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Éloge du féminisme à la Macron

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Publié le

12 novembre 2018

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Avec Marlène Schiappa, Macron se dote d’un féminisme punitif et despotique qui considère le fait religieux comme ennemi de la femme, dans la grande tradition anticléricale.

 

Il est permis de se demander si l’essentiel de ce qu’il nous reste d’histoire à vivre ne sera pas la politique féministe d’Emmanuel Macron. Au départ, on peut supposer qu’il avait choisi de créer un secrétariat d’État pour Marlène Schiappa afn d’enjoliver son gouvernement d’un zeste de rigolade. Mais il s’est très vite pris au jeu et l’importance prise par la mirobolante Marlène Schiappa dans notre gouvernance n’a pas fini de nous étonner et de nous bousculer. Cette politique est venue rejoindre l’intrusion dans notre univers médiatique de la désormais célèbre Delphine Ernote, qui chasse partout « les mâles blancs de plus de cinquante ans ».

 

Au sujet de Macron, lire aussi : Pétain, tout un symbole ?

 

On ne saurait trop conseiller à ces dames de relire La confusion des sexes de Michel Schneider. Ainsi que l’écrit Michel Schneider: « L’irrésistible féminisation des mots est en marche, et, avec elle, l’irrésistible maternisation de la société. Après l’État policier, militaire, éducateur, industriel, assureur, et même organisateur de parades et producteur de télévision, l’État linguiste entre en scène. Il confond d’abord le genre grammatical et le genre sexuel. En grammaire, c’est le féminin qui est le genre marqué. Le masculin, non marqué, désigne indifféremment les hommes et les femmes. Le genre masculin permettait précisément de prendre en compte la différence des sexes dans la désignation non des fonctions mais des personnes. »

Mais ces dames n’ont pas retenu les excellentes leçons de grammaire que l’Éducation nationale n’a pas manqué de leur dispenser lorsqu’elles étaient jeunes. Il est vrai qu’il y a bien des ignorants qui prétendent remplacer les droits de l’homme par les droits humains sans se rendre compte que cela ne veut pas du tout dire la même chose. Toute cette mode, bien évidemment, nous vient des États-Unis d’Amérique, si chers à la deuxième gauche française avec le care introduit dans notre pensée philosophique par Martine Aubry.

 

Laïcité, point !

Dans ce gouvernement fait de bric et de broc, Marlène Schiappa brille de tous ses feux pour la surveillance de droits qui existent chez nous depuis toujours. Pleine d’imagination, elle a, dans un opuscule heureusement très bref, Laïcité, point! , inventé un lien jusque-là inconnu entre cette nouvelle religion et le féminisme punitif qui enjolive nos débats depuis peu. Punitif et despotique, voire policier. Non seulement Delphine Ernote a viré Pujadas en application du principe ci-dessus remarqué, mais elle a de même viré le mot « France » de l’appellation des services publics de la télévision. La France y est remplacée par un point; ce doit être celui inventé par la mirobolante Schiappa. Devenir ministre rend coquette et notre Marlène va d’une coifure à l’autre (c’est une taquinerie ostensiblement machiste que je fais là).

Elle a tous les toupets, au point de recadrer le président de la République, qui venait de se déclarer pour une laïcité apaisée, assez proche de la laïcité positive prônée par son anté-prédécesseur. Schiappa reprend Emmanuel Macron en lui faisant remarquer que la laïcité ne saurait supporter aucun qualificatif: elle est un dogme qui combat « tous les dogmes de tous genres »; c’est la nouvelle religion que Vincent Peillon voulait imposer à l’école de la République en coupant les enfants de leurs racines familiales et culturelles.

 

« L’irrésistible féminisation des mots est en marche, et, avec elle, l’irrésistible maternisation de la société. Après l’État policier, militaire, éducateur, industriel, assureur, et même organisateur de parades et producteur de télévision, l’État linguiste entre en scène. » Michel Schneider

 

Marlène Schiappa tient toutefois sa vision du monde de ses propres racines, un papa d’un anti-cléricalisme digne de la belle époque de La Calote, organe regreté de la Raison en action, et qui tient toujours chronique dans l’ultime revue de l’anti-christianisme militant, intitulée précisément La Raison. Aux yeux de sa flle, on ne peut être républicain qu’« au sens d’Aristide Briand, mais pas au sens de Laurent Wauquiez ». Bref, c’est l’éternelle antienne : nul ne sera républicain hors nous et nos amis. « La laïcité, tranche notre demi-ministre, est juridique, philosophique, politique. » Et quoi encore ? Comment font, comment peuvent vivre les nombreux pays qui nous entourent et qui ne parviennent même pas à traduire ce mot, chez nous sacralisé d’un point par notre passionaria ?

C’est au ministère de la Culture qu’on aurait dû nommer la mirobolante Marlène déjà auteur d’un remarquable ouvrage pornographique, qui mériterait d’être mieux connu : Oser… l’amour des rondes. Pour les rondes, l’auteur privilégie plusieurs positions, par exemple : « La levrette, grand classique, faite pour vous si vous avez un physique en “poire” ou en “contrebasse”. Votre partenaire aime vos fesses, sinon il ne serait pas votre partenaire. Vous lui offrez ainsi une superbe vue. » Je vous laisse découvrir, si j’ose dire, la suite. Nous avons eu connaissance de cet ouvrage anthropologique grâce au Palmipède. Heureusement, car il a été oublié dans la liste des ouvrages du même auteur révélés par les précautionneuses éditions de l’Aube. La mirobolante Marlène vient depuis d’écrire une lettre à ses filles, dans laquelle j’espère qu’elle a mis tous les détails.

N’est pas Victor Hugo qui veut

 

Un jacobinisme extrême

Cette dérive du système actuel a de quoi inquiéter. Marlène Schiappa tourne comme une toupie dans le cirque politique. Elle est déjà montée sur les planches. Elle se porte, en service commandé, garante de la vertu de ses petits camarades persécutés par la rumeur, alors qu’il y a un an, elle leur aurait volé dans les plumes sans rien savoir d’eux, dans un cas comme dans l’autre. C’est le boulot. Elle pratique son féminisme policier en écrivant tous les trois jours au CSA pour le sommer de censurer les propos de tel ou tel journaliste égaré sur les ondes.

Le républicanisme de notre diva est d’un jacobinisme extrême. « Dans une République laïque, assène-t-elle, il n’y a pas de corps intermédiaires (…) entre l’État et les citoyens. » En a-t-elle informé le Premier ministre, afin de lui faciliter la tâche ? En réalité, j’ai du mal à croire que Brigitte Macron soit l’inventrice innocente et la protectrice de ce personnage cafouilleux et zozotant dont on ne sait ce qu’il fait dans un gouvernement.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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