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La classe armoricaine : Requiem pour une poésie urbaine

Et ces villes ont également évolué en panneaux Giraudy de la mondialisation. Mêmes enseignes partout. Mêmes « Starbucks Doubleshot Iced Coffee ». Mêmes sushis. Et même effacement du prolétariat autochtone. Mon père me racontait qu’il était ouvrier dans une entreprise du bâtiment sise dans la célèbre rue de la soif à Rennes. Cette rue est depuis longtemps le temple de la beuverie, des restos et des fringues pour connasses. Autrefois, il y avait pourtant une vie ouvrière dans cette rue. Désormais, elle est « festive ». Car les travailleurs qui ont longtemps peuplé les mondes urbains sont aujourd’hui rejetés dans les périphéries. Comme à Nantes avec les chantiers Dubigeon en plein centre-ville, sur l’île Beaulieu devenue résidence pour bobos. Pour vous donner une idée, c’est un peu comme si l’Île de la cité à Paris avait accueilli un chantier naval durant deux siècles où auraient travaillé jusqu’à 7 000 ouvriers (blancs) !

Cette présence ouvrière n’existe donc plus. Les villes d’aujourd’hui sont consacrées à trois mono-activités : les bureaux, la chouille, la mode, plus un peu de culture dans les coins. Mais au-delà de l’activité professionnelle, les villes deviennent également le laboratoire de toutes les folies architecturales, de toutes les densifications, de toutes les excroissances de cages à hamster. Dans les villes modernes et rationalisées, il n’y a pas de place pour la maison d’autrefois. Pour le petit jardin qui sent bon le bassin parisien. Pour l’entrée sans digicode. Pour la poésie urbaine. [...]

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Désindustrialisation : une passion française

La France a perdu son industrie. Le dire est devenu un lieu-commun, tant ce phénomène pluri-décennal semble ne pas connaître de fin. On a longtemps pensé que le propre des pays développés était de renoncer à leurs industries manufacturières pour embrasser l’économie de la connaissance et des services. Pourtant, la désindustrialisation de la France accompagne son déclin économique, la perte de ses capacités d’innovation et même sa « tiers-mondisation ». Les raisons sont multiples. Elles sont d’abord exogènes, la globalisation n’y étant pas étrangère. Elles sont aussi endogènes. Nos gouvernants ont en effet accumulé les mauvais choix stratégiques ; que ce soit en appuyant les pires politiques de l’Union européenne, en adoptant une monnaie inadaptée comme l’euro, ou en ne s’opposant pas à la vente à la découpe de la France, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Laurent Izard.

Le choix fait par la classe politique française d’abandonner le franc au profit de l’euro est l’une des causes principales de l’accélération de la perte de notre tissu productif industriel. Dans son essai L’euro – Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz le démontre parfaitement : « La plupart des pays avancés ont besoin d’une transformation structurelle de leur économie, pour passer des secteurs dominants du passé (essentiellement industriels) à ceux du XXIe siècle. Puisque les gains de productivité dans l’industrie vont plus vite que l’augmentation de la demande, l’emploi industriel mondial va se réduire, et, en raison de la mondialisation, la part de cet emploi mondial que vont capter les pays avancés, dont ceux qui se trouvent en Europe, va diminuer. […] L’Allemagne a tiré parti de son union avec les pays faibles de la zone euro, car l’effet net est que l’euro, la monnaie actuelle, est plus faible que ne l’aurait été le mark allemand ». [...]

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Jacques-Henri Eyraud : faites entrer l’accusé

Samedi 30 février 2011. Les supporters marseillais pénètrent au centre d’entraînement de La Commanderie, remontés et déterminés comme rarement dans un club pourtant déjà si bouillant d’ordinaire. L’Olympique de Marseille n’est pas un simple club de football, c’est une institution, l’âme d’une ville qui cultive avec ferveur son particularisme. Tous les Marseillais supportent l’Olympique de Marseille ; enfants, adultes, pauvres, riches, électeurs de Mélenchon ou de Marine Le Pen. Les propriétaires passent, les supporters restent. Seuls quelques joueurs, quelques hommes exceptionnels dûment sélectionnés par la foule marseillaise, à l’image de Bernard Tapie ou Pape Diouf, peuvent prétendre ne pas être les simples salariés d’une ville qui vibre pour le ballon rond quotidiennement.

De nombreux commentateurs ont été choqués par les images montrant ces ultras des tribunes transformés en émeutiers, se livrant à une sorte de jacquerie des sans-grades du football contre les élites d’un sport qui semble de moins en moins lié à ceux qui le font vivre. Les faits marqueront durablement l’opinion. Dès le lendemain, l’Américain McCourt commentait les évènements, les comparant à l’invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump en janvier dernier, se positionnant habilement en victime de l’arbitraire de la plèbe. Avait-il été conseillé par Jacques-Henri Eyraud, à l’origine professionnel de la communication et intervenant régulier de Sciences Po Paris dont il est sorti diplômé à la fin des années 1980 ? [...]

Expatriés : La fuite des cerveaux

À l’instar des pays du tiers-monde, victimes depuis les années 1950 des facilités du monde globalisé et de l’attrait opéré par les pays développés, la France subit une fuite de ses cerveaux : nombre de ses enfants talentueux se laissent attirer par l’ailleurs, considérant que les conditions y sont plus favorables pour mener leur vie.

Selon les estimations au 1er janvier 2020, près de 2,5 millions Français vivent à l’étranger, une population qui croît chaque année de 3 à 4 % ces vingt dernières années, soit environ 100 000 personnes par an. La majorité des expatriés s’exportent dans les pays de l’OCDE : par ordre de préférence, ce sont la Suisse (190 000), les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et le Canada (100 000) qui sont les destinations privilégiées. [...]

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Le regroupement familial, histoire d’une erreur française 2/2

Dès l'après-guerre, le nombre d’immigrés en France a atteint un niveau très élevé. Les mesures prises sous la présidence VGE vont faire évoluer le cadre juridique, modifiant par-là les flux d’immigration mais dans un sens autre que celui communément admis.

Dès 1974, quelques jours après l'arrêt de l’immigration pour motif économique, le gouvernement Chirac a également interdit par une simple circulaire l’immigration familiale. Cette interdiction est cependant contournée par les étrangers grâce au visa touristique, permettant ensuite de se faire régulariser plus facilement une fois sur le sol français. C’est une association d’aide aux travailleurs immigrés, le GISTI, qui est venue porter la fronde, en déposant très rapidement un recours en annulation pour non-respect du droit d’avoir une vie familiale normale. De fait, le gouvernement s’est trouvé forcé de rétropédaler un an plus tard pour ré-autoriser le regroupement familial (consacré par plusieurs textes dont les directives européennes sur la protection de la famille introduites en droit français en 1974). Soucieux de respecter les engagements européens, Valéry Giscard d’Estaing a ensuite instauré par le décret du 29 avril 1976 un cadre plus précis au regroupement familial, afin que le processus soit moins à la discrétion des autorités compétentes. [...]

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Femmes de droite
La place de la femme, la menace sexiste arabo-musulmane, l’histoire du mouvement féministe : autant de sujets que les deux jeunes femmes abordent sans tabous, dans une discussion vive et passionnante.

Femmes de droite - teaser from L'Incorrect on Vimeo.

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Gregor Puppinck : « Il faut empêcher l’affirmation par la CEDH d’un droit de l’homme à accéder à la pornographie »

Quels sont les faits qui ont amené la CEDH à se demander si l’accès à la pornographie est un droit de l’homme ?

C’est une affaire très simple : en Slovaquie, un détenu de longue durée voulait avoir accès à du matériel pornographique en prison, en violation du règlement. Il se l’est donc fait confisquer. Il a alors porté plainte dans son pays, et maintenant devant la CEDH, au motif que cette privation serait une atteinte à ses droits garantis par la convention, en particulier à la liberté d’expression et à la protection de la vie privée.

Le Centre européen pour le droit et la justice a produit un document, pour refuser cette reconnaissance de l'accès à la pornographie comme étant un droit de l’homme. Quels sont les éléments que vous avancez ?

Il y en a toute une série, qui sont particulièrement valides dans le contexte carcéral, mais qui peuvent aussi s’appliquer au-delà. Tout d’abord, les États au titre de la CEDH peuvent limiter l’exercice de certaines libertés par respect pour la morale, s’agissant en particulier de la liberté d’expression. Cependant, la notion de morale est aujourd’hui rarement utilisée par les juges de Strasbourg parce que la société est beaucoup moins certaine quant à l’identité de la morale. [...]

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Ils sont Français mais au service de l’étranger

« À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et conforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l’avenir qu’ils font! / À vendre les applications de calcul et les sauts d’harmonie inouïs. Les trouvailles et les termes non soupçonnés, possession immédiate », chantait Rimbaud dans un dernier élan. Le poète n’avait jamais été aussi voyant. Car c’est l’histoire de ce qui nous arrive, l’histoire de notre France arrivée à terme.

C’est l’histoire de Bernard Kouchner qui, à la tête du cabinet No Borders consultants, conseille une banque espagnole au Sénégal contre des intérêts français. C’est histoire de Gérard Longuet qui, encore en Afrique, défend les intérêts de groupes belges concurrents des Français. C’est l’histoire de Clara Gaymard, femme d’ancien ministre, énarque et Cour des comptes qui, après avoir présidé l’Agence française pour les investissements internationaux se met au service du groupe américain General Electric qui finit par racheter le « fleuron français » Alstom. C’est l’histoire de Jean-Pierre Raffarin rappelé à l’ordre par les services français tant sa subordination aux intérêts chinois devient criante. C’est l’histoire de Nicolas Sarkozy qui siège au conseil d’administration de trois groupes français à l’actionnariat qatari et représente protocolairement encore la France à l’étranger tout en faisant du lobbying pour des entreprises privées. C’est aussi l’histoire de son jumeau ennemi Dominique de Villepin qui défend des intérêts industriels chinois en Europe. [...]

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