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La morale du cathare
La culpabilisation des catholiques concernant l’accueil des migrants participe d’une mauvaise compréhension des commandements de Dieu, affirme Thibaud Collin. Drôle d’époque que celle dans laquelle les « autorités morales » inversent le sens normatif des préceptes. Alors que les interdits portant sur des actes intrinsèquement mauvais sont de plus en plus relativisés (il y aurait ainsi une manière vertueuse d’être adultère), les préceptes positifs sont présentés comme des absolus niant toute mise en œuvre prudentielle (au nom de l’amour, il faut accueillir le migrant). Ce chassé-croisé révèle un obscurcissement du raisonnement pratique et de la manière de réaliser le bien (qu’il soit personnel ou commun). Dans la morale classique, les préceptes négatifs sont la limite en deçà de laquelle l’acte humain nie la dignité de celui qui le pose. Il n’y a donc aucune exception possible. La vertu de prudence ne s’applique donc pas à l’observance des commandements négatifs, si ce n’est pour éviter de se placer dans une situation où le sujet serait tenté de les enfreindre. En revanche, les préceptes positifs indiquent le bien à réaliser ici et maintenant en prenant en compte les circonstances. Ainsi « tu honoreras ton père et ta mère » est un commandement dont on ne peut pas déduire universellement la manière de le mettre en pratique ; par exemple, comme impliquant nécessairement d’accueillir chez moi mon vieux père alors que celui-ci est un pervers narcissique qui risque de détruire ma vie conjugale. Recevoir les préceptes positifs comme des absolus niant toute circonstance tend à créer une culpabilité illégitime. Les présenter de cette manière est donc une entreprise de culpabilisation d’autrui qu’il faut savoir dénoncer comme telle. Aujourd’hui, nous voyons à l’œuvre cette culpabilisation quant à l’accueil du migrant, présenté comme le contenu d’un (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
André Bercoff : haut-parleur
Journaliste, écrivain, voyageur, au carrefour de plusieurs identités, André Bercof cultive sa liberté de ton et de pensée comme d’autres cultivent leur jardin. Ce 18 janvier 2016, un ascenseur s’arrête au 26e étage de la « Trump tower ». André Bercof a rendez-vous avec le Donald. Le futur président américain est simple candidat à la primaire républicaine, tout le monde le prend pour un clown, et personne ne mise un cent sur sa victoire, serait-ce aux primaires. Quelques mois plus tard, André Bercoff devient le seul journaliste français à avoir rencontré le nouveau président des États-Unis, relançant à 76 ans d’une manière totalement inattendue sa carrière de journaliste politique. Une carrière qui a commencé il y a bien longtemps dans les pages cultures de L’Orient-Le Jour, principal quotidien francophone libanais. André Bercoff est né à Beyrouth en 1940, d’un père haut-fonctionnaire au Commissariat Français au Liban (le pays est alors sous mandat français) et d’une mère d’origine espagnole. Il quitte le Liban en 1966 et durant deux ans le jeune Bercoff se plonge dans un Paris mythique, celui de ses lectures d’adolescence où tel un personnage des Déracinés de Barrès, il s’imprègne des humeurs de la plus belle ville du monde. Il pose sur les évènements de Mai 68 un regard amusé : « C’était (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
Où en est la réforme des retraites ?

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Le 20 septembre dernier, Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, a semblé avoir enfin compris comment ne fonctionnent pas les retraites par répartition.

 

Au cours de son intervention lors d’un « atelier participatif » ayant eu lieu ce jour-là pour permettre aux citoyens de faire entendre leurs voix sur cette réforme dont la préparation lui incombe, le Haut-commissaire aurait prononcé quatre courtes phrases de la plus haute importance : « Vous avez cotisé pendant des années, c’est vrai. Mais ce n’était pas pour vous. C’était pour vos parents. Vos cotisations ne vous donnent droit à rien ». Cette déclaration est rapportée par Marie-Cécile Renault, la journaliste « sécurité sociale » du Figaro, sous forme d’une citation entre guillemets et en italiques, dans l’édition du 11 octobre. Elle est inouïe venant d’une bouche officielle, mais il est peu probable que la journaliste l’ait inventée.…

Ni bœuf, ni soja
ll faut que je le confesse, je suis devenu vegan. J’ai été sensible à la haute réflexion de ce mouvement, à sa force de persuasion pacifique, à son sens du dialogue et de l’écoute. J’ai compris que l’on ne pouvait plus assassiner les sangliers, que les palourdes ont une âme et qu’il est criminel de tondre les moutons pour en tisser la laine. Finis donc les souliers en cuir végétal et vive les godasses en fibres de bambou tressées. Au bûcher les costumes en mohair et en soie ; à la place des t-shirts en coton dégradable. Plus de tripes, plus de jambon beurre.
Le village est de retour
Après Rodez et Herblay, les cinq mille agriculteurs aveyronnais réunis au sein de la coopérative UNICOR ont ouvert leur troisième magasin à Saint-Gratien dans la région parisienne. Modèle exemplaire d’une agriculture vertueuse, l’enseigne « Les Halles de l’Aveyron » est une expérience de communalisme. Une organisation en circuit court, coopérative et collective pour la défense du bien commun. A 7 heures du matin, c’est déjà l’heure de la tétée des veaux. Rendez-vous à la ferme de la Goudalie, à vingt kilomètres au nord de Rodez, chez l’éleveur Nicolas Mouysset. Ce fermier aux deux cent trente bovins pousse ses veaux dans l’enclos, tandis que les vaches aux prés sont ramenées par les chiens. « Mes veaux sont élevés suivant des méthodes traditionnelles. À partir de quatre mois, outre le lait maternel, je les nourris de fourrage et de fibres ». C’est cette alimentation qui donne à la chair une coloration rosée, particularité qui distingue le veau aveyronnais du veau à chaire blanche que l’on trouve habituellement dans les grandes surfaces. Les [...] Suite dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés
Éloge du féminisme à la Macron
Avec Marlène Schiappa, Macron se dote d’un féminisme punitif et despotique qui considère le fait religieux comme ennemi de la femme, dans la grande tradition anticléricale. Il est permis de se demander si l’essentiel de ce qu’il nous reste d’histoire à vivre ne sera pas la politique féministe d’Emmanuel Macron. Au départ, on peut supposer qu’il avait choisi de créer un secrétariat d’État pour Marlène Schiappa afn d’enjoliver son gouvernement d’un zeste de rigolade. Mais il s’est très vite pris au jeu et l’importance prise par la mirobolante Marlène Schiappa dans notre gouvernance n’a pas fini de nous étonner et de nous bousculer. Cette politique est venue rejoindre l’intrusion dans notre univers médiatique de la désormais célèbre Delphine Ernote, qui chasse partout « les mâles blancs de plus de cinquante ans ». On ne saurait trop conseiller à ces dames de relire La confusion des sexes de Michel Schneider. Ainsi que l’écrit Michel Schneider: « L’irrésistible féminisation des mots est [...] Suite dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés
Peut-on clore le siècle de 14 ?
L’année 2018 est doublement symbolique. Nous fêtions en mai dernier le cinquantenaire de Mai 68, et nous fêtons maintenant le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Allons-nous enfin clore le siècle de 14 ? Le sujet est toujours aussi brûlant, toujours aussi générateur de conflits de mémoires entre Français et entre Européens. Alors que Le Parisien titrait récemment que les Mohammed avaient été plus nombreux à tomber pour la France que les Martin – sans même expliquer que Martin était un prénom peu donné, quand Mohammed est extrêmement populaire dans les pays musulmans -, que la France se déchire à la seule évocation du nom de Philippe Pétain, que les comparaisons des mérites et des travers des divers généraux de la Grande Guerre continuent de déchaîner les passions, la France et les Français semblent faire une nouvelle fois l’économie d’une véritable introspection sur leur destin national.
Notre terre en héritage
Il y a cent ans, hagards et traumatisés, nos poilus survivants sortaient des tranchées. Ils étaient bleu horizon, comme le ciel de l’automne au moment de l’arrêt des coups de canon, le 11 novembre 1918. Nos poilus, vivants et morts, estropiés, gueules cassées, traumatisés ou taiseux, la plupart, cultivateurs mais pas seulement les tranchées ayant été un lieu de mort en commun où un homme illettré pouvait sauver la vie d’un poète de renom ont été des héros. Leur vie, plongée dans la boue des terres paysannes, sur des fronts étendus à toute l’Europe, a été héroïque. Il n’est que de regarder leurs visages abrupts et leurs regards en 1918, au moment de l’armistice, pour saisir combien ces hommes, dans les tréfonds d’une peur symbolisée par les 37 millions d’obus tombés sur Verdun, ont été des hommes d’exception. Les [...] Suite dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés !

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