la distillation. Ce procédé permit de transformer le jus des agaves en alcool.…

Louis et Zélie Martin (nés respectivement en 1823 et 1831) passeraient aujourd’hui pour des tocards aux yeux du monde. Jugez plutôt : Louis, fils de militaire, est un enfant paisible et pieux, qui songe d’abord à devenir religieux, ce qu’on lui refuse car il ne connaît pas le latin. Horloger méticuleux et chrétien fervent, il aime les soirées avec ses amis, la pêche, la chasse, la méditation et le jardinage. Pas de refus d’obtempérer, pas de protoxyde d’azote, pas de tweets rageurs : Louis Martin qui, à l’âge canonique de trente-quatre ans, n’est pas marié, passe facilement pour quelqu’un de chiant. Zélie, elle, c’est un peu pareil : fille de militaire elle aussi, vieille fille à vingt-sept ans, elle a voulu être religieuse. Décidément… Dentellière pleine de délicatesse, elle prie Dieu de lui faire rencontrer son mari, et hop ! Là aussi : pas de selfies, pas d’OnlyFans, pas de tutos de pétasse, Zélie Martin n’est pas une figure qui parle aux jeunes filles de notre temps.…
L’Incorrect
Retrouvez le magazine de ce mois ci en format
numérique ou papier selon votre préférence.

