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L’Inconomiste : La France électroniquée

Vous avez aimé la pénurie des masques et des tests, vous allez adorer la pénurie des composants électroniques : depuis le mois de mars, les entreprises françaises de ce secteur tirent la sonnette d’alarme. À la crise sanitaire s’est ajoutée une crise de la souveraineté économique : moins de composants signifie moins de cartes électroniques, indispensables éléments de l’industrie automobile, médicale et militaire.

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© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Serge Calmard dirige Sudelec, PME située à Usson-en-Forez (Loire) : « Mon métier consiste à souder des composants sur des circuits imprimés que l’on appelle cartes électroniques. Cette soudure est effectuée par des machines, toute la production est automatisée. Mais pour créer des cartes, il faut des composants. Un seul composant manque et nous voilà bloqués, même si ce composant coûte un millième d’euro ».

La pénurie de composants a mis en exergue l’interdépendance des économies, ou plutôt la dépendance des économies occidentales vis-à-vis de la Chine. Notre perte de souveraineté technologique fut lente – quarante ans – mais sans pitié. Berceau des industries électroniques, l’Europe et les États-Unis totalisaient en 1975 70 % de la production. En 2020, elles ne fabriquent plus que 30 % des systèmes électroniques. Aujourd’hui, le continent asiatique contrôle 65 % de la production mondiale, et à elle seule, la Chine rassemble 40 % des activités.

Ironie de l’histoire, cette délocalisation a débuté dans les années 70 pour contrer la concurrence japonaise : le faible coût de la main-d’œuvre dans les pays en voie de développement apparaît alors comme la solution. Dans les années 80, la délocalisation des sites de production s’accélère avec le développement des ordinateurs personnels, puis à partir de 2007 avec les smartphones. Progressivement l’Occident se cantonne dans la conception des produits : l’Occident fait rêver, l’Asie fournit les bras. Dans l’industrie électronique, le concept de « l’entreprise sans usine » s’impose. Entre 2000 et 2010 aux États-Unis, 400 000 emplois d’ouvriers sont perdus.

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