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Dies irae queer code

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Publié le

2 décembre 2021

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« La distinction des sexes disparaîtra après la Résurrection; elle n’existait déjà plus dans le Christ ressuscité » – Auguste Jundt, Histoire du panthéisme populaire au Moyen-Age et au XVIe /« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse. C’est d’avoir une âme habituée » – Charles Péguy / « Nous savons qu’il n’y aura plus personne pour nous juger, que les juges seront à jamais absents, parce qu’on les aura mangés » – Raoul Vaneigem, Traité du savoir-vivre
confession

Dans un monde où l’on ne veut pas d’un animal mort à l’intérieur mais bien une saucisse dans le cul, Sky is the limit. Afro-vegan-situmenculesjetenculeàmontour, éternel remix de la dialectique du maître et de l’esclave aboutissant à la destruction du patriarcat à coup de gode-ceinture. Ils rêvaient que le trou du cul ne soit plus le centre du problème. Sauf que c’est toujours le cas.

Nique sa mère les hiérarchies et les échelles. De plaire on est passé à revendiquer. Un petit despotisme éclairé doit remplacer notre manque de confiance. On a envie d’arrêter la machine.

Quand pourrons-nous enfin nous libérer de l’imitation généralisée et du procès-verbal ? La répétition permettrait-elle de sortir de la répétition ? Les symptômes sont devenus les messages d’un monde qui a de plus en plus besoin d’une exégèse. On va avec les cycles de la mode, on se refait perpétuellement dans le grand merdier. On se régénère encore un peu en changeant de forme

La personnalité disparaît dans la fumée de l’homogène. Tout est contagieux, les regards, les gestes

Après le concert raté d’une idole, Nick Cave, on sait que la foule est égarée, simpliste et exaltée. Elle ne cherche ni conflit ni contradiction. Vous pouvez ajouter tous les contrats de consentement, elle ne saura jamais dire non. Le degré d’intolérance à toute forme de violence – et donc de réel – est sans précédent. Alors on vit gentiment sa vie d’idiot qui n’éprouve presque plus rien.

Le gospel est vide. La foule est dominée par un Hand of God qui ne pue que la puissance d’autrefois. On est toujours un peu cabotin face à la soumission. L’immanence est bipolaire.

La personnalité disparaît dans la fumée de l’homogène. Tout est contagieux, les regards, les gestes. La foule a cette fascination facile. Une blague = je ris. Un bruit = j’ai peur. L’Église fait des brocantes, l’Armée fait du couscous, Nick Cave est au musée Grévin. Il faut fermer les yeux sur tout et dire que le charme opère encore. Le charme ça fait vraiment tout disait Christophe dans les sixties.

La conscience nue exposée au monde serait trop angoissante. La chaleur du troupeau est le nouveau soleil. Elle se communique de veste en veste. L’identité est reposée l’espace d’un instant. L’intériorité et l’esprit critique ? On verra plus tard. Nous sommes tous quelqu’un d’autre derrière ce foutu masque. C’est le corps nu qu’on voulait. La nudité véritable se trouve encore dans la confession. Le même langage produira les mêmes sentiments.

Lire aussi : Le souverainement moche

Vous faisiez peut-être partie de ceux qui rêvaient de concilier les contraires ? Ceux qui cherchaient la solution du pire de l’homme.

La répression est encore quotidienne et profonde. Éternels constipés dans le théâtre du monde.

On a tiré un trait sur la vision commune et sur le supplément d’âme. L’existence a le charme du peu d’envergure. La vie éternelle est démocratisée. La dispersion plus forte que la communion. L’interconnexion nous fera vivre des tensions permanentes. On sera augmenté mais pas amélioré. On avait déjà du mal à accéder à l’humain. On se frôlera ou on se heurtera. La lumière s’éteint progressivement. L’égo est de plus en plus sûr de sa conscience. La norme est là pour tout réguler. Ne pas se sentir totalement dépossédé est un défi. Demain il faudra vivre encore, avec libération et distance, dans une immortalité mélancolique. Dans une Jubilee Street impeccable.

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