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Le coin du juriste : Déchéance de nationalité
C’est le serpent de mer de la politique antiterroriste française, invoqué après chaque attentat, et jamais mise en œuvre : la déchéance de nationalité est pourtant, en plus d’être souhaitable, possible. Et bien plus loin qu’on l’imagine. Souvenez-vous : trois jours après la tuerie de masse du Bataclan, le président Hollande annonçait vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux binationaux nés français, sanction déjà prévue, dans des circonstances d’une particulière gravité, par l’article 25 du Code civil pour les binationaux naturalisés français. Les belles âmes s’indignaient : la citoyenneté est indivisible, faire le tri entre les Français sous-entend que certains le sont moins que d’autres, nous ramenant aux heures les plus sombres de notre histoire. Il est exact que le régime de Vichy avait allègrement retiré en moins de quatre ans la nationalité française à plus de 15 000 des nôtres ! Or, dans l’état du droit positif il existe déjà, s’agissant des modalités de retrait de la nationalité, non pas deux mais six sous-catégories de Français : (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Tout commence avec une semence
Comme tous les mois, Marie Dumoulin dresse sa Chronique des crottés, et s'intéresse au sort des semences. Le 1er novembre a été promulguée la loi « Agriculture et Alimentation », dite « Egalim » parce qu’issue des états-généraux de l’alimentation. Elle constitue plutôt une avancée dans la défense des producteurs contre l’industrie agroalimentaire. Mais elle était auparavant passée par la censure du Conseil constitutionnel qui, pour des « raisons de procédure contraire à la Constitution », a rejeté près d’un quart des articles. L’un d’eux autorisait la vente des semences anciennes aux particuliers, une avancée souhaitable pour la liberté des consommateurs. Une semence ancienne est formée des graines, souvent rares et particulières, produites par des plantes qui ne sont plus cultivées ni même connues depuis des décennies. Un exemple parmi des millions d’autres : le petit épeautre du Lubéron. Ce triticum monococcum est la plus ancienne céréale connue sur notre sol, cultivée dans le bassin méditerranéen depuis 11 000 ans. Comme par hasard, c’est dans la période de l’après-guerre que l’on vient rompre avec cette culture millénaire : poussés par l’idée de progrès ambiante, les paysans abandonnent cette espèce locale pour une espèce commune plus productive. À cette époque, sous couvert de « progrès génétique », on déconnecte en effet la production de semences du cycle de culture interne à chaque ferme, dans un objectif de standardisation et d’industrialisation. Les grandes firmes semencières s’engraissent pendant que l’épeautre méditerranéen est progressivement oublié. Ses graines disparaissent, jusqu’à ce jour des années 1990 où quelques-unes sont exhumées du fond de grange où les avait oubliées un paysan du Vaucluse. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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L’inspecteur des RIC
Le bonheur démocratique retrouvé, ce serait simple comme le RIC, le référendum d’initiative citoyenne. Pas si simple. Dix-huit mois de présidence Macron, quelques semaines de Gilets jaunes déterminés et une modification sémantique pour le rendre plus « républicain » auront suffi: ce qui était hier impensable – l’instauration du référendum d’initiative populaire, revendication de la droite française portée dans les années 1980 par Yvan Blot et par Bruno Mégret, entre autres – devient envisageable, et même de bon aloi. « Je ne vois pas comment on peut être contre son principe », a affirmé le Premier ministre, ajoutant cependant : « Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions ». Une manière d’avertir que, si le RIC exigé sur les tracts et pancartes devait entrer dans le Code électoral, le peuple ne devrait pas non plus se croire tout permis ? Certainement, mais quantité de difficultés président à sa mise en œuvre et il serait parfaitement irresponsable de les occulter. Combien de signatures ? La première question qui se pose est celle du nombre de signatures qui devraient être recueillies pour qu’un référendum doive se tenir. La fourchette de 500 000 à 700 000, la plus souvent avancée, paraît raisonnable au regard du corps électoral français, huit fois supérieur à celui de la Suisse où seules 100 000 signatures sont requises – et seulement la moitié pour y abroger une loi – plus raisonnable en tout cas que « le dixième du corps électoral » (soit plus de 4,7 millions de Français !) actuellement exigé par l’article 11 de la Constitution qui fixe les règles du « référendum d’initiative partagée », invention sarkozyste visant, justement, à rendre impossible un référendum d’initiative populaire tout en faisant semblant de l’accorder. Dans quel délai ? La Suisse, présentée comme une référence et qui a une longue pratique de l’« initiative populaire » sur le plan fédéral, a fixé un délai de dix-huit mois pour que les signatures soient recueillies, faute de quoi, si la récolte n’a pas été fructueuse, la procédure est abandonnée. Ce délai paraît long, très long, trop long par rapport au calendrier électoral français et aux risques qu’il induit en termes de harcèlement du citoyen et de saturation du débat. En 2013, il n’avait fallu que quelques semaines à la Manif pour tous pour déposer plus de 700 000 signatures au Conseil économique social et environnemental (Cese) sur la base de la loi organique relative à l’article 69 de la Constitution qui n’en exige que 500 000. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Bruno Gollnisch : « Ma candidature pour présider Renault-Nissan est prise assez au sérieux au Japon »
Bruno Gollnisch. Vous avez récemment émis l’idée de succéder à Carlos Ghosn à la tête du consortium franco-japonais unissant ces deux géants de l’automobile que sont Renault et Nissan. Comment vous est venue l’idée ? Je suis un modeste actionnaire de cette société, ayant cru devoir placer quelques économies dans le financement de l’industrie française, et notamment dans cette entreprise, fleuron de ce qu’il nous en reste. À part ma maison, ma seule épargne est un PEA (Plan d’épargne en actions) comprenant 50 actions Renault, achetées il y a plusieurs années pour un total de 2953 €, et qui n’en valent plus aujourd’hui que 1836. Là n’est pas le problème : avec ce genre d’épargne, on doit accepter le risque de perte. Mais je dois dire que j’étais assez choqué de voir que, dans le temps même où l’action perdait plus de 30% de sa valeur, le président, qui percevait déjà plus d’un million d’Euros par mois, prétendait doubler la mise ! Depuis longtemps, je m’étais dit qu’un jour, pour le principe, j’irais faire un tour à l’assemblée générale de la société. Or, la situation créée par l’arrestation au Japon de Monsieur Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, et son remplacement à la tête de ce deuxième groupe, requiert évidemment des mesures d’urgence. Je suis très attaché (par principe et par expérience des persécutions de toutes sortes) à la présomption d’innocence, et je ne me prononcerai aucunement sur sa culpabilité éventuelle. En revanche, mon statut me donne le droit de dire qu’il est temps, dans cette société comme dans bien d’autres du CAC 40, que les actionnaires individuels soient enfin convenablement représentés dans la direction de ces groupes. En conséquence, je demande que soit tenue d’urgence une Assemblée Générale, convoquée selon les modalités des articles 22 et 26 des statuts de Renault SAS. Je viens d’écrire en ce sens à M. Bolloré, l’administrateur provisoire. Je rendrai cette demande publique prochainement. En outre, j’ai déclaré que j’étais candidat au Conseil d’Administration de la société Renault, et même, en tant que de besoin, à la présidence de cette société, s’il ne se présentait pas d’autres candidats capables de défendre à la fois l’emploi en France, les intérêts des salariés et ceux des actionnaires.
Le plat du jour est-il de droite ?
Il existe plusieurs sortes de plats du jour, depuis la palette gustative du matin jusqu’à la blanquette du mardi. La blanquette du mardi, si fermement accrochée à son jour qu’un distrait saurait, en considérant l’ardoise, se repérer dans la semaine ; la palette gustative du matin si intelligente, si subtile, que le jour en paraît illuminé et fragile. D’un côté la certitude solide des harengs marinés, du salé aux lentilles, du bœuf aux carottes, du quart de brie et de la crème caramel, de l’autre les délices éphémères du yaourt d’artichaut et de la neige de céréales toastées aux baies de Sichuan. On sent que le bulot mayonnaise est un roc là où les cacahuètes des Hautes-Pyrénées sont une aventure incertaine. On sent aussi que la blanquette et son riz-tout-court (pas du riz basmati indien rose, ou du riz de chez Manolo Perutzu, producteur intrépide) ne promettent aucune surprise mais une lente délibération intérieure pour savoir si cette blanquette-ci est meilleure que celle qu’on trouva si bonne l’autre jour. Le plat du jour sans surprise aide l’âme à considérer la chose en soi, l’archétype, à goûter la nuance infime, à élaborer dans le secret de sa conscience des principes d’analyse et des règles de jugement qui aideront à accueillir chaque jour non comme une expérience neuve et redoutable mais comme un chemin à parcourir en avant, calme et droit. La blanquette est une morale, le bulot est éthique. Si être de droite c’est considérer qu’un bon chevalier doit avoir été adoubé dans les règles, et que la richesse du caparaçon est moins importante que la vertu de celui qui manie l’épée, alors le plat du jour est de droite. D’un autre côté, un chevalier qui ne partirait pas à l’aventure ne serait qu’une panoplie à peine animée, un chevalier de la légion d’honneur qui n’a retenu de la cérémonie que la médaille et la rosette, et son nom dans Le Figaro (et quelle idée, franchement, que d’inventer une légion d’honneur, comme si on portait ça à la boutonnière au lieu de le serrer dans son cœur ou de le pousser au bout d’une lame ?) (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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LGBTQIAIZPPSMF +
Notre collaborateur Claude Lenormand avait imprudemment cité la seule communauté LGBT (lesbiens, gays, bi et trans) dans un de ses articles. Nous avons reçu nombre de droits de réponses que nous publions volontiers pour l’édification de nos lecteurs comme pour celle de l’imprudent rédacteur. Du CQFD Comité Queer de Flers et Dompierre (Orne). Nous nous élevons vivement contre l’oubli des Queers (en anglais bizarre, différent). Inclassables, incompris, nous ne devons pas pour autant être jetés aux oubliettes, ni celles de l’histoire ni celles du journalisme. Du CIA Comité des Incertains des Alpes. Le CIA rappelle avec force que l’incertitude ne doit plus être une tare. Si les décidés sont majoritaires, ce n’est pas une raison pour brimer notre minorité militante. Notre balancement circonspect mérite considération. Nous attendons votre rectification. De la FAO, Fédération des Asexués Organisés. Nous constatons avec regret que le a privatif de notre condition, au-delà de nous enlever un monde que nous ne pouvons que deviner, nous prive également d’un statut, d’un nom, nie notre existence. Vous aurez à cœur de nous faire découvrir par votre public. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Les Français refusent d’être déshérités
Sur le ton de l’humour, certains d’entre nous imaginaient récemment que les familles nombreuses finiraient un jour par être taxées sur le principe du « pollueur payeur ». Sachez que l’idée fait très sérieusement son chemin. C’est ainsi depuis plusieurs décennies : les folies sont d’abord moquées, avant d’être considérées puis finalement approuvées. À terme, elles deviennent même incontestables, et ce qui était autrefois la norme semble inacceptable et indicible. « Les pays riches sont les premiers à devoir décroître démographiquement. Ce sont eux qui ont le mode de vie le plus polluant. Par ailleurs, limiter nos naissances nous permettrait de mieux accueillir les migrants qui frappent à nos portes », explique notamment l’écologiste Yves Cochet dans une tribune publiée par l’Obs. Le président de Momentum, une association de réflexion consacrée aux « transitions nécessaires pour amortir le choc social de l’anthropocène, a une logique des plus curieuses.
ALGHAL* ! Etude comparée du gaulois et de l’arabe dans la langue française
« Le cheikh Jabir ibn Hayyan regarda l’élixir d’un œil vitreux. Tous ses salamalecs avaient été vains. Les jinns et les éfrits, pourtant, avaient été clairs : pour que le calife conservât son emprise sur les caïds, au son du luth, l’ambre et le camphre devaient se mêler en une alchimie complexe ». Nul n’est besoin de lire Sirat al Bunduqiyyah pour sentir l’exotisme qui suinte de ces quelques mots. Qui ne s’est émerveillé devant les contes d’Al-Adin et sa lampe merveilleuse, ou d’Ali Baba et Cassim, ouvrant d’une voix plaintive un sésame salvateur ? L’arabe est une langue qui nous est notamment parvenue des Croisades, chargée de mystères. C’est une langue belle, aux détours mélodieux, qui nomment l’invisible mieux parfois que nos papes ne purent le faire. Une langue qui inventa l’alcool, volutes d’esprit en carafe, ou l’algèbre et l’algorithme, chorégraphies arithmétiques aux contours fardés de khôl. Les langues, porteuses de leur culture et de leur histoire, nous transportent malgré nos différences. Elles révèlent, dans leur structure, une vision du monde étrangère, voire étrange. Chaque mot propose un chemin différent. Oui, mais voilà. C’eut été si simple de considérer que chaque langue avait son propre avantage, mais cela, malheureusement, ne convenait pas aux Modernes. Jean Pruvost, dans son ouvrage « Nos ancêtres les Arabes », peine à nous faire croire que la langue bédouine sert de base à la langue française. Vous utilisez plus de mots arabes que de mots gaulois dit-il d’un air surfait. C’est vrai. Statistiquement, c’est même rigoureusement exact : il y aurait environ 400 mots arabes pour 250 mots gaulois dans les dictionnaires français. Cela ne veut pas dire pour autant que nous utilisions la totalité de ces mots : qui, quotidiennement, utilise le terme mahdi (guidé par Dieu) ou sebkha (zone inondée) ? Mais soyons honnêtes et examinons les deux postulats. L’arabe est une langue parlée par 300 millions de personnes de nos jours. Les échanges avec les territoires arabes furent nombreux pendant les Croisades. Le Maghreb fut un territoire français, ce qui facilita les échanges, et commerciaux, et linguistiques et depuis lors, la langue arabe se trouve être parlée par un nombre grandissant de personnes sur le territoire français. Le gaulois est une langue morte. Une trentaine d’inscriptions ont été retrouvées à ce jour. Les quelques dictionnaires, excellents par ailleurs, sont basés principalement sur des conjectures linguistiques. Il serait incohérent de comparer les deux langues. C’est pourtant ce que nous pouvons entendre sur les ondes : « Il y a plus de mots arabes que de mots gaulois en français ».

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