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Élections allemandes : le SPD en pointe des Teutons

La gauche a nettement bénéficié des dernières élections allemandes. Le SPD gagne 5 points tandis que les Verts affichent 6 points de progression, dans la lignée de leurs très bons scores aux européennes. La gauche radicale de Die Linke s’effondre quant à elle, notamment en ex-RDA, au profit du SPD et ne garde une représentation parlementaire que de justesse. Le SPD a bénéficié de trois facteurs : une proposition d’augmentation du salaire minimum qui a vraiment touché l’électorat populaire, une campagne visant beaucoup plus nettement les électeurs centristes, ce qui a permis au candidat du SPD d’apparaître comme le successeur naturel de Merkel, rassurant un électorat oscillant entre la CDU et le SPD.

Tout change pour que rien ne change et qu’à la coalition centriste noire-rouge succédera une coalition libérale-socialiste repeignant en vert progressiste une politique essentiellement inchangée

À droite les libéraux du FDP (Freie Demokratische Partei – Parti Libéral Démocrate) ont réussi à obtenir un bon score du fait de la crise de la CDU/CSU mais aussi grâce à un net travail de reconstruction après la crise de 2013 (où ils n’avaient pas pu faire 5 % et n’avaient donc pas été admis au Bundestag). Leur progrès est particulièrement notable dans les régions qui votaient pour l’AfD, qui perd 2 points et par rapport à 2017 mais garde une position très solide dans les länders de l’ex-RDA. Enfin, de manière plus marginale, des petits partis alternatifs de droite progressent comme les « Électeurs libres » qui sont des rassemblements électoraux au niveau local sur une ligne libérale-conservatrice ou « Die Basis », parti hostile aux mesures de confinement. [...]

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Éditorial monde de novembre : France-Algérie, les mémoires mortes

Les déclarations d’Emmanuel Macron, lors d’un échange avec une vingtaine de jeunes descendants de harkis le 30 septembre, et retranscrites le samedi suivant par Le Monde ont provoqué une crise diplomatique entre l’Élysée et Alger. Elles révèlent aussi que l’entente mémorielle entre les deux pays est tout bonnement impossible. Et c’est loin d’être du seul fait de la France.

Cette initiative a immédiatement été interprétée par le pouvoir algérien en place comme une manifestation d’hostilité

Pauvre France ! Humiliée par l’Australie, la Grande-Bretagne et le puissant mais versatile allié américain à l’occasion de la signature du traité AUKUS en août dernier, elle se trouve, en plus, confrontée à une énième crise diplomatique avec l’Algérie. En cause, les mémoires de la guerre d’Algérie (1954-1962), éternelle pomme de discorde entre les deux pays. Après l’humiliation infligée par ces damnés anglo-saxons, l’Élysée a-t-il décidé de se passer les nerfs sur les Algériens en franchissant un cap rhétorique ?…

Jacques Soppelsa : « L’Occident est en voie de paupérisation »

Comment expliquer la naïveté des stratèges libéraux après la chute de l'URSS quant à la dangerosité du monde ?

Au lendemain de l’effondrement de l'Union soviétique (et donc de la disparition de la logique des blocs), les « stratèges » occidentaux ont été persuadés (y compris via les écrits de spécialistes autoproclamés comme Francis Fukuyma ou, en France, Alain Minc et Guy Sorman) qu'était enfin arrivé l'heureux temps d'un monde unipolarisé contrôlé par l'Empire américain et ses vertus (« God Bless America »). Pourtant, après quelques années relativement euphoriques, le contexte des relations internationales s'est vite assombri, des événements du 11 septembre aux avatars de l'Afghanistan ou du Moyen-Orient, en passant par la crise des subprimes.

Constat cruel : tout en négligeant la pérennité de certains défis (dont le dynamisme tous azimuts de certaines nations candidatant au statut de superpuissances, la Chine tout particulièrement), le monde occidental n'a pas comblé les failles inhérentes à la plupart des sociétés démocratiques. Ces failles sont nombreuses. J'en citerai trois, malheureusement complémentaires : tout d’abord son malthusianisme au plan démographique, contrastant avec le dynamisme des pays du Tiers monde, et les migrations internationales bien mal maîtrisées qui en sont le corollaire ; ensuite les effets de la désindustrialisation et des délocalisations (au profit notamment de Pékin) ; enfin, le fait que nos vieilles nations d'Europe occidentale semblent baigner dans une atmosphère mortifère de culpabilisation civilisationnelle. [...]

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La France et l’Europe à contretemps face au retour des Empires

La CIA y accorde une large part dans son dernier rapport sur l'État du Monde en 2040 (Equateurs), et Alexandre Del Valle vient de publier La Mondialisation dangereuse (L'Artilleur) avec Jacques Soppelsa sur ce thème : le temps des empires est de retour. Et avec lui la question fondamentale du rôle de la France, de l’Europe, de l’Occident même, dans un nouveau contexte international marqué par la désoccidentalisation et la multi-polarisation.

La crise des sous-marins australiens, mais surtout le nouvel accord AUKUS, tri bientôt quadripartite avec l’arrivée de la Nouvelle-Zélande, dont la France ne fait pas partie, est l’un des derniers signes du regain de compétition entre États-stratèges dans le monde. Plus tôt, l’épidémie de Covid-19 avait déjà mis à nue les dépendances des chaînes d’approvisionnement envers la Chine, dont on sent encore les effets dans le domaine des micro-processeurs, ou plus prosaïquement au moment d’effecteur ses premiers achats de Noël.

L’Europe, avec la France comme moteur, doit re-légitimer sa puissance souveraine et son identité contre une vision mondialiste et un universalisme occidental

L’échiquier mondial est balayé par des forces opposées, avec la mondialisation pour axiome. Les États-Unis continuent d’en promouvoir son versant libéral et économique ; la Chine la sinise et l’utilise à des fins expansionnistes, purgée de ses valeurs universalistes occidentales ; la Russie s’en défend, au titre de la protection de son identité. La tension entre les deux premiers a déplacé l’équilibre géopolitique du monde dans la région indopacifique, c’est la « grande bascule » initiée par Barack Obama, alors que les relations entre l’OTAN et la Russie restent tendues en ex-URSS. […]

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Aux États-Unis, une jeunesse progressiste, wokes et pro-vie !

Décidément, le pays de l’oncle Sam nous réserve bien des surprises. Alors que l’administration Biden appelle la Cour suprême à bloquer la loi interdisant la majorité des IVG au Texas, voilà qu’un groupe actif sur les réseaux sociaux se mobilise contre l’avortement. Rien de très original  direz-vous, jusqu’à regarder le nom de plus près : « The Progressive Anti-Abortion Uprising » (PAAU, Le soulèvement progressiste anti-avortement).

Il s’agit donc d’un groupe d’activistes progressistes opposés à l’avortement. Antinomique, non ? D’autant que leur vidéo d’introduction met en scène des personnages tous plus wokes les uns que les autres : transgenre, non-binaire, femmes voilées, féministes, racialiste, blancs alliés à la « cause noire », etc. Leur message est clair : « Nous sommes pour le progrès et contre l’avortement ». Voilà de quoi laisser perplexe, car notre épris européen a du mal à appréhender le manque de cohérence du pays qui a inventé le cheeseburger végane et les églises LGBT.

« L’avortement exploite les innocents, blesse les faibles et profite aux riches »

Terrisa Bukovinac, fondatrice du PAAU

L’avortement : quand le capitalisme tue

Pourtant, à y regarder de plus près, leur rhétorique n’est pas totalement dépourvue d’intérêt, surtout dans un pays très libéral où les grands groupes dictent la marche à suivre au détriment des plus défavorisés. L’association dénonce à juste titre la détresse des classes les plus pauvres pour qui le recours à l’avortement est souvent perçu comme seul moyen de s’en sortir financièrement. PAAU va plus loin en dénonçant le capitalisme qui encouragerait cette pratique, en citant des grandes entreprises favorables à l’IVG. En d’autres termes, l’avortement serait à court terme excellent pour la santé économique des grands groupes – une femme sans enfants étant plus productive. On le voit, leur critique de l’avortement est largement anticapitaliste. « L’avortement exploite les innocents, blesse les faibles et profite aux riches » clame la fondatrice Terrisa Bukovinac, qui dirigeait auparavant deux autres associations du même type : « Democrats for Life » (Les démocrates pour la vie) et « Pro-Life San Francisco » (San Francisco pro-vie). [...]

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Reportage : Haïti, l’île aux désastres

Début septembre 2021. Martissant, dangereuse banlieue de Port-au-Prince et unique porte d’entrée vers le sud haïtien. L’air est brumeux bien que le soleil soit au zénith. À côté de la Nationale 2, les ruelles sont vides. Point d’ombre humaine dans ce bidonville qui, il y a encore quelques jours, était le théâtre d’affrontements entre de sanguinaires et impitoyables gangs. Mais depuis le tremblement de terre, un accord a été trouvé entre les autorités et ces groupes armés, afin « qu’ils quittent temporairement les lieux » pour faciliter l’acheminement de l’aide d’urgence.

Trois heures plus tard, Les Cayes. Si le rond-point de la ville porte son crucifix intact, tout au long de la route, ce ne sont que débris et gravats. Et alors que le bus de Chic Transport, l’une des rares compagnies à desservir le département du sud se gare, c’est la panique : des vrombissements de motos dans tous les sens, et trois policiers dont le commissariat a été démoli par le séisme deux semaines plus tôt courent en tentant d’organiser la circulation. Il s’agit en réalité d’une fausse alerte aux répliques : depuis le 14 août et le tremblement de terre, l’attente angoissante des répliques crée ces fausses alertes. […]

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Des ailes et des helvètes

Ce qui surprend le plus dans le choix du F-35 (et du Patriot) n’est pas tant que la Suisse n’ait pas choisi la France, mais qu’elle ait à ce point cédé au lobbying américain. En effet, les États-Unis sont connus pour les contraintes politiques voire opérationnelles très importantes qu’ils imposent dans leurs transferts d’armements : dès lors, tout achat sur étagère de capacités américaines implique un alignement sur la politique atlantiste. À plus forte raison quand les acquisitions représentent un système de défense aérienne livré quasi-clé en main, c’est-à-dire impliquant une capacité stratégique lourde.

Les conditions françaises étaient, de facto, nettement plus souples, même si, naturellement, toute transaction de ce type implique un partenariat resserré. Un partenariat qui d’ailleurs existe déjà entre la France et la Suisse, qui collaborent sur l’évaluation de la situation tactique et la sécurisation de l’espace aérien helvétique. Comme le rappelle le groupe de réflexion Mars, c’est la France qui avait mis en place, en soutien à l’armée suisse, une zone d’exclusion aérienne dans le cadre de la visite du président Biden : une situation quelque peu ironique compte tenu du lobbying de ce dernier en faveur du F-35 lors de sa venue.

On mesure mieux le ressentiment de la France qui se voit clairement flouée dans cette affaire malgré sa proximité militaire, linguistique et culturelle avec la Suisse

Il paraissait naturel pour la Suisse de tabler sur une alliance militaire avec ses voisins européens et on mesure mieux le ressentiment de la France qui se voit clairement flouée dans cette affaire malgré sa proximité militaire, linguistique et culturelle avec la Suisse. La France qui pourtant a passé commande, quelques jours plus tard, via la Direction Générale de l’Armement, de neuf avions d’entraînement PC-21 au constructeur helvétique Pilatus… Un signe de faiblesse au moment où l’État aurait dû, au contraire, suspendre cette transaction voire reconsidérer les modalités de son partenariat de défense avec la Suisse. [...]

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Afrique du Sud : les cancellers s’attaquent à Paul Kruger

Située sur la place de Church Square et érigée en face de l’ancien parlement du Transvaal, une statue de Paul Kruger cristallise toutes les passions à Pretoria. Le 24 septembre dernier, lors de la journée du patrimoine (Heritage days), Mbuyiseni Nldozi a appelé sur son compte Twitter au déboulonnage de la statue représentant le dernier président du Transvaal. Infatigable défenseur de la cause afrikaner contre le colonialisme britannique, décédé en exil en 1904 à l’âge de 78 ans, « Oncle Kruger » est un héros du panthéon afrikaner. Mais ce député du parti des Combattants de la liberté économique (EFF) y voit plutôt une survivance de l’apartheid qu’il faut détruire.

Idée de l’industriel lituanien fortuné Sammy Marks, la statue a été installée en 1913 sur son socle actuel, agrémentée de quatre sentinelles boers et de bas-reliefs en bronze illustrant les moments symboliques de la carrière de Paul Kruger. C’est à cet endroit que Lord Milner avait proclamé la fin de l'indépendance du Transvaal en 1900, et devant cette statue que Charles Swart a prêté serment en tant que premier président de la République sud-africaine en 1961. [...]

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