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Jean-Frédéric Poisson : Défendons notre langue contre ses fossoyeurs

« Un pays qui perd sa langue perd sa culture ; un pays qui perd sa culture perd son identité ; un pays qui perd son identité n’existe plus. C’est la plus grande catastrophe qui puisse lui arriver », écrivait Michel Serres dans Défense et illustration de la langue française aujourd’hui. Cette catastrophe n’est hélas pas un risque à écarter au regard des multiples renoncements qui ont été opérés par les gouvernements successifs depuis le 23 mars 2006. Ce jour-là, Jacques Chirac avait protesté au Parlement européen contre le discours en anglais d’Ernest-Antoine Seillière. À cette époque encore, le président de la République protégeait notre culture en défendant la langue française. Hélas, les décisions politiques qui ont suivi, depuis, portent toutes la responsabilité du déclin de notre langue en France et dans le monde.

Sont notamment coupables de ces renoncements Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Jean-Louis Borloo qui ont méthodiquement fragilisé notre langue dans nos entreprises, nos écoles et nos institutions.…

Hausse des prix de l’essence : un parfum de Bonnets Jaunes devant le dépôt pétrolier de Brest
transports et des travaux publics et des agriculteurs. Dans la foulée, le dépôt de Lorient a également été cerné par des dizaines de camions et d'engins de chantier. En cause : la hausse du prix des carburants. Ces travailleurs expriment ainsi leur ras-le-bol de gros consommateurs de gasoil qui ne peuvent plus travailler. L'annonce de la remise de 15 centimes par litre de carburant ce week-end par Jean Castex a été perçue dans ces milieux comme une blague, un « poisson d'avril » selon les entreprises. En réaction, les professionnels demandent des aides pour leur trésorerie, une annulation des charges et un prix redescendu à 1€30/litre pour le « blanc » (Gasoil) et 0,80€ pour le GNR (Gasoil Non-Routier). [...]
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Le cœur dans les tripes

La boucherie traditionnelle est-elle un métier d’avenir ?

 Oui ! La boucherie traditionnelle est un métier en pleine renaissance actuellement. On a souffert pendant longtemps d’une sale image, voulant que le gars qui ne pouvait pas faire grand-chose à l’école finisse par être recasé en boucherie. Mais ça, c’est de l’histoire ancienne. C’était il y a une, voire deux, générations qu’on raisonnait de la sorte. Il suffit d’aller faire un tour dans les CFA pour s’apercevoir que ça a largement évolué. Les CFA sont pleins et on y trouve énormément d’apprentis qui sont des gens en reconversion professionnelle. J’en suis d’ailleurs l’exemple type. Je me destinais plutôt à travailler dans la banque : j’ai fait des études en école de commerce. Par le plus grand des hasards, j’ai atterri dans un groupe industriel lié à l’univers de la boucherie. Je m’occupais des appels d’offres, des cahiers des charges, etc. Rien de très sexy. Je ne connaissais pas du tout cet univers, mes parents étant pharmaciens. C’est en discutant avec l’un de nos clients qui m’a parlé d’un tripier à reprendre que la curiosité m’a piqué et que j’ai pris ce chemin. J’ai dû tout apprendre, me former, et je ne le regrette pas car j’exerce un métier passionnant. D’ailleurs, tous mes confrères du même âge sont dans ce cas, ils font ces métiers par passion. C’est convivial, on ne s’ennuie pas comme derrière un bureau. La réussite a été au rendez-vous, j’ai des loges de marché et je fournis une cinquantaine de restaurants à Toulouse.

Vous n’êtes d’ailleurs pas strictement boucher, mais tripier. Quelles sont les différences entre ces deux métiers ?

Il n’y a pas de diplôme spécifique de tripier et la plupart d’entre eux sont plutôt des traiteurs. Nous, tripiers, ne travaillons que les abats, ou, comme on les nomme, même si je n’aime pas trop cette expression, les cinquièmes parties. Nous sommes un peu les derniers des Mohicans d’un très vieux métier dont les origines remontent au XIIe siècle. À l’époque, quand les bêtes étaient abattues, ils ne vendaient que la carcasse, et les viscères étaient récupérées par les ouvriers de l’abattoir. C’est ainsi qu’ils étaient rémunérés. Ils reprenaient toutes les parties intérieures de la bête, y compris, c’est moins connu, les onglets et les hampes. Tout cela relève de la coutume mais n’est pas, à ma connaissance, encadré par la loi. Je n’appartiens d’ailleurs pas à la Confédération des Tripiers de France, je suis indépendant de caractère. Le métier de tripier a de nombreux points communs avec celui des poissonniers car nous travaillons des produits fragiles, sensibles et qui ne se conservent pas longtemps. L’hygiène est essentielle, de même que la fraîcheur des produits. Je suis deux jours par semaine à l’abattoir. [...]

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Guerre en Ukraine : le « doux commerce » n’achète pas la paix

Depuis ses origines, le libéralisme est pensé comme technique de neutralisation des conflits qui vise avant tout à la cohabitation pacifique d’individus n’ayant pas les mêmes opinions – il naît de fait avec la Réforme qui brisa la communauté de pensée d’alors. En politique intérieure, parmi d’autres biais, cette pacification est opérée par la privatisation des éléments polémiques et potentiellement conflictuels. L’espace public se trouve pour ainsi dire purgé de toute charge qualitative, ce que l’on observe en France avec l’extension inouïe du domaine de la laïcité.

Lire aussi : Ukraine : de la question des réfugiés et des migrants

En politique extérieure, cette pacification prend pour véhicule le « doux commerce » dont parlait Montesquieu. Pour faire court, les échanges commerciaux entre les pays favoriseraient la bonne entente politique en plus d’adoucir et de polir « les mœurs barbares », à tel point que le commerce ferait la paix. Par le libre-échange, et bientôt de la division internationale des tâches, il fallait donc que les économies nationales s’interpénètrent jusqu’à devenir interdépendantes tels les arcs d’une croisée d’ogives, au point de rendre la guerre proprement impossible sauf à accepter de détruire son économie.

Le commerce ne fait pas la paix

La guerre en Ukraine fait pourtant se retourner contre nous ce discours. D’abord parce qu’il s’avère tout simplement faux. L’Ukraine et la Russie avaient des relations commerciales très profondes dans les deux sens : pour ne citer qu’un seul chiffre, plus de 30% des exportations ukrainiennes allaient en Russie en 2011, avant l’invasion de la Crimée (chiffre depuis ramené à 5%). De même, au nom de la théorie des avantages comparatifs, l’Europe occidentale s’est mise dans la main de l’Europe de l’est et de la Russie concernant l’agriculture (près d’un quart des exportations mondiales de blé) et l’énergie (43% du gaz et 48% du pétrole importés en Europe vient de Russie). En clair, la France et plus largement l’Europe ont sacrifié en conscience – pensons au renoncement allemand pour le nucléaire – leur indépendance au « doux commerce », sacrifice qui devait théoriquement nous apporter la paix. On voit le résultat. [...]

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Ukraine : de la question des réfugiés et des migrants

Prégnante depuis plusieurs décennies, la question migratoire est une pomme de discorde entre les États membres. L’Allemagne a ainsi constitué l’avant-garde d’un front immigrationniste, Angela Merkel ayant déclaré le 31 août 2015 au plus fort de l’afflux de migrants : « Nous allons y arriver ». La décision fut alors saluée par Yves Pascouau, spécialiste des politiques migratoires à l’Institut Jacques Delors, dans les colonnes de La Croix qui pointait du doigt les « mauvais élèves de l’Europe » : « Quand la Pologne dépose son recours devant la Cour de justice de l’UE, elle refuse la remise en cause de l’« homogénéité ethnique » de son territoire. C’est à ce moment-là qu’on a réalisé que les pays d’Europe centrale et orientale ne connaissaient pas le multiculturalisme. Que leur refus de l’immigration avait été d’autant plus important qu’ils sont des pays d’émigration, qui se vident de leur population ».

La Pologne est d’ailleurs depuis lors dans le collimateur des instances européennes, de la même manière que la Hongrie.…

Hamraoui : grande transversale
Il aurait pu flotter un parfum de Second Empire ou de Belle Époque, une histoire de demi-mondaine qui brise les mariages des ministres en vue, avec ce léger arrière-goût ensanglanté qui dresse seul le frisson du scandale. Mais la demi-mondaine fume la chicha, les ministres en vue sont des défenseurs centraux et le duel au frais matin a été remplacé par l’agression à la barre de fer. C’est ainsi que Keira Hamraoui, joueuse du PSG et de l’Équipe de France, a été blessée aux jambes le 4 novembre au soir, alors qu’elle était en voiture avec Aminata Diallo, une de ses coéquipières du club de la capitale. (...)
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Sables d’Olonne : la statue de saint Michel sera-t-elle déboulonnée ?
L’anticléricalisme existe toujours, même si le cléricalisme est mort. C’est le constat qu’on peut faire en regardant de plus près l’affaire qui se déroule actuellement aux Sables d’Olonneoù la laïcité, en croyant s’opposer à la religion, s’oppose en fait à la tradition. Depuis 1935, une statue de saint Michel était installée dans l’enceinte d’une école privée de la ville. Seulement voilà, depuis 2017, l’école a été fermée, puis détruite et la statue a été déplacée sur le parvis de l’église… Saint-Michel. Logique, non ? Pas tant que ça pour l’association « Libre pensée en Vendée » qui a saisi le tribunal de Nantes pour la faire retirer en vertu de la loi de 1905. L’instance judiciaire a donné raison le 16 décembre à l’association, et le maire a fait appel. [...]
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Éloge de la viande

Comme le politologue Jérôme Fourquet (La France sous nos yeux, Seuil) l’a souligné, l’évolution de notre rapport à la viande illustre, avec d’autres marqueurs, la sortie en cours de la matrice anthropologique catholique. Elle se conjugue avec une montée de l’animalisme et une sortie de la ruralité, elle-même étudiée par Patrick Buisson dans La Fin d’un monde. C’est toujours avec émotion que je me replonge dans un magnifique reportage photographique paru jadis dans l’excellente revue bretonne ArMen sur l’égorgement des porcs fermiers.

 Au-delà de l’évolution des mentalités françaises, on soulignera que le rapport étroit de notre humanité à la viande n’est pas un réflexe identitaire mais bien une donnée universelle. Je citerai ici pour preuve les exemples de préparations donnés dans L’Art de la braise en plein air (L’Épure, 2016), ouvrage qui ne se limite pas d’ailleurs à la seule viande. Lisez donc cette savoureuse petite exploration mondiale menée par le « Brillat-Savarin belge » que fut Raymond Buren (1932-2009), magistrat colonial au Congo et éternel amoureux du cochon. [...]

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