Skip to content
Mitterrand le petit

Dans Révolution (XO), l’ouvrage qu’Emmanuel Macron a publié à l’automne 2016, le nom de François Mitterrand n’est cité qu’une fois. Comme celui de Giscard. Celui qui prétend à la fonction suprême préfère se référer à de Gaulle, qui « avait, plus qu’aucun autre, le sentiment de la grandeur de la France ». À l’approche du scrutin de 2017, il conte toutefois au Parisien : « Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine ». Et une fois élu, c’est à la pyramide du Louvre, voulue par Mitterrand, qu’il apparaît. Officiellement le lieu, entre Bastille et Concorde, a été choisi pour marquer le « ni droite, ni gauche ». La mise en scène, cependant, a des airs de déjà vu, avec ses longues minutes de marche solitaire et empesée dont même le cadrage paraît copié sur la déambulation de Mitterrand au Panthéon, avec, aussi, cet Hymne à la joie que le premier président socialiste de Ve République aimait tant.

LA FRANCE UNIE EN MARCHE

Même si on a pu le comparer à Giscard, ce qui n’est guère plus valorisant, Emmanuel Macron fait surtout du Mitterrand. Et pas à la manière de Monsieur Jourdain : en le sachant très bien. En lançant à Marine Le Pen le 4 avril 2017 lors du Grand Débat d’avant le premier tour « le nationalisme, c’est la guerre », c’est mot pour mot du Mitterrand cru 1995, devant le Parlement.

« Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine »

Comme c’est du Mitterrand, cru 1988 cette fois, qu’il répète tel un mantra au printemps dernier, en mars, puis en avril, en appelant à « la France unie » face au virus avant d’en faire lui-même un « hashtag » sur Twitter. Il s’en était resservi à l’automne aux Mureaux pour y armer que « la laïcité, c’est le ciment de la France unie ». Une préfiguration de sa campagne pour sa réélection ? Peut-être.

Car « La France unie », c’était le slogan principal de la campagne Mitterrand de 1988. Affiches et tracts partout. Avec une variante, qui avait fini par s’imposer et qui a dû s’imprimer dans l’esprit du petit garçon qu’il était à l’époque : « La France unie est en marche » ! Traduction : faites confiance au chef de l’État sortant pour maintenir l’unité de la nation face au péril qui monte.

L’ART DE LA DUPLICITÉ

Sans pousser l’analogie jusqu’à écrire que le « en même temps » d’Emmanuel Macron n’a rien à envier à la constante duplicité de Mitterrand, qui avait fait avaliser par sa majorité tout et son contraire, on ne peut s’empêcher de penser que le Macron post-Gilets jaunes, comme celui du « quoi qu’il en coûte », a su opérer, en sens inverse mais avec un même aplomb, un revirement comparable au « tournant de la rigueur » de 1983[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Trafic de drogue : un commissaire de police judiciaire raconte tout

Comment l’institution policière a-t-elle réagi aux événements d’Avignon ?

Par la colère. Une colère de plus en plus affirmée face à des délinquants et des voyous qui ont de moins en moins peur de s’en prendre aux forces de l’ordre. À Avignon, on est dans le cas de violence ultime qu’on avait déjà connu à Argenteuil quand deux policiers s’étaient fait tirer dessus par des individus les ayant identifiés en tant que policiers. Sans peur aucune, ils tirent directement sur la police ; c’est de plus en plus inquiétant. Il faut bien comprendre à quel point c’est démotivant pour les policiers d’avoir affaire toute la journée à des racailles de cité ou à des trafiquants de bas étage, et de devoir agir toujours plus tout en sachant que ça n’est pas suivi d’effets.

Structurellement, quelle place occupe le trafic de drogue dans ces quartiers ?

Le trafic de drogue enrichit des familles et fait vivre une partie des cités. Il permet aussi une certaine pacification de ces quartiers, qui sont par ailleurs hyper-explosifs, parce que les trafiquants ont besoin de calme. Il faut voir que les trafics évoluent. Les trafics de hall et de rue ont tendance à stagner. La consommation et la vente de produits stupéfiants explosent parce que les trafiquants utilisent désormais d’autres méthodes, avec de la vente sur les réseaux sociaux ou la vente par colis. Les dealers deviennent de plus en plus violents pour pouvoir tenir leur territoire face à la concurrence.

Lire aussi : Grégor Puppinck : « La notion d’islamophobie interdit toute critique »

On le voit en région parisienne, à Marseille et un peu partout : les règlements de compte entre dealers deviennent des guerres de territoire. Ils doivent tenir leur territoire, ce qui est rendu plus difficile parce que les clients se déplacent de moins en moins dans les cités et se font amener leur consommation chez eux. Cela rend les trafiquants de plus en plus vénaux : gagner de l’argent passe par le gain du territoire et donc l’élimination de la concurrence. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Sélectron : Les femmes de droite préférées des Français

Plus de cinquante critères ont été pris en compte, des plus évidents au plus surprenants, chacun noté de 1 à 10 ; et seuls les mansplainers de la gente masculine patriarcale, cisgenre et spéciste ont pu participer au vote.

10 - Estelle RedPill

« La TikTokeuse préférée de la fachosphère » d’après StreetPress

© TikTok

9 - Floriane Jeannin

« Notre étoile montante » d’après un journaliste de TV Libertés

© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

8 - Thaïs d’Escufon

« Cheval de Troie rempli d’idées racistes » d’après MadmoiZelle

© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

[...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Grégor Puppinck : « La notion d’islamophobie interdit toute critique »

Qui est Ahmed Shaheed, dont vous pointez l’action ?

Ahmed Shaheed est un rapporteur spécial des Nations unies. Un rapporteur est une personne qui est choisie par le Conseil des Droits de l’Homme (47 États). Il s’agit d’un travail d’avocat, de promoteur, de défenseur des droits de l’homme. C’est une personne qui est censée être totalement indépendante, qui normalement n’est pas payée et donne beaucoup de son temps pour promouvoir tel ou tel droit. Au départ, Ahmed Shaheed est un homme politique, qui a ensuite été rapporteur spécial sur l’Iran. Il était donc chargé de promouvoir les droits de l’homme dans ce pays. Ensuite, lui qui avait un mandat spécifique sur l’Iran est étonnement devenu rapporteur spécial sur la liberté de religion. Il est donc censé être le défenseur de la liberté religieuse auprès des Nations unies, c’est-à-dire qu’il devait visiter les pays, faire des recommandations et prendre position en soutien de tel ou tel. Jusqu’alors, le rôle des rapporteurs était vraiment de défendre la liberté religieuse, avec une conception plutôt positive et égalitaire des religions, sans faire de distinction et en garantissant les mêmes droits à tout le monde.

En quoi son action est-elle devenue militante ?

Il a fait basculer le mandat dans une autre direction. La première surprise fut son choix assez radical de publier un rapport présenté au Conseil des Droits de l’Homme des Nation unies dans lequel il a fortement attaqué le christianisme et les réserves qu’ont les personnes chrétiennes à l’égard de la modernité. Jusqu’alors, le rapporteur précédent avait prôné des opinions courageuses et justes sur le droit et l’objection de conscience face à l’avortement. Monsieur Shaheed a lui opéré un basculement idéologique d’une approche favorable aux religions à une approche plutôt défavorable, s’agissant notamment des chrétiens et de leur rapport aux questions de mœurs.

Ce rapport sur l’islamophobie témoigne d’une volonté d’avoir une approche dialectique et non plus de transversale. Il oppose les communautés entre elles et prend l’attitude de la division dialectique, opposant la minorité persécutée à la majorité

Puis, il y a eu un deuxième rapport publié sur l’islamophobie, tout aussi problématique en raison du contenu, et même plus généralement en raison du choix de réintroduire cette notion au sein des Nations unies. Il y a eu de nombreuses années de débat autour de cette notion, qui a été progressivement minimisée. Ce rapport sur l’islamophobie témoigne d’une volonté d’avoir une approche dialectique et non plus de transversale. Il oppose les communautés entre elles et prend l’attitude de la division dialectique, opposant la minorité persécutée à la majorité. Plutôt que de chercher des solutions transversales applicables à tous sans distinguer les religions, il les oppose, ce qui est une approche intellectuelle vraiment moderne.

Aussi, il fait le jeu de l’Organisation de la Conférence Islamique qui à la fin du siècle dernier et encore en 2005 avait choisi de promouvoir la notion d’islamophobie en droit international aux Nations unies. Cela a été repoussé par un effort conjugué des pays occidentaux, mais on voit que monsieur Shaheed essaye de le réintroduire. Il n’a quasiment aucune considération pour le problème de l’islamisme radical et de la violence, qui ne sont pas même évoqués. Dans son précédent rapport, il fait le procès des chrétiens conservateurs, mais là ne dit pas un mot du problème des violences relatives à l’islam. Il serait intéressant d’étudier le contexte dans lequel monsieur Shaheed intervient car ce n’est pas un électron libre, mais quelqu’un qui est entouré d’une équipe et qui est soutenu.

Quelle est la définition donnée par Ahmed Shaheed de l’islamophobie dans son rapport au Conseil des Droits de l’Homme, et en quoi est-elle contestable ?

C’est la notion de phobie qui est contestable et qui est un problème général. Sa définition interdit toute critique. Or, l’un des fondements de la liberté religieuse liée à la philosophie des Lumières est que l’on peut changer de religion, la choisir et exercer un jugement critique sur elle. Avoir une attitude critique à l’égard de n’importe quelle religion, et de l’islam en particulier, doit être garanti via la liberté religieuse. Couvrir tout cela de phobie discrédite d’avance et interdit le jugement. Cela relève d’une approche marxiste car ces derniers traitaient leurs opposants de fous. C’est une psychiatrisation de la politique. Cette notion n’est acceptable ni sur le plan épistémologique ni sur le plan juridique.

e musulmans. Si on doit intégrer dans toute réflexion politique la dimension de l'islamophobie, ça veut dire qu’aucune décision politique ne doit aller à l’encontre des pratiques musulmanes

Ahmed Shaheed souhaite instaurer un « processus inclusif » et un « instrument non juridique ». Quel en serait l’impact de ses propositions dans les politiques publiques ?

Cela aurait les mêmes impacts que pour le genre. On entend toujours à l’ONU, et cela s’est ensuite répandu ailleurs, qu’il fallait avoir une approche « gender mainstreaming », ce qui veut dire que toute politique doit contenir une dimension de genre. Là, ce serait pareil : vous pensez la politique en y incluant une préoccupation ou une intention sur le phénomène de l’islamophobie, au même titre qu’on doit tenir compte de l’égalité homme-femme, des personnes handicapées et des questions de genre. En faisant ça, d’une part on neutralise les critiques et d’autre part on impose les mœurs et accepte les usages des familles de musulmans. Si on doit intégrer dans toute réflexion politique la dimension de l'islamophobie, ça veut dire qu’aucune décision politique ne doit aller à l’encontre des pratiques musulmanes. Ça devient un élément essentiel de notre mode d’action politique et cela ne finit forcément par islamiser la société[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
La France des mosquées : un bienfait du choc des civilisations

Les mosquées, écrivait Samuel Huntington dans son célèbre Choc des civilisations, étaient au nombre de 160 en Asie centrale en 1989 ; en 1993, elles étaient 10 000. Un phénomène de résurgence islamique indéniable, puissant et continu, qui « impliquait des mouvements politiques fondamentalistes et était encouragé par l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Pakistan. Mais [aussi] un mouvement de base profondément enraciné dans la culture ». En d’autres termes, un soft power islamiste diffusé par différents pays musulmans, répondant à l’attente des populations de culture islamique, qui s’est étendu bien au-delà du périmètre de l’Asie centrale, jusqu’à englober la totalité de l’Occident.

En France, à la fin des années 70, on comptait 200 mosquées environ. Les chiffres en évoquent plus d’un millier dix ans plus tard, et plus de 2 500 aujourd’hui. La dynamique est moins nette qu’en Asie centrale, mais elle s’inscrit dans la même logique. Les mouvements politiques fondamentalistes peuvent désormais compter sur des municipalités françaises, comme celle de Strasbourg, pour les soutenir financièrement – à hauteur de 2,5 millions d’euros ! – et favoriser l’essor islamique sur le territoire métropolitain. Fort heureusement pour les contribuables, l’association islamique Millî Görüs a finalement retiré sa demande de subvention. La mosquée sera bel et bien construite, mais sans recours aux fonds publics. Les républicains, socialistes et libéraux, y verront probablement une victoire du principe laïque. Pour les partisans d’une droite civilisationnelle, en revanche…

Il ne s’agit plus seulement de franchir le cap des 10 000 mosquées, qui, au rythme actuel, sera probablement atteint aux alentours de 2 100 ; il faut que la visibilité publique de l’Islam – entendre de la civilisation islamique, et non de la spiritualité musulmane – soit évidente, qu’elle domine

Car la nouvelle mosquée de Strasbourg n’a pas les dimensions d’une chapelle de bourg ; c’est une véritable hyper-surface : 5 500 m2 ; soit 700 m2 de plus que Notre-Dame de Paris. Salon de thé, épicerie, restaurant, salon de coiffure, salles de classe, etc., le tout surmonté de deux minarets de 35 mètres. On ne se contente pas d’une modeste salle de prière (laquelle avoisinera tout de même les 900 m2), on impose à Strasbourg (qui comptait déjà trois mosquées) un complexe culturel islamique gigantesque, concourant pour la première place en Europe. Quand l’islam s’installe, il faut que ça se voie ! Il ne s’agit plus seulement de franchir le cap des 10 000 mosquées, qui, au rythme actuel, sera probablement atteint aux alentours de 2 100 ; il faut que la visibilité publique de l’Islam – entendre de la civilisation islamique, et non de la spiritualité musulmane – soit évidente, qu’elle domine.

Cette façon d’investir l’espace public pour s’imposer n’est pas nouvelle. Le cas du centre An-Nour de Mulhouse en témoigne. Et ce n’est qu’un début. Mais qui s’en soucie ? Le peuple français ? Bien sûr que non. Serait-ce les 36 % de Français qui font encore confiance à Emmanuel Macron, ou les 25 % qui sont d’ores et déjà prêts à voter pour lui dès le premier tour en 2022, alors qu’il a fait entrer en France plus de 450 000 étrangers (toutes catégories confondues) en 2019, ignorant volontairement l’influence des diasporas sur les problématiques civilisationnelles ? Qui alors, se soucie de ce phénomène ? Bien évidemment pas les électeurs islamo-gauchistes de LFI, EELV, PS et consorts. Le peuple de droite ? Mais, quand on lui parle d’Islam civilisationnel, il n’entend pas. Il n’a qu’un mot à la bouche : islam politique. Houellebecq. Soumission. Le spectre d’un président islamiste en 2022. Autant dire, n’importe quoi ![...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Élections régionales, enjeux nationaux

Vous ne le savez peut-être pas, mais, fin juin, vous allez être appelés aux urnes pour élire des gens dont vous n’avez jamais entendu parler, que vous n’avez jamais vus et que vous ne verrez sans doute jamais, que vous rémunérerez de vos propres deniers pour siéger durant six ans dans un bel hémicycle où seront prises tout un tas de décisions dont vous ignorerez tout malgré les sommes qu’ils dépenseront, toujours issues de vos propres deniers, pour vous faire savoir à quel point ils vous sont entièrement dévoués et suent sang et eau, jusqu’à pas d’heure, pour améliorer votre vie quotidienne, j’ai nommé les conseillers régionaux.

Faites le test en allant voir les noms des élus sortants sur le site de votre Conseil régional, à supposer que vous le connaissiez, et vous serez édités. « Mais qui c’est çui-là ? » Peut-être bien quelqu’un pour qui vous avez voté la dernière fois, en 2015, en tout cas quelqu’un que les électeurs de votre région ont choisi, et qui va bientôt se souvenir, à l’approche du scrutin, qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et que le moment est venu qu’il vous en manifeste de la reconnaissance s’il veut être réélu.

Pas de campagne dans les campagnes

Il ne va guère être possible de parler de quoi que ce soit, « crise sanitaire » oblige. Une élection sans campagne électorale, c’est une première en France. De quoi combler d’aise les majorités actuelles sollicitant leur reconduction, qui bénéficient déjà de la fameuse « prime aux sortants », quoi qu’ils aient accompli ou pas, tant ils ne manqueront pas de faire valoir que si les trains régionaux peuvent encore desservir les patelins les plus reculés, malgré la volonté de l’État d’en finir avec ce maillage, c’est grâce à eux, ou que si les lycéens peuvent suivre une scolarité dans des locaux et avec des moyens leur offrant toutes garanties de réussite dans leurs études, c’est encore grâce à eux. Tandis qu’en face, les opposants auront bien du mal à présenter leur bilan d’opposants (qu’ils n’ont pas) et leurs projets alternatifs (s’ils en ont).

Lire aussi : Triomphe de la droite espagnole à Madrid

Or la quasi-totalité des douze Conseils régionaux continentaux est contrôlée par les deux partis – ou des dissidents de ceux-ci, mais non macronisés – que l’on dit morts au plan national, le Parti socialiste et Les Républicains. D’une part parce que La République en marche n’existait pas lors du dernier scrutin, Emmanuel Macron étant alors ministre de l’Économie de François Hollande, ce qu’il n’est jamais inutile de rappeler ; d’autre part parce que le Front national, pas encore devenu Rassemblement national, n’était pas parvenu à conquérir une seule région, du fait du « front républicain » qui avait conduit la gauche à se retirer dans les Hauts-de-France et en Paca.

Le RN a le regard fixé sur 2022

Six ans plus tard, quels sont les enjeux de ces élections ? Ils sont nationaux. Pour le RN, il s’agit de prouver que le « front républicain » est définitivement mort. Que la « dédiabolisation » est achevée. Qu’il n’est plus de « plafond de verre ». Que Marine Le Pen peut donc, en 2022, accéder à l’Élysée. Principal théâtre d’opérations, auquel nous consacrerons un reportage le mois prochain : la Paca. En 2015, Marion Maréchal, bien que victorieuse, avec plus de 40 % des suffrages, du premier tour, avait été battue du fait du retrait de la liste du PS conduite par Christophe Castaner. Thierry Mariani, qui conduit la liste RN, parviendra-t-il à torpiller le président sortant Renaud Muselier ?

Pour le RN, il s’agit de prouver que le « front républicain » est définitivement mort. Que la « dédiabolisation » est achevée. Qu’il n’est plus de « plafond de verre »

Dans les Hauts-de-France, Marine Le Pen, dans une situation comparable, avait échoué face à Xavier Bertrand. Cette fois, l’enjeu est plus important encore. Sébastien Chenu, qui mène la liste du Rassemblement national, n’affronte pas seulement un président sortant, face auquel il doit faire plus que ne l’avait fait la présidente du Front national il y a cinq ans, mais un homme qui joue son avenir politique – que dis-je, son destin national ! Candidat déclaré à la présidence de la République, Xavier Bertrand doit prouver qu’il est le mieux placé pour battre, et le faire sévèrement, le Rassemblement national. Sinon c’est la retraite. Anticipée ou de Russie, comme on voudra.

Il est une troisième région à surveiller, pour mesurer la poussée vraisemblable du RN, c’est l’Occitanie. Comme en Paca, c’est un ancien député UMP, tendance Droite populaire, qui conduit la liste, Jean-Paul Garraud, face à la présidente sortante, la socialiste Carole Delga. Les chances d’arracher la région sont quasi nulles, mais le rallié se doit de dépasser le score de la liste conduite par Louis Aliot en 2015, surtout maintenant que celui-ci est maire de Perpignan, soit faire plus de 32 % au premier tour. Et bien sûr, aux départementales cette fois, le RN doit enfin emporter un département, qui pourrait être le Vaucluse, à moins que la surprise ne vienne du nord de la France.

Le premier qui perd pied est mort

L’autre enjeu principal est interne à ce qu’on appelait en des temps anciens « la droite de gouvernement ». À savoir le centre droit, estampillé LR ou dissident, mais non entièrement rallié à Emmanuel Macron[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Génération Mitterrand
La « génération lyrique » a eu son événement fondateur, mai 68. Elle a obtenu ensuite son sacre moral et politique, la victoire de François Mitterrand, qui fut, remarque Philippe Muray, « le fourgon blindé dans lequel cette génération a pris elle-même le pouvoir avec ses armes terrorisantes et ses bagages de nuées ». Son règne advenu à travers celui de François Mitterrand, elle a posé un doigt sur l’horloge, arrêtant la course de l’aiguille, décrétant l’avènement de l’ère nouvelle du temps figé, pris dans les glaces de la guerre agonisante, dilué dans la joie mortifère de la « fin de l’histoire » [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Planning familial : retour au bout de l’enfer

En septembre dernier, prétextant à nouveau de la pandémie, le Planning familial lançait une campagne « d’éducation sexuelle et affective » à destination des jeunes, y compris des enfants. Sur la page Facebook du mouvement, on peut lire les récits de ces séances « d’éducation à la sexualité » animées par des militants du Planning, dans des classes de primaire et de collège : « En animation scolaire, une des choses que j’adore, c’est échanger autour des dessins des sexes : en général, c’est la grande surprise et des filles et des garçons, et je trouve ça dingue ! Pour moi, c’est un outil incroyable pour parler de sexualité. On parle de sexualité, de désir, avant même de parler d’IST, de protection, c’est ça que j’aime dans l’approche du Planning ».

Certaines séances se font par des mises en situation. « Les jeunes sont invité.e.s à s’imaginer: Ils.elles sont avec la personne de leurs rêves. Ils.elles se caressent, s’embrassent, se déshabillent. L’ambiance est complice, intime. Le désir monte, quand tout à coup l’un.e des deux partenaires dit “je ne veux pas aller plus loin” ». Et l’animatrice de préciser : « On fait aussi des séances avec des plus jeunes, parce qu’il n’est jamais trop tôt pour échanger sur les émotions, les notions de plaisir et de consentement, encourager les enfants dès le plus jeune âge à être à l’écoute d’elles et d’eux-mêmes. […] Je me souviens d’élèves de CM2 qui ont dit à la fin d’une séance : “on a pu dire ce qu’on ressent sans être jugé”, “ça nous apprend à mieux vivre ensemble” ». À quand des séances de travaux pratiques pour initier les élèves de CP à l’onanisme ?

Nous avons contacté deux psychologues pour enfant, qui dénoncent ces séances. Pour Marie, cette manière totalement impudique d’introduire des concepts liés à la sexualité adulte auprès d’enfants peut même s’apparenter à un viol mental : « Un enfant, même s’il a une sexualité, n’est pas en mesure de la comprendre, car son néocortex (qui lui sert à accueillir et analyser les émotions) n’est pas encore suffisamment développé. C’est pour cette raison que ce domaine lui est en principe interdit, d’où la phrase que tous les enfants entendent : “Ce n’est pas de ton âge”. Ce genre de propos, d’images, assénés aux enfants, peut gravement nuire à la période dite de “latence”, où l’enfant laisse de côté la sexualité pour se concentrer sur les apprentissages. Encourager un enfant à découvrir la sexualité, c’est provoquer des surstimulations qui, ne pouvant pas être intégrées, peuvent engendrer un traumatisme ».

« C’est à l’enfant de poser des questions, et certainement pas à l’adulte d’aller au-devant de celles-ci. Le risque étant de heurter sa sensibilité et d’en faire un adulte soit inhibé soit complètement désinhibé »

Pour Célia, la seconde psychologue, il faut respecter le rythme de découverte de l’enfant : « C’est à l’enfant de poser des questions, et certainement pas à l’adulte d’aller au-devant de celles-ci. Le risque étant de heurter sa sensibilité et d’en faire un adulte soit inhibé soit complètement désinhibé. Ce que Freud appelle la pulsion épistémophilique de l’enfant, vient justement du fait qu’il ne sait pas. Moins il en sait, plus il va penser, plus il va chercher, il va devenir un petit chercheur. Et donc, plus on donne des explications, plus on enlève le mystère de la vie amoureuse et sexuelle et plus on abrase ce qui fait levain dans la vie psychique de l’enfant ».

Toujours sur la page Facebook du Planning, un militant explique comment il fait mimer des postures censées représenter le consentement, notamment à des enfants de 9 ou 10 ans, avec un jeu de rôle « sculpteur / sculpté » : « J’ai proposé pendant des animations l’outil “Statues du consentement”. Pour commencer, on crée des binômes, l’un.e va prendre le rôle de sculpteur.rice, l’autre de sculpture. Si des personnes ne sont pas à l’aise avec l’animation, elles peuvent participer en regardant. […] Les scultpeur.rices échangent avec les sculpté.es pour savoir s’ils sont d’accord pour être “manipulé.es” avec un contact physique ou s’ils préfèrent des indications orales pour former la sculpture ». Célia (psychologue) se dit stupéfaite de cette pratique : « Qu’est-ce que c’est que cette manière d’objectiser l’enfant ? L’enfant n’a-t-il pas la capacité de s’exprimer oralement ? Cette “animation”, c’est presque de la séduction »[...].

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest