14 octobre 2019
Vendredi dernier, Julien Odoul, élu RN au Conseil régional de Bourgogne, a relancé le débat sur la présence de femmes voilées lors des sorties scolaires, en demandant à la présidente de Région de faire sortir de l’hémicycle la mère de famille voilée qui accompagnait les enfants à cette occasion. Mais une question cruciale se pose, peut-on utiliser l’arme de la laïcité pour lutter contre le communautarisme islamique ? Quels en sont les risques ?
« Dans une enceinte de la République, il ne peut y avoir de signe religieux ostentatoire », affirme aujourd’hui Julien Odoul sur Europe 1 pour justifier l’esclandre qu’il a provoqué vendredi dernier au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. « Je n’ai aucun regret d’avoir défendu les valeurs de la République et de la laïcité qui sont au cœur de mon engagement politique », poursuit-il.
Le voile est le contraire de la galanterie française
Si l’on peut avoir de légitimes réserves sur la manière de procéder, il va de soi qu’on ne peut être que d’accord avec l’intention de Julien Odoul : il n’est pas souhaitable que dans une civilisation fondée sur la courtoisie et la galanterie, on finisse par enturbanner les femmes. « Nous sommes, dit Alain Finkielkraut, les héritiers de la galanterie, c'est-à-dire d'un certain régime de la coexistence des sexes fondé sur la mixité. Or, le voile réduit les femmes à l'état d'objet sexuel. En arabe algérien, on dit qu'une femme dévoilée est nue. Lubrique ou cachée : telle est donc l'alternative. Elle est, pour notre civilisation en tout cas, obscène »,[1] car elle suppose que les hommes ne peuvent qu’entretenir des rapports de convoitises avec les femmes.