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La fabrique du faux

Tous rivés à nos interfaces machiniques nous tabulons autant de reflets, de mirages, de parcelles de vides. Isolats suspendus d’informations, nos vies et nos routines encodées dans des réseaux où le chimérique se heurte au fantasme. Nos existences tout entières résumées à des fragments d’algorithmes, procédant de cette fabrique du faux qui babille à longueur de temps, dans ce brouhaha continuel de bavardages, de commentaires, de commentaires de commentaires. Le « mème » comme nouvelle monade syncrétique de cette nouvelle réalité, où l’atome a été remplacé par la donnée – cette fameuse « data » dont se gargarisent les nouveaux alchimistes du digital.

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Ni Allah, ni César : Dieu

Comment vivre l’expérience de la vérité dans cet océan, dans ce brouet tautologique dont toute hiérarchie est évacuée ? Le complot, c’est-à-dire la sensation d’un Mal occulte, invisible et ubiquitaire, est la pathologie de notre époque hyper-informationnelle, la névrose d’un monde sans socle, qui oscille sur des tréteaux en trompe-l’œil. Dans un monde où ce parasitage, ce brouillage perpétuel est devenu la norme esthétique, dans un monde où la seule injonction civilisationnelle consiste à s’inscrire dans un silo d’artifices, de s’incarner dans un avatar, le Mal redevient, comme en écho à cette dissolution, une pure probabilité et donc un pur programme. [...]

Dimitri Casali : « Ce sont les rois qui ont fait la France »

Quelles sont les raisons qui ont donné naissance à cet ouvrage ?

Je souhaitais rappeler d’abord que l’héritage de nos rois est partout, tout autour de nous sans que personne n’en parle aujourd’hui. Comme si nous souhaitions le dissimuler… C’est un non-sens : la France est le produit d’un double héritage monarchique et chrétien et aussi républicain et laïc. Le discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux en est une preuve : il a parlé uniquement de république et n’a jamais prononcé le mot France. Il y a clairement une volonté de couper les liens avec notre passé royal et chrétien qui m’a toujours scandalisé. C’est une querelle archaïque et stérile, un combat d’arrière-garde alors que nous assistons à une lente et longue montée de l’ignorance totale de nos racines et de notre histoire. C’est cela qui m’a motivé à écrire cet ouvrage qui réhabilite l’idée royale à travers ses plus glorieux monarques.

La compréhension de notre histoire, de notre identité nationale, de nos racines passent donc et inévitablement par la défense de notre patrimoine historique ?

Notre identité est avant tout culturelle. La France est la terre des arts et des lettres depuis François Ier, et même bien avant car il est l’héritier d’un long travail initié par ses prédécesseurs. Il ne faut pas oublier que dès le XIIe siècle, on parlait d’ « art français » et non d’art gothique comme on le fait aujourd’hui. Ce sont les rois qui ont fait la France, le plus vieil État-nation au monde. Je ne comprends pas que nos élites refusent toujours d’enseigner cela à nos enfants et même aux nouveaux arrivants. [...]

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Les zéros sociaux : les zèbres, le génie en rayé

Ah, les zèbres ! De superbes animaux du genre equus, seuls de leur groupe à ne pas pouvoir être montés. Farouches mais grégaires. On les reconnaît aux stries noires qui traversent leur robe blanche. Trois espèces de zèbres nous étaient pour l’heure connues : le zèbre des plaines, le zèbre des montagnes et le zèbre de Grévy. Il faut maintenant y ajouter une quatrième : le zèbre de Facebook. Naturellement bon, il est l’ennemi du cruel « pervers narcissique ».

Adulte surdoué et incompris de ses contemporains, le zèbre se plaît à se croire différent du tout-venant. S’il échoue, ce n’est pas vraiment de son fait mais bien la faute d’une société qui refuse de les comprendre, lui et sa sensibilité à fleur de peau. Sans faire de test de QI, le zèbre sait pourtant que le sien est largement au-dessus de la moyenne, avoisinant les 140. Il recherchera donc la compagnie, sur les pages Facebook qui lui sont dédiées, de ses semblables. [...]

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« La liberté de culte demeure une liberté fondamentale de la République »

Comment est née cette initiative parisiano-toulousaine ? 

Catholiques convaincus, Geneviève (la deuxième co-initiatrice) et moi-même avons été alarmés par la décision du Président d’interdire les messes pendant ce deuxième confinement. Nous ne pouvions pas rester sans rien faire, et avec plusieurs autres jeunes, nous avons décidé de lancer cette pétition en ligne. Nous ne voulions pas revivre un confinement comme en mars-avril, à suivre la messe par internet. Nous sommes convaincus que la religion catholique a besoin d'incarnation, quel les fidèles se retrouvent et participent physiquement à la messe. Nous ne voulons pas passer la messe de Noël sur notre canapé, comme ce fut le cas pour la messe de Pâques. 

Depuis que les messes publiques ont repris, fin mai, un protocole sanitaire très strict est respecté dans toutes les églises de France (port du masque, distanciation sociale, distribution de gel hydroalcoolique...). Nous, catholiques, avons montré que nous étions responsables. Désormais, le gouvernement doit pouvoir protéger la liberté de culte. Nous comprenons l'urgence de la crise sanitaire, mais nous demandons une proportionnalité dans les mesures prises. Nous pointons du doigt l'incohérence du gouvernement : à partir de lundi, des classes de 30 élèves vont se réunir dans des salles plutôt petites, mais le rassemblement de catholiques dans une église ne serait pas possible ? [...]

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Phénoménologie de la faute et du masque

Nos gueules sont masquées depuis longtemps. Strip-tease inversé. La nouvelle faute de goût, c’est le masque. Érotisme lugubre et démodé du vêtement qui bâille. Pourtant, l’affranchissement de la faute a été le grand rêve de 68. Sans entraves. Aujourd’hui, nous payons. Le mal est cet accident qui dure. Post-Éden. Quand nous devions choisir entre obéissance et transgression. L’exil et l’échine courbée sont notre mode d’être au monde, celui du bannissement du paradis, par extension de tous les paradis. L’exil est notre syndrome, celui de l’impossibilité de conserver ce que l’on a. L’espoir est l’expression de cette insatisfaction.

Nous nous sentons tous coupables. Rue des repentis. Spinoza disait que le repentir était une seconde faute. C’est plutôt une arme de putsch. [...]

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Pourquoi, lundi 2 novembre, je ne ferai pas de minute de silence
Face à la terreur islamiste, il s’agit non pas de faire silence mais de parler et d’agir. En effet, ce silence n’est-il pas équivoque ? S’agit-il de valider la tendance officielle à identifier la République française à la liberté d’expression et d’identifier la liberté d’expression à des caricatures ? Samuel Paty a été victime d’un crime abject […]
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Mgr Ginoux : « Nous vaincrons non pas par les valeurs de la République ou par un quelconque confinement, mais nous vaincrons parce que le Christ l’assure »

Quel regard portez-vous sur ce nouvel attentat qui a frappé la France et l'Église catholique ?

D’abord, une grande tristesse pour ces gens qui ont perdu la vie, pour leurs entourages, pour l‘atrocité avec laquelle ça s’est passé. Et en même temps, cela ne m’étonne pas puisque nous avons subi d’autres attentats semblables, notamment Samuel Paty le professeur de Conflans-Sainte-Honorine. Nous avons eu dans l’Église le Père Hamel de Saint-Étienne-du-Rouvray. C’était un terrible moment : ce saint homme a donné sa vie pour le seigneur et même pour ses bourreaux. Tout cela montre dans quel climat nous vivons. Je crois que depuis les attentats de Mohamed Merah à Montauban, il y a eu 267 morts dues à l’islamisme. C’est un scandale total et nous devons reconnaître que les lois ne sont pas appliquées, que des gens font le mal au nom d’une idéologie qui est aussi une religion. La société française et l'Église catholique en sont les premières victimes.

La décapitation de Samuel Paty avait été perçue comme une attaque portée aux valeurs de la République française. Peut-on dire cette fois que le terroriste s’en est pris à la France en tant que civilisation ?

Déjà, c’était une atteinte à la civilisation. Toutes ces morts horribles sont une atteinte à la civilisation française, et pour un islamiste véritable, une atteinte au chrétien. Il ne faut pas oublier que le Coran a des paroles très dures sur les chrétiens : nous sommes quand même assimilés comme infidèles à des chiens de chrétiens. D’une certaine manière, c’est le christianisme qui est combattu par ces fanatiques, ce qui est paradoxal car nous vivons dans une société qui ne se veut plus chrétienne. [...]

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Nice : le Pape nous a envoyés comme des brebis au milieu des loups

Oh, nul ne songe à remettre en cause la mystique qui anime le pape, dont la volonté de protéger les plus faibles est dans son origine juste et admirable. Mais après tout, quand les évêques espagnols bénissaient la guerre contre le communisme, avaient-ils moins d’honneur et moins de souci du plus faible ? Ce n’est donc pas tant le sentiment de fond qui est condamnable que l’aveuglement imbécile devant les circonstances, dont les conséquences, vues de France, deviennent impardonnables. Ce pape et ses sbires n’ont rien compris au temps, à l’époque, et ils sont déjà comptables d’assassinats exercés par leur pusillanimité.

Le pape François, quand il allait parader sous les caméras à Lampedusa, arrachant au monde des larmes devant le sort des noyés de Méditerranée, savait-il que son geste armait la main du grand guerrier d’Allah qui décapiterait une de ses ouailles, dévote de 60 ans sans défense que son chapelet, près du bénitier de la basilique de Nice ? Certes non. Mais il aurait dû le savoir, parce qu’on le lui avait dit ; mais il aurait dû le prévoir, parce qu’il est le bon berger. Et si Jésus nous avait prévenus : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups », c’est ainsi qu’il poursuivait : « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis ». Et, à moins, que le pape ait mal lu, il ne s’agit pas de donner la vie de ses brebis, mais la sienne. Et c’est pourtant ce qu’il a fait. [...]

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