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Great reset : le Capital à l’heure du Covid

Bien avant d’être une formule utilisée à tort et à travers par la complosphère, le Great reset est un concept utilisé par les économistes dès la récession de 2008 et qui a fait l’objet en 2020 d’un livre programmatique écrit à deux mains par les fondateurs du cercle très fermé de Davos. Avec la crise sanitaire, les tenants du capitalisme financier semblent en effet bien décidés à abattre leurs dernières cartes et imposer un paradigme nouveau. Aujourd’hui le virus agit comme un accélérateur de particules et entérine la liquidation de l’économie réelle au profit des tout-puissants GAFAM. Monnaie électronique, revenu universel, destruction programmée des classes moyennes et des PME : va-t-on assister à une mise à mort de la valeur travail au profit d’une circulation décomplexée des biens et des flux monétaires ?

Capitalisme de crise

C’est le mantra qu’ânonnent les États depuis maintenant un an afin de justifier leur politique délirante à l’égard du COVID : nous avons arrêté l’économie pour sauver l’humanité. En réalité, comme le dit judicieusement remarquer un anonyme épris de dialectique marxienne sur la Toile, c’est tout à fait l’inverse : ils ont arrêté l’homme pour sauver l’économie. La différence est plus subtile qu’il n’y paraît, puisque dans notre post-modernité où tout s’hystérise, il devient parfois compliqué de discerner ce qui relève de l’appareil de production, de la valeur d’échange, et ce qui relève de la valeur humaine, non quantifiable.

Lire aussi : L’Inconomiste : Plaidoyer pour L’État stratège

Le cynisme avec lequel la plupart des grands pays occidentaux se sont engouffrés dans une politique de mise en jachère de leurs actifs – une congélation du capitalisme, dira l’économiste Robert Boyer – ne fait que couronner un processus mis en place depuis le début des années 60 et qui correspond à une deuxième mutation du capitalisme industriel : un capitalisme de crise, qui se nourrit des états de choc, comme l’a dit Naomi Klein. [...]

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Mitterrand vit à la Kohl

Comme le rappelle Georges Saunier, il était indispensable, pour l’Élysée, de « trouver une solution au problème de l’absence d’Helmut Kohl lors des commémorations du débarquement de juin 1984 ». Un geste avait été envisagé entre les deux chefs d’État à l’occasion d’une promenade commune sur les plages du Débarquement le 7 juin 1984 mais l’idée avait été abandonnée. Le geste aura finalement lieu le 22 septembre 1984, devant l’ossuaire de Douaumont, pour commémorer les morts de la Première Guerre mondiale.

Spontanée ou mise en scène, mais investie d’une charge émotionnelle extrême, la poignée de main entre Mitterrand et Kohl devient fondatrice du mythe du « couple franco-allemand ». Le geste ne contribue pas seulement à relancer le projet européen, il en fait un véritable credo, donnant naissance à un catéchisme européen impossible à contester[...]

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Dans l’espace, personne ne vous entend prier

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L’angoissante poésie du cosmos n’en finit pas de se déployer alors que l’œil humain se pose sur ses abîmes et ordonne ses abscisses. Nos instruments de mesure, nos oculaires et nos cerveaux tout entiers tendus vers la bouche aveugle des gouffres spatiaux exécutent un travail minutieux : ils soufflent sur les bas-reliefs du monde pour en dévoiler la structure, pour en révéler les formes secrètes. Et invariablement se tournent vers nos mythes pour en nommer les manifestations les plus extravagantes : « piliers de la création », « grand mur d’Hercule », « complexe de superamas Poisson-Baleine », ces entités pré-diluviennes aux noms grotesques puisent dans notre inconscient leurs appellations, en tirent peut-être leurs indicibles conduites.

Voilà bien le sens du progrès, la dilection de la science pour un état gazeux de l’univers, son empressement à dresser l’environnement en le bombardant de noms et de quantifications

Plus le regard s’affranchit de Dieu plus l’espace tout autour est pris de gigantisme, moins il a de mesure et d’ordre : à chaque décennie lorsque gonfle notre puissance de calcul, crapaud arithmétique affamant le buffle métaphysique, c’est une nouvelle « superstructure » de l’univers qui est découverte. Jusqu’où iront ces observations stériles qui ont, comme le remarquait Jacques Lacarrière en son temps, aussi peu de « réalité » que certaines spéculations théogoniques ? Ces superstructures ne sont jamais que les rejetons d’un formalisme hypothétique, et en tant que tel ce sont nos divinités païennes contemporaines : elles dressent un panthéon sans voix, aux yeux couturés de matière noire, qui nous contemple froidement depuis sa gigantomachie. Voilà bien le sens du progrès, la dilection de la science pour un état gazeux de l’univers, son empressement à dresser l’environnement en le bombardant de noms et de quantifications. Elle ne fait en réalité qu’agrandir le néant. [...]

Napoléon Bonaparte, qui es-tu ?

Charles Maurras – pourtant peu suspect d’inclinaisons bonapartistes - en convint lui-même dans son petit traité Napoléon, avec la France ou contre la France ? : « Napoléon avait reçu la science et l'art militaire de la vieille France, et son âme de feu porta au sublime degré d'incandescence ce riche et puissant capital. Ses Victoires sont au 'Muséum', comme disait Bonald ; soit ! elles n'y sont pas restées infécondes. Elles ont eu d'abord cette fécondité de la gloire qu'il serait misérable de négliger. »

Pour les Français encore attachés à ces valeurs surannées que sont la gloire, l’honneur et le courage, Napoléon incarne toujours le précipité chimiquement pur d’une France qui sut faire trembler l’Europe dans ses plus ancestrales fondations ; enfant de la Révolution – il fut l’admirateur de Paoli, alors adulé au-delà de la seule Corse, mais aussi de Robespierre –, et de l’Ancien Régime duquel il provenait partiellement, en dépit de la modestie toute relative de ses origines, étant d’une noblesse reconnue contrairement à certains grands maréchaux d’Empire, à commencer par le furieux cavalier Murat, ou à Bernadotte qui avant de devenir roi de Suède se fit tatouer « Mort au tyran » sur les abdominaux.

Il est amusant de constater que les reproches faits à Bonaparte en 2021, principalement par la gauche progressiste, sont peu ou prou une reprise de ceux que lui faisaient en son temps les milieux et les auteurs les plus conservateurs

Napoléon Bonaparte n’était pas, comme l’a dit toute honte bue la ministre de l’Égalité et de la diversité Elisabeth Moreno, un des « plus grands misogynes de l’Histoire » - quoique certains révisionnistes aiment à faire penser que l’Empereur fut converti à l’islam, on ne rit pas ! -, ni même un affreux réactionnaire. Il incarna, à son époque, la modernité échevelée, la puissante marche en avant de l’Histoire, comme l’ont notamment déclaré des Allemands aussi éminents que Goethe, Hegel, ou plus tard Nietzsche. Son génie militaire, logistique et juridique, fit l’admiration de la grande majorité de ses contemporains, y compris ses plus fervents ennemis. Wellington ne fit-il pas édifier une statue de Napoléon Bonaparte dans sa splendide demeure d’Apsley House au cœur de Londres ? Quel plus bel hommage à l’adversaire ? Wellington, mieux que quiconque, savait qu’il devait sa réputation à Napoléon Bonaparte.

On doit pourtant la « légende noire » de l’aventure impériale aux Britanniques et aux Espagnols, relayée en France par les milieux monarchistes – bien que Louis XVIII sut habilement recycler quelques grands personnages de l’Empire. Quels sont les principaux griefs formulés à l’encontre de Napoléon ? Principalement d’avoir rendu la France plus petite qu’il ne l’avait prise. L’homme est vu comme celui qui a finalement tout perdu, son legs étant minoré. Il est aussi jugé anachroniquement comme un « tyran » et l’homme qui sacrifia des centaines de milliers de vies françaises pour sa gloire personnelle.

Lire aussi : Pour Napoléon !

Il est d’ailleurs amusant de constater que les reproches faits à Bonaparte en 2021, principalement par la gauche progressiste, sont peu ou prou une reprise de ceux que lui faisaient en son temps les milieux et les auteurs les plus conservateurs. Il n’y a pas que du faux dans l’estimation de son bilan, mais laissons-le aux historiens ! Pour nous, simples citoyens, l’Empereur est la quintessence et l’expérience du sublime français : notre Alexandre, notre grand Khan. Il rappelle à nous un temps tout à fait génial où le fils d’aubergiste pouvait devenir l’un des plus grands rois d’Europe et effrayer des milliers de cosaques par sa seule présence sur un champ de batailles. Un temps où le mérite personnel valait tout l’or du monde. Pour cette seule raison, il faut célébrer le bicentenaire de la mort de l’Empereur, pas en catimini mais avec fierté. [...]

Sélectron des réflexes de sécurité

18 – Jamais d’écouteurs dans la rue. Lorsque vous écoutez de la musique ou que vous parlez dans vos écouteurs, vous n’entendez pas ce qui se passe autour et derrière vous, vous êtes donc particulièrement vulnérable. Un agresseur peut y voir une occasion de surprendre sa victime. Avec ou sans musique c’est donc une très mauvaise idée.

17 – Éviter les petites rues lorsque cela est possible, en particulier le soir, la nuit et tôt le matin.

16 – Les agresseurs se postent là où vous ne pouvez pas les voir de loin : sous le porche d’un immeuble, une entrée de parking ou de laverie par exemple. Aux heures où les rues sont désertes, ne pas hésiter à longer la route plutôt que les bâtiments.

15 – Évitez à tout prix les parcs et jardins, le soir, la nuit et tôt le matin.

14 – Évitez les parkings.

Lire aussi : Les (vraies) oppressions contre les femmes à travers le monde

13 – Soyez également attentive dans les halls d’immeuble, ne pas vous faire suivre jusqu’à votre étage par un type que vous n’avez jamais vu. Laissez-le passer devant, faite semblant d’appeler quelqu’un ou d’envoyer un texto jusqu’à ce qu’il se barre. Également évitez si possible de prendre l’ascenseur avec un inconnu. 

12 – Dans le métro, mettez-vous dans le premier wagon derrière le chauffeur.

11 – Sur le quai du métro, ne vous approchez pas du bord (afin d’éviter le « suicide altruiste » et les « pousseurs »). Si le quai est désert, attendez le métro à côté de la borne d’appel (située en général au milieu du quai, gros machin en métal gris ressemblant à un compteur électrique avec un bouton jaune ou rouge) .

10 – Soyez vigilante, éloignez-vous si un type louche s’approche, ne restez pas figée. Comme c’est illégal, ne tenez pas votre spray au poivre dans votre main (caché dans votre sac ou dans votre poche) le doigt sur le pressoir, prêt à être utilisé. N’attendez pas que l’individu soit trop près. Si l’individu est plus proche que la distance de votre bras tendu, ça devient beaucoup plus compliqué. Ensuite quittez les lieux en courant.

9 – Si l’individu est trop proche, hurlez « Au feu ! ». Vous passez pour une dingue, et pouvez potentiellement faire fuir l’agresseur ou du moins le figer le temps de prendre le large. Et s’il ne fuit pas, vous avez plus de chances que quelqu’un vienne, que si vous criez « Au viol ! »

[...]
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Bella : notre critique
Ce beau film de Monteverde sort ce printemps en e-cinema, ce qui est l’occasion de le redécouvrir. Un matin, José, chef dans le restaurant de son frère, décide d’accompagner dans les rues de New York Nina, une serveuse que ce dernier vient de licencier. Cette journée de tribulations amènera José et Nina à se confronter aux affres de leur passés et à tenter de les surmonter. Ce long-métrage est d’abord poignant par la misère qu’il met en scène, celle des villes anonymes et brutales, des destins brisés qu’elles charrient[...]
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Le monarque des enfants-rois

Avant d’être une anomalie politique qui a contribué à faire entrer la France au forceps dans la post-histoire, Mitterrand est l’homme d’une époque et d’une génération. C’est la fameuse génération des baby-boomers qui a épousé voluptueusement son autoritarisme florentin maquillé en socialisme. Entre le Sphinx élyséen et les enfants des yéyés, biberonnés aux Trente Glorieuses, c’est presque une histoire incestueuse, l’un et l’autre procédant d’une même réalité « décentrée » : si les boomers sont sortis de l’histoire, Mitterrand est sorti du politique. Ces deux évacuations vont propulser la France dans le multicolore marasme que l’on sait. Retour sur une génération « sacrifiante ».

François Ricard parle de « génération lyrique » en brossant le portrait de cette génération née à la fin des années 50 et qui accède au pouvoir en 1981. Pour l’essayiste québécois, c’est la première génération qui fut conçue non comme une prolongation de la précédente, mais bien comme une sorte de nouveauté totale, une « génération zéro » destinée à faire oublier le monde d’avant. Aujourd’hui on parlerait volontiers de disruption, faute de mieux. Pourtant les baby-boomers ne sont pas exactement nés d’un clivage radical mais plutôt d’un glissement. La modernité des boomers se définit non « comme ce qui se distingue de l’ancien [mais comme ce qui] la poursuit pour elle-même, comme une valeur en soi » (Ricard).

L’issue de la Seconde Guerre mondiale venait d’ouvrir considérablement le champ des possibles : la technique, qui pouvait aussi bien se répandre dans un génocide que pacifier un pays par la stupeur atomique, avait peu à peu tiré à elle les draps du salut

L’HYPER-PRÉSENT DE L’APRÈS-GUERRE

L’ultime vestige de l’ancien monde qui résistait jusque-là aux assauts de la modernité, c’était la place de l’enfant dans un cycle de génération et de morts, un rôle réduit à une simple transitivité : jusqu’alors on procréait pour transmettre un legs, pour fertiliser l’avenir. Cependant l’issue de la Seconde Guerre mondiale venait d’ouvrir considérablement le champ des possibles : la technique, qui pouvait aussi bien se répandre dans un génocide que pacifier un pays par la stupeur atomique, avait peu à peu tiré à elle les draps du salut. Dans cet ultime geste de recouvrement, ce qui restait de l’enfantement n’était plus ni la transmission ni le besoin de prolonger son existence, mais simplement la gratuité de l’acte, la possibilité que son engeance ne soit pas fonctionnelle dans une réalité familiale qui lui est propre, mais spontanément indépendante dans une société désormais coupée de son socle ontologique.

La famille nucléaire était en train de céder sa place à une famille « quantique », où l’enfant devait jouer pleinement son rôle de particule affranchie de la gravité. Il n’était plus chargé en amont par la pesanteur des héritages, ni investi d’une quelconque mission sacrée, mais simplement défini comme un horizon indéterminé. Il se libérait en quelque sorte du cycle des causes et des conséquences, encouragé bientôt par la culture pop, les bandes dessinées et tout un éventail de divertissements conçus pour lui seul : un écrin culturel propre à soutenir et glorifier ce que Ricard nomme son « narcisse multitudinaire », c’est-à-dire une conscience de soi célébrée par un présent pur.

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : l’art de conserver

GÉNÉRATION SPONTANÉE

Avant le boomer, l’enfance se réduisait à une poignée d’années et était souvent vécue comme une humiliation : avec lui elle prend désormais une dimension et une durée inédites, une parenthèse enchantée, dilatée dans le temps, qu’il faut remplir de chansons, de feux de camp, de cérémonies d’intronisation et de rituels néo-panthéistes. À ce titre, on peut noter que tous les héros de bande dessinée devenaient subitement orphelins, ou au moins sans parents directs : Spirou, sans ascendance, Tintin l’éternel adolescent âgé dans une asexualité réconfortante, ou même les fameux neveux de Picsou dont on ne connaîtra jamais ni le père ni la mère, tous ces héros de papier encourageant l’idée d’une génération spontanée qui culmina bientôt avec la culture yéyé et rock – et inventèrent jusqu’à la notion d’adolescent.

La culture urbaine fut la réponse collectiviste et anti-patrimoniale de ces enfants terribles, bientôt montée en épingle par les soviets mitterrandiens de la culture officielle

Ce fut l’époque où les cultures urbaines furent créées, au croisement d’une politique duplice qui entendait bien capitaliser sur cette subite élongation de la durée enfantine, et du réel besoin de faire sécession avec la tradition familiale. La culture urbaine fut la réponse collectiviste et anti-patrimoniale de ces enfants terribles, bientôt montée en épingle par les soviets mitterrandiens de la culture officielle[...]

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Lettre à Elle

Dites, Elle, on vous dérange ? Nous, les jeunes femmes de droite ? Dire qu’on croyait qu’il fallait des quotas de femmes en politique ! Dire qu’on pensait que nous devions toutes devenir super copines pour lutter contre l’immonde mâle ! Si on ne pense pas comme vous, on devrait rester à la cuisine, c’est cela ?

Mais peut-être n’êtes-vous pas dérangés par notre sexe. Peut-être est-ce notre mise qui vous chiffonne. Dur de nous prendre en défaut sur notre vécu et les statistiques officielles. Vous attaquez donc notre physique. Ah, si seulement nous étions moches ! Pas entretenues exprès, une pilosité en guise d’opinion politique ! Si seulement nous étions comme les filles de gauche !

Nous nous sentons bien dans notre peau (et notre « genre »), merci ! Dans une société qui s'enlaidit de jour en jour, dans un quotidien toujours plus oppressant et dangereux, des jeunes femmes se lèvent à la recherche du beau et du juste. Les attaquer parce qu'elles sont jolies est au mieux indigne d'un journal féminin, au pire le témoignage d'une volonté délétère de soumettre les femmes à votre doxa.

Ne vous en déplaise, nous ne sommes pas instrumentalisées par des milieux trop « masculins » à votre goût : c’est par nécessité, et de notre propre chef, que nous élevons aujourd’hui la voix pour nous faire entendre ensemble, au-delà de nos saines différences de points de vue

Nous voyons notre corps comme notre pays : on l’entretient du mieux possible, sans le transformer, on l’aime et on le chérit pour ce qu’il est. Vous prétendez « liberté », nous comprenons « négligence » : vous vous malmenez, déformez, déchirez, et nous obligez à applaudir le désastre. [...]

L’Incorrect

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