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Oh Micron : le virus qui rend fou

Jean Castex met les humoristes professionnels au chômage. Est-ce pour cela qu’il est chargé d’apporter les mauvaises nouvelles ? Sa voix, son allure rigide, ses lunettes ; tout en lui dégage un comique naturel presque irrésistible. « Pour freiner Ômicrooneuh, la consommation dans les bars et cafés ne pourra plus se faire seulement debout, mais seulement de manière assise », nous a-t-il ainsi déclaré à l’issue du Conseil de Défense. Il fallait bien que les discussions ayant conduit à cette historique décision soient classées secret défense… Un « secret défense » du reste particulièrement gênant, tant la confiance avec les Français s’est érodée à mesure que cette crise progressait, du fait notamment d’un manque criant de pédagogie et de clarté dans l’expression publique des décideurs politiques, prompts à de nombreuses volte-face dont il serait difficile de donner la liste exhaustive.

Chaque époque a les guerres qu’elle semble mériter, la nôtre sera contre un virus ARN venu de Chine.…

Drogue 3.0

Autrefois, dans l’âge glaciaire pré TNT, quand le programme qui nous plaisait était terminé et que ça passait sur l’interview de Jean Lecanuet, on fermait la téloche et on allait faire autre chose. De nos jours, avec ces bordels d’algorithmes, un gosse peut rester des heures sur Youtube ou TikTok. Pendu aux « influenceurs ». La bouche ouverte. Le regard niais. La peur au bide qu’il n’y ait plus assez de batterie.

Aujourd’hui, le seul fait de leur demander de couper le portable pour bouffer peut tourner à la crise d’hystérie. Accros ! Toute leur vie se résume à leur Iphone et leur compte Instagram. À leur niveau de batterie et à l’état du « réseau » quand ils arrivent chez Mémé. Avec nos conneries, nous avons réussi à réduire la vie de nos gamins à une petite boîte de 15 centimètres sur 8. Comme un cercueil numérique en avance. Tout leur être est dedans, mais il n’y a plus de vie intelligente.

Ils développent déjà des pathologies en lien avec leur addiction. Après l’amiante ou le covid, ce sera ça, vous verrez la grande affaire de santé publique !

Sans parler du fait que ces réseaux sociaux s’intéressent particulièrement à la sexualité de nos jeunes. Eeeeeh oui. Car il faut toujours mentionner son « orientation ». Passage obligatoire ! La pression sociale de l’air du temps les poussant toujours plus vers l’une des 50 nuances d’enculerie. Et de gouinerie. Pas être « normal », hétéro. Car être normal est quasiment un handicap. Comme une curiosité de la France d’avant. Celle conservée dans le vin rouge. En vérité, si nos gosses passent désormais leur temps sur leur portable, c’est bien qu’ils ont vu cela quelque part. Ils ont vu cela dans leur propre famille. Avec des parents qui postent ce qu’ils ont bouffé sur Facebook. Qui racontent leur vie dans une impudeur incroyable. Tous les amis de votre Samantha chérie de 12 ans savent qui était dans votre pieu hier soir ! « Le nouvel amoureux de maman ». Avant le prochain ! Dont la respectabilité se mesure en « likes ». Au départ, ces réseaux sociaux étaient destinés à ne partager des choses qu’avec nos vrais potes, nos proches mais notre égo ainsi que les algorithmes Instagram nous ont amenés à partager notre intimité avec la terre entière. Monique Durand, caissière au Super U de Clisson, a 3 000 amis répartis sur cinq continents. Et qui prennent régulièrement nouvelle de ses problèmes de couple avec Gérard. Passionnant ! Comme un aboutissement de la télé-réalité. [...]

Partout, les saints : Sainte Madeleine de Nagasaki

Madeleine naît en 1611 dans une famille riche du Japon. Comme toute jeune fille oppressée de l’ère pré-Christine Angot, elle reçoit une éducation complète, apprend le latin, le japonais, l’espagnol et le portugais, et grandit en grâce et en beauté. Ses parents la chérissent à la manière chrétienne, plus intéressés par le trésor de l’amour divin que par l’opinion de la bonne société. Pensez donc, ces originaux aiment leur fille et prient pour son bonheur, plutôt que de la pimper pour pécho du samouraï quali !

Sous le shogunat de Tokugawa, les chrétiens se font nombreux : plus d’un demi-million de Japonais prient Jésus avant de bouffer, au lieu de lâcher un « itadakimasu » comme tout le monde. Bref, ça devient n’importe quoi. Le Shogun y voit la main occidentale, ce qui commence à le chauffer doucement. Pour se détendre, il médite sous un cerisier en écoutant du shamisen et ordonne des tueries de masse à effet thérapeutique. Il commande aux ingénieurs impériaux d’inventer de nouvelles techniques de torture et leur fournit des cobayes vivants. Les parents de Madeleine, réputés pour leur vertu et leur piété chrétienne, découvrent l’ampleur de cette sordide créativité en 1620. Madeleine a alors neuf ans. [...]

Normandie : l’islam des paumés

« Le fondamentalisme ne pousse pas dans nos prairies normandes », assurait Marine le Pen en 2012 – un peu démunie quand un journaliste lui demandait de fournir « la preuve » d’un lien de causalité entre terrorisme islamiste et immigration. La Normandie, pour le commun, ce sont les collines vertes et ondulées du bocage ; pas encore les dômes ocres et ronds des mosquées. Et malgré le réchauffement climatique, on ne produit pas encore de camembert avec le lait de chamelles. L’islam est là pourtant ; alors qu’on ne l’y attend pas forcément. Pour autant la fertilité bocagère laisse-t-elle fleurir la mauvaise graine fondamentaliste ? La Normandie compterait trente-cinq lieux de culte sur les cinq départements : de la mosquée proprette et rayonnante à la salle de prière en préfabriqué des sous-préfectures. L’agglomération rouennaise et l’Eure sont bien pourvues. À proximité de la région parisienne (un peu plus d’une heure de train pour Évreux et Rouen), la partie haute de la Normandie ressemble un peu à sa banlieue. L’assassinat terroriste du père Hamel a offert à la communauté musulmane l’occasion de se distancier publiquement du terrorisme – participant aussi rituellement à des cérémonies d’hommage œcuméniques avec les représentants des autres confessions.

« On manque de mosquées »

Alors que les grandes villes sont pourvues, les musulmans localement se plaignent dans la presse de manquer de lieux de culte adéquats – reprenant l’antienne de l’islam des caves pour mieux agiter le chiffon rouge de la radicalisation : « Une mosquée est un rempart contre la radicalisation. On y enseigne la vraie religion. S’il n’y a pas la mosquée, les jeunes vont sur Google », assurait à la presse locale Mohammed Karabila, président du conseil régional du culte musulman, en 2017. « Enseigner la vraie religion » : le ton peut sembler parfois directif. Il s’agit pourtant souvent de cela : à côté de chaque mosquée, on trouve adjointe une salle d’enseignement (parfois aussi un salon de thé). À destination de plusieurs tranches d’âge, une école musulmane – l’école Annour – accompagne ainsi celle d’Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue populaire de Caen. Le programme y est clair : « Lecture aisée de langue arabe, histoire et pratiques essentielles de l’islam, éduquer la bonne morale islamique, mémorisation de quelques sourates du saint coran » (sic). [...]

L’Amérique sous opiacés

Les années 1980 ont décimé la population afro-américaine, devenue dépendante au crack et soumise à l’arbitraire des gangs de rue. L’année 1992 fut l’apogée du phénomène épidémique, les États-Unis comptant alors entre dix et douze millions de consommateurs réguliers. Quelques années plus tard, un autre fléau atteignit les États-Unis pour ne jamais le quitter : la dépendance aux antidouleurs appartenant à la famille des opioïdes allait être alimentée par des dealers établis et puissants, les laboratoires pharmaceutiques, ou, pour le dire sur un registre plus polémique, Big Pharma.

Remettant en 2013 la Légion d’honneur à l’homme d’affaires américain Raymond Sackler, le diplomate François Delattre se faisait lyrique, en vantant « l’un des médecins les plus remarquables de la psychiatrie, un prospère homme d’affaires, grand ami de la France et individu exceptionnel ». Grands philanthropes, les Sackler sont des amis des arts et des lettres : la France a notamment bénéficié de leurs largesses en la matière, une aile des Antiquités orientales du musée du Louvre portant le nom de cette illustre famille à la tête des laboratoires Purdue Pharma.…

L’IncoDico – Le mot du mois : matrixé
Vieux nouveau mot de l’argot djeun, le terme « matrixé » a pour origine la série de film des frères – pardon des sœurs – Wachowsky, dont le quatrième volet sort en ce mois de décembre. Ceux qui ont vu ces classiques du cinéma cyberpunk comprendront aisément la référence. Est « matrixé » l’individu qui n’a plus aucun esprit critique ni recul, endoctriné par une force supérieure. Il n’est même pas arrivé au stade du choix entre la pilule rouge et la pilule bleue, restant coincé dans le monde onirique que la « matrice » génère pour lui, trop heureux de vivre paisiblement sans avoir à se poser de questions d’ordre supérieur. [...]
Savoir-faire des ostréiculteurs français : huîtres à la douzaine

Parmi tant d’huîtres toutes closes / Une s’était ouverte, et bâillant au soleil / Par un doux zéphir réjouie / Humait l’air, respirait, était épanouie ». Silencieuse, belle et heureuse, ainsi Jean de La Fontaine décrit l’huître en 1678. Dans le livre VIII, la fable du Rat et de l’huître est une confrontation entre la suffisance comique d’un rongeur et la noblesse du coquillage. La beauté de l’huître charme les grands poètes comme le vulgum pecus depuis la préhistoire. Recouverte de nacre blanche et mauve à l’intérieur, sa coquille est bivalve (composée de deux parties). Les Grecs prêtaient à la coquille une valeur aphrodisiaque. Moins coquins dans la journée, ils s’en servaient aussi comme bulletin de vote. Ainsi les Grecs gravaient à l’intérieur de la coquille le nom de l’homme politique qu’ils souhaitaient bannir de la cité. Cette pratique a donné le terme d’ostracisme en français (de ostrakon, la coquille).…

Bretagne : l’islam des abattoirs

L’image est saisissante : je me trouve à Collinée, petit bourg des Côtes-d’Armor, et la rue devant moi est peuplée d’Africaines en boubou ! Visite au seul bar-tabac du village. Durant deux heures, le comptoir est parfait pour observer le Grand Remplacement à l’échelle d’un bourg rural de neuf cents habitants : des Roumains viennent acheter des jeux de grattage. Un vieil Anglais demande un timbre fiscal. Une Africaine et son fils prennent des bonbons. Un autre vient jouer au tiercé. Il reste quelques Bretons. Le cliché me fait mal aux tripes mais ce sont les seuls avec une bolée devant le nez.

Bretagne des Carpates

« Dans les années 50, l’abattoir manquait de main d’œuvre et ne voulait pas d’une section CGT, son fondateur a donc fait venir des Maliens après une rencontre avec l’un d’entre eux à Rungis ». Mon interlocuteur habite depuis toujours à Collinée. Car Collinée c’est avant tout l’abattoir Kermené (groupe Leclerc) et ses deux mille cinq cents salariés. « Au début, ça nous a surpris et il y a eu quelques problèmes avec les familles polygames mais maintenant ça se passe plutôt bien ». Aujourd’hui 10 % de la population de Collinée est malienne. Mais cette immigration commence à dater et même les Maliens ont fini par être remplacé à la chaîne ! « Depuis une dizaine d’années on a des Roumains, des Portugais, des Turcs. L’un des rares magasins du bourg est d’ailleurs une épicerie roumaine », me précise ce Collinéen de souche. « Avec les Roumains, ça se passe globalement bien, sauf avec la poignée de Roms qui habitent un peu plus loin (geste vers la droite) : là, la gendarmerie est souvent appelée… ». Mais avec toutes ces populations, y a-t-il une mosquée à Collinée ? « Non, les Roumains sont orthodoxes et les Maliens vont prier à la mosquée de Saint-Brieuc ». [...]

L’Incorrect

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