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On est en direct du passé

On est en direct, c’est un peu le symbole décrépit du service public, dans ce qu’il a de plus de rance, de plus inutile : le plateau, qui se voudrait des allures de cabaret lounge un peu huppé, fait plutôt penser à l’arrière-boutique d’un détaillant en poêles à bois, ou aux ambiances dominicales des émissions de Jacques Martin. Impression renforcée par le pianiste de bar tout droit sorti des années 70. Avec On est en direct, Ruquier est en passe de devenir un monument, et son talk-show le panthéon vivant du service public, mortifère, gâteux, racolant toujours les mêmes artistes dédiés à la cause, cultivant toujours le même entre-soi ultramondain, la gauche peinarde du triangle d’or qui bâille quelque part entre le théâtre du Rond-Point et le Carmen. Et ils s’étonnent encore de voir leur audience fondre comme lubrifiant au soleil, les sots ! Au moins Ardisson avait un peu de panache, un peu d’ambition dans les narines. Faut les voir, Ruquier et sa bourgeoise levantine aux dents qui rayent le qué-par, dans leur studio tout pété qui ressemble à l’intérieur d’un Werther’s Original, ambiance marronnasse pour flatulents du samedi soir. […]

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Dies irae queer code

Dans un monde où l’on ne veut pas d’un animal mort à l’intérieur mais bien une saucisse dans le cul, Sky is the limit. Afro-vegan-situmenculesjetenculeàmontour, éternel remix de la dialectique du maître et de l’esclave aboutissant à la destruction du patriarcat à coup de gode-ceinture. Ils rêvaient que le trou du cul ne soit plus le centre du problème. Sauf que c’est toujours le cas.

Nique sa mère les hiérarchies et les échelles. De plaire on est passé à revendiquer. Un petit despotisme éclairé doit remplacer notre manque de confiance. On a envie d’arrêter la machine.

Quand pourrons-nous enfin nous libérer de l’imitation généralisée et du procès-verbal ? La répétition permettrait-elle de sortir de la répétition ? Les symptômes sont devenus les messages d’un monde qui a de plus en plus besoin d’une exégèse. On va avec les cycles de la mode, on se refait perpétuellement dans le grand merdier. On se régénère encore un peu en changeant de forme. […]

La personnalité disparaît dans la fumée de l’homogène. Tout est contagieux, les regards, les gestes

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Utilisation abusive d’internet : trois symptômes

Hyperactivité

Ça ne vous aura pas échappé, si vous prenez les transports en commun régulièrement : les usagers se sont transformés en périphériques. À peine humains, tous ont des dégaines d’autistes, répétant les mêmes mouvements spasmodiques. Tous vissés à leurs téléphones portables, nuques cassées sur l’oblongue d’un écran de smartphone, ils scrollent sans broncher, le regard hâve. Temps de concentration : pas plus de 10 secondes par « contenu audiovisuel ». Nature du contenu : des vidéos ou des photomontages vaguement animés, qui vont du lolcat à la micro-recette de cuisine, en passant par l’extrait de défilé de mode. Des contenus souvent communautaires, aussitôt digérés, aussitôt oubliés mais qui ne sont pas sans laisser de traces. En fait, ces contenus qui sont consultés par milliards chaque jour ne sont à peu près que ça : des traces. Les traces de frein de la culture globalisée, du mondialisme digital qui s’écoule sans discontinuer à travers les robinets de nos écrans, puis dans nos canaux optiques. Jusqu’à leur floraison en véroniques inertes dans les pavillons de notre cerveau. Qu’il s’agisse d’Instagram, de Facebook ou de TikTok (fonction de votre âge), ces plateformes sont désormais conçues pour occuper votre temps libre. Pour vous priver de toute oisiveté, de toute flânerie. Pour vous ôter toute envie d’observer un peu votre jolie voisine de droite, ou de prendre quelques notes mentales sur les mœurs des allogènes qui viennent de débarquer dans votre rame. Non, notre écran s’impose désormais comme la seule fenêtre possible ouverte sur le réel, sur un réel pré-digéré, pré-somatisé, pré-entretenu à l’aide d’algorithmes qui perfectionnent jour après jour votre empreinte dans la glaise du digital. Votre mur d’actualité devient peu à peu votre « persona », un persona qui n’a malheureusement aucune contradiction dans le grand néant mou du métavers. Résultat : vous êtes devenus hyperactif, hyper-insatisfait, et incapable de vous concentrer plus de 30 secondes. Premier symptôme.

Le web n'est pas un tissu social, il est encore moins comparable à ce que nous appelions candidement les « autoroutes de l'information »

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Lettre à Jacques de Guillebon sur le bien commun en temps de crise sanitaire

Cher Jacques de Guillebon,

Dans votre dernier éditorial sur la chaîne télévisée RT France, à propos de la gestion de la crise sanitaire, vous utilisez la noble notion de « bien commun » pour justifier la vaccination de masse. C’est un « moindre mal », dites-vous encore. Ne pas nuire, en effet, est une attitude nécessaire à la vie en commun, à l’équilibre d’une société. Votre propos justifie l’action du gouvernement avec l’apparence de la rationalité, du raisonnable : il s’agit de ne pas « faire du mal à des plus faibles, à des plus âgés ». Et puis, dites-vous encore, « on va se retrouver avec une obligation vaccinale un jour si les gens ne vont pas se faire vacciner. » Les personnes non-vaccinées forceraient donc le gouvernement (le pauvre) à rendre le vaccin obligatoire, en persistant dans leur obstination, laquelle, pour le coup, ne serait ni rationnelle, ni raisonnable, et ne respecterait pas le bien commun.

Votre utilisation de la notion de bien commun (terme parfois également utilisé par les autorités communicantes) rejoint celle de « l’intérêt général » qui sert régulièrement d’argument massue aux politiciens.…

La compromission est entrée à l’Académie

On s’est récemment félicité de l’élection de l’écrivain d’origine péruvienne Mario Vargas Llosa, lauréat du prix Nobel en 2010, au dix-huitième siège de l’Académie française. Au vu de son élection dite de maréchal par un vote quasi-unanime, il semble bien que soit passé inaperçu, parmi les sages, le fait que le candidat n’ait jamais écrit en français.

Les sièges se comblent difficilement compte tenu du faible taux de grands écrivains, dit-on. Quelle merveilleuse occasion pour adopter une politique de « diversification », comme on les connaît en Union européenne ! Ces derniers jours, on parlait donc dans les médias de littérature mondiale, de cosmopolitisme, d’un esprit d’ouverture ou encore d’une ouverture internationale, pour renchérir. Pour une institution qui avait longtemps dédaigné Corneille et carrément barré la route à Molière pour cause de chichis ridicules, on aurait pensé les quarante immortels plus exigeants, conformément à la tradition et à l’histoire de la maison.

Il n’a jamais rendu l’hommage suprême à notre langue, qu’il se vante d’adorer, en y trempant sa plume comme l’ont fait d’autres académiciens nés à l’étranger

Il est vrai : l’œuvre magistrale de Vargas Llosa est nourrie d’une tradition française et est éprise de nos idées de liberté, d’humanisme et d’universalisme. L’écrivain a longtemps vécu à Paris, s’y est réfugié et y a appris la langue française. Ses opinions politiques marquées à droite n’étaient pas, non plus, pour déplaire au conservatisme de l’Académie et on peut également dire qu’il a contribué à la diffusion d’une certaine philosophie française. Toutefois – et c’est l’essentiel –, il n’a jamais contribué au génie des lettres françaises. Il n’a jamais rendu l’hommage suprême à notre langue, qu’il se vante d’adorer, en y trempant sa plume comme l’ont fait d’autres académiciens nés à l’étranger : citons les exemples actuels d’Andreï Makine, François Cheng, Maurizio Serra et Michael Edwards qui se sont donné cette peine et qui se sont chargés de cet honneur. [...]

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Affaire Sciences Po Grenoble : « Le laisser-faire va mener à davantage de violences »

Jeudi 25 novembre, seize des dix-sept élèves ayant accusé à tort deux professeurs de Sciences Po Grenoble d’islamophobie ont été relaxés par la section disciplinaire de l’université Clermont-Auvergne. Que vous inspire cette décision ?

Nous ne sommes tellement pas surpris par ce verdict, mais nous le condamnons. Quand bien même madame Vidal avait expliqué que les étudiants ayant mis en danger les professeurs seraient punis, cette décision était attendue puisque cela fait des années que l’université française fait face à ce genre de situations sans réaction aucune. Dans le cas d’espèce, la punition est très insuffisante : seize des étudiants sont relaxés, et le dernier n’a qu’une exclusion avec sursis, dont la motivation est extérieure à cette affaire. En réalité, aucune sanction n’a été prise pour les collages et la diffusion de l’identité des professeurs sur les réseaux sociaux. Sans aller jusqu’à parler de complaisance, elle montre le laxisme dans les universités.

On voit bien qu’être de droite à Sciences Po Grenoble et affirmer ses positions politiques est assez risqué

Les élèves avaient notamment affiché le nom des professeurs à l’entrée de Sciences Po en les qualifiant de « fascistes » pour avoir osé critiquer l’islam, à rebours de l’idéologie dominante à l’IEP. Quelle aurait dû être la réaction de l’administration ?

La seule action de l’administration à la suite de cette affaire s’est faite au travers de plusieurs communiqués, qui n’étaient malheureusement pas assez clairs. De fait, ils ne prenaient pas particulièrement la défense des professeurs. Je déplore aussi la manière dont cela a été fait : un simple mail envoyé aux étudiants n’est de loin pas suffisant à mon avis. Il aurait dû y avoir des sanctions au sein de l’IEP, au niveau de la section disciplinaire de l’université Clermont-Auvergne, et peut-être même au niveau pénal. Quelques mois après la décapitation de Samuel Paty, assassiné en pleine rue pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet, ce genre d’actes de la part des élèves, puis le laxisme universitaire, peut impliquer directement une mise en danger des professeurs. Ce laisser-faire va pousser les auteurs de ces faits à recommencer. [….]

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Balade en train fantôme dans le monde d’avant

Chenille, tagada, train fantôme, churros et barbes à papa : les indémodables des fêtes foraines, où se retrouvent petits et grands pour se délester de quelques dizaines d’euros, ont la vie dure. Allez-y, vous serez saisis par l’étonnante sensation de plonger dans le monde d’avant. Comme si le train fantôme, ses animations en carton fluo et la mine patibulaire du Manouche qui prend les tickets des enfants apeurés vous conduisaient en un ailleurs dans lequel la France a encore quelques airs sixties, quelques loubards en blousons de cuir prêts à se battre pour les beaux yeux d’une Marylou, et même quelques enfants d’une dizaine d’années s’amusant en bande sans être scotchés à leurs parents. […]

Dans ce petit univers clos, les enfants s’ébrouent en empruntant des attractions dangereuses pour leurs petits os de verre qui ont manqué de viande rouge et de produits laitiers

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Bêtise et hybris, les deux mamelles du complotisme

C’est un Allemand, Vogel, qui forgea au XVIIIe siècle, le concept clinique de « paranoïa » à partir d’un mot grec qui désignait pour les Anciens un « trouble de la raison, une folie ». C’est sans doute d’abord cette maladie de la raison que l’on vise aujourd’hui par nos -ismes barbares. Ce trouble qui frappe un jour un homme et lui fait accroire que les Jésuites chuchotent à l’oreille des puissants, que les chrétiens ont brûlé Rome, que les francs-maçons, non contents d’être des imbéciles, mangeraient en sus des enfants ; que les juifs seraient douze dans une cave à Moscou et y domineraient le monde ; ou bien que le centre de la terre abriterait des reptiles humanoïdes, surdéveloppés, protéiformes et reconnaissables dans leur infamie au fait qu’ils se lèchent les babines comme des geckos.

L’historien, qui connaît à la fois les conjurations et les folies, les coups d’État et la puissance auto-réalisatrice des passions tristes, n’a jamais eu le courage morbide de s’atteler à la liste de tous les délirants et de tous les corpus qui ont sévi à travers l’histoire. Peu importe, Dostoïevski l’a fait mieux qu’eux dans tous ses romans. Ce grand moraliste l’a dit : c’est toujours à la théologie morale, mère de toutes les sciences, qu’il faut en revenir si l’on veut comprendre quoi que ce soit. [...]

Le complotisme se fonde sur une philosophie morale faussée à la fois dans ses prémisses, dans sa cosmogonie et dans sa méthodologie et se réfugie bientôt dans un orgueil satanique qui lui donne raison contre tout le monde

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