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Cyril Gane vs Francis Ngannou : Frères ennemis

Le Français avait obtenu le statut de premier en ligne pour affronter le champion en battant Derek Lewis en août dernier, empochant par la même occasion la ceinture intérimaire des poids-lourds. Ce titre, qui pour résumer grossièrement récompense le deuxième homme d’une catégorie de poids, était le premier qu’un Français ait détenu à l’UFC depuis sa création en 1993. 28 ans sans aucune ceinture ! On peut mesurer à cette aune l’espoir qui accompagnait le natif de La-Roche-Yon dans son ascension vers le titre suprême. Surtout que Gane semblait réellement en mesure de battre Francis Ngannou. Il était même donné légèrement favori par les pronostiqueurs de Vegas. Avant Lewis, il avait écarté un par un les autres cadors de la catégorie, le Russe Alexander Volkov en juin 2021, le Surinamien Jair Rozenstruik en février et le Brésilien Junior Dos Santos en décembre précédent.

Après avoir beaucoup pratiqué le football et le basket, Gane passe sur la proposition d’un ami les portes d’une salle de sport de combat pour la première fois à 24 ans.

Des noms peut-être inconnus du profane mais qui représentent l’élite mondiale. Ce parcours de Gane a été particulièrement fulgurant, puisque, avant le combat contre Ngannou, il avait obtenu dix victoires en autant de combats à l’UFC, et ce seulement depuis 2019, après une entrée très tardive dans l’univers des arts martiaux. Après avoir beaucoup pratiqué le football et le basket, Gane passe sur la proposition d’un ami les portes d’une salle de sport de combat pour la première fois à 24 ans. C’est un club de boxe thaïlandaise, le Puteaux Scorp Thai, dans les Hauts-de-Seine. Nous sommes en 2014. Dès 2016, le Français combat pour la première fois en professionnel en boxe thaï et remporte la victoire par K.O. En trois ans dans la discipline, il gagne deux titres de champions de France et bat le numéro un mondial des poids-lourds, le belge Yassine Boughanem.

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Génération Zexe

Au plus fort de sa popularité, Only Fans pouvait revendiquer la présence de 25 millions d’internautes à travers le monde et de 350 000 créateurs à suivre. Les premiers confinements provoqués par la pandémie de Covid ont aussi entraîné un bond de 75 % des inscriptions sur la plateforme. Tristement symbolique de la marchandisation du désir, Only Fans est exemplaire d’une génération extrêmement narcissique, dont les réseaux sociaux sont devenus des vitrines numériques façon Quartier rouge. Michel Houellebecq ne se trompait pas en annonçant dans Extension du domaine de la lutte, à la suite de Michel Clouscard, que le libéralisme avait finalement étendu la lutte des classes au domaine de la sexualité. 

Nous le constatons quotidiennement dans une société où l’exhibition est désormais la norme. Il faut se montrer pour démontrer, se jauger à l’aune des autres monstres de narcissisme qu’a engendrés le monde post-68 et qui trouve son aboutissement à l’ère numérique avec la Génération Z. Les phénomènes morbides et crépusculaires se multiplient donc : transactivisme, banalisation de la prostitution, gains rapides d’argent grâce aux « nudes », « moneyslaves », ad- dictions destructrices à la pornographie. Comment développer une sexualité saine dans pareil contexte délétère? Comment avoir une vie d’adulte épanouissante ? [...]

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Le progrès, pour quoi faire ?

Il est une illusion sordide qui peuple les certitudes patriotes contemporaines. C’est de croire notre Nation menacée de mort par des bourreaux aussi ridicules que les délinquants islamisés et les militants intersectionnels. Cette croyance, en dépit de sa bonne foi, est d’un mépris proprement incroyable. Qu’une civilisation qui baptisa les fronts de Bayard, Bossuet, et Péguy périsse du seul bras d’un djihadiste anodin, ou pire encore, de celui déprotéiné d’un vegan hargneux, cela n’est défendable par aucun esprit sincère. Il convient de laisser à leur insignifiance ces écrans de fumée si prompts à masquer ce qui semble être la véritable détresse de l’Homme de ce temps : l’idée même de progrès.

Le progrès qu’il convient de dénoncer n’est pas, ou si peu le progressisme. Le progressisme est le plus jeune bourgeon de l’arbre Progrès, et arracher même la branche qui le porte conservera intactes les racines de son Mal. Car avant les intersectionnels, avant les déconstructeurs, et, pour les moins actuels d’entre nous, avant même la République, il est cette idée de progrès qui a germé dans l’esprit humain, qui a cru exponentiellement en lui, qui a fini par quasiment le posséder et le transformer entièrement. De telle sorte que l’Homme d’aujourd’hui diffère probablement infiniment plus de l’Homme du début du XVIIIè siècle, que ce dernier ne diffère de l’Homme mérovingien. [...]

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L’IncoDico – Le mot du mois : NFT
« Non fungible token ». Rien à voir avec le règne des fungi, ou des mycètes, encore que les NFT poussent de la même manière que les champignons. Ils sont de saison, valeur spéculative par essence d’un monde qui opère sa grande mutation vers le virtuel, et non pas seulement le « numérique ». Les jetons non fongibles sont des actifs numériques émis par une blockchain, créés sur la plateforme de contrats intelligents Ethereum. Leur nature non fongible en fait une valeur très différente de celle que représentent les bitcoins, qui sont des unités de monnaie égales et identiques entre elles. [...]
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Axelle Girard : « Il n’y a pas de scolarisation unique pour toutes les situations de handicap »

D’après votre expérience avec les familles, quelle est la réalité des enfants handicapés à l’« école de la République » ? 

Il faut d’abord récuser l’expression d’« école de la République », souvent reprise dans une acception qui exclut les écoles privées et les rejette hors de la République. Les écoles privées sous contrat, dites écoles libres, comme les écoles privées hors contrat, ou écoles indépendantes, font tout autant partie de la République que les écoles publiques. N’acceptons pas ce vocabulaire qui mène tout droit aux discriminations.

S’agissant des enfants handicapés, l’actuel président de la République a promis beaucoup, et ce n’est pas le premier à faire du handicap l’une de ses priorités. Dans les faits, des dizaines de milliers d’enfants restent sur le bord de la route sans être scolarisés véritablement. Soit ces enfants restent à la maison, soit ils se retrouvent dans des structures médico-sociales dont le souci premier n’est évidemment pas de développer leurs compétences intellectuelles. Il n’y a pas de solution unique de scolarisation pour toutes les situations de handicap. En conséquence, il n’est pas raisonnable de prétendre intégrer tous les enfants quoi qu’il en coûte dans des classes ordinaires, même avec un accompagnant. Symétriquement, on ne peut pas décréter que tous les enfants handicapés devraient être pris en charge dans des structures spécialisées. C’est pourquoi un projet personnalisé de scolarisation (PPS) est rédigé pour chaque enfant, afin d’évaluer et de personnaliser la prise en charge adéquate.

Les enseignants sont très majoritairement favorables à l’objectif d’inclusion, mais se disent eux-mêmes assez peu formés, en tout cas à l’école publique

En pratique, les familles cherchent l’établissement le plus à même d’accueillir leur enfant, de lui transmettre un maximum de connaissances, de l’accompagner pour les gestes quotidiens, bref quantité de choses dont on n’a pas forcément idée quand on n’élève pas soi-même un enfant handicapé. En fait, de nombreuses familles trouvent une solution dans les écoles indépendantes quand elles n’en trouvent pas dans l’école publique ou dans des structures médico-sociales publiques. Les écoles indépendantes sont souvent des établissements à taille humaine, mieux adaptés à la prise en charge d’enfants différents. Certains, à rebours des clichés, accueillent uniquement des enfants handicapés ou ayant des troubles de l’apprentissage caractérisés. Et si elles le font, c’est souvent, mais pas toujours, parce que leur inspiration chrétienne leur commande de mieux accueillir la diversité que ne le font les établissements publics. Je me rappellerai toujours cette maman qui, lors du débat que j’avais organisé en 2019 entre Anne Coffinier et Philippe Meirieu, avait dit que les écoles hors contrat étaient précisément les seules qui étaient à même d’offrir une école à sa fille, par opposition à l’école publique… Et Meirieu d’acquiescer !

Les enseignants sont-ils formés à l’accueil et à la compréhension du handicap ? 

Les enseignants sont très majoritairement favorables à l’objectif d’inclusion, mais se disent eux-mêmes assez peu formés, en tout cas à l’école publique. En 2005 déjà, l’UNESCO prônait davantage de formation des enseignants pour garantir l’inclusion scolaire des enfants handicapés. Pas sûre qu’on en ait tiré toutes les leçons, d’autant que les enseignants peuvent être tentés de se reposer sur les aidants à l’inclusion (AVS/AESH). Pour tenter de pallier ces lacunes, nous proposons à l’association Créer son école, et en partenariat avec l’école WALT (spécialisée dans l’accueil d’enfants atypiques), des formations pour les enseignants. [...]

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Les jeunes zemmouriens : Génération Zombie ?
« J’ai appris à penser grâce à lui, à lire grâce à lui, c’est lui qui a fait ma culture sur l’histoire de France » nous dit une « influenceuse » à la mode sur les réseaux : d’accord, mais tu as lu quoi par exemple ? « Oh ben, pas grand-chose, mais je connais les citations par cœur, j’ai vu toutes ses vidéos sur YouTube. » Modèle décuplé à l’infini, si vous côtoyez des jeunes férus du « Z », vous rencontrez des clones interchangeables, jusqu’à la nausée. Voilà le constat affligeant lorsque nous prenons le temps de creuser le profil de ces jeunes qui, par milliers, par dizaines de milliers à travers toute la France, s’apprêtent à voter Zemmour comme on poste une « story » sur Instagram. GZ, c’est le parisianisme dans ce qu’il a de plus insupportable lorsqu’il s’exporte en province, c’est croire faire partie d’un groupe supérieur, d’une bande de jeunes qui parlent beaucoup trop mais qui écoutent trop peu. Untel a écrit des livres ? Il a 40 ans de militantisme derrière lui ? « C’est un looser, nous on va renverser la table, regarde comment Stanislas Rigault a remballé Corbière, il l’a démonté alors qu’il n’a que 22 ans. L’avenir c’est nous ! » Camille, 23 ans, laisse peu parler son petit copain, mais y croit très fort. [...]
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Saint Wencelas Ier, duc de Bohème

Le petit Wenceslas naît en 907 à Stochov. Pas comme n’importe quel enfant cependant : son père, Vratislav (oui, il va falloir s’accrocher pour les prénoms) est duc de Bohème. Sa mère se prénomme Dragomira, et voue une haine sans cordialité à tout ce qui est chrétien. Insupportée par son premier fils Wenceslas, qui ne s’agenouille que devant la croix chrétienne, elle l’envoie promener chez mamie Ludmilla et se consacre à l’éducation du petit frère, Boleslav, beaucoup plus enclin aux volontés de sa mère. Wenceslas est ravi : gâtouillé chez mémé Ludmilla, très chrétienne, il peut prier, pratiquer les vertus, étudier la politique et les textes saints. Papa Vratislav meurt glorieusement sur le champ de bataille, alors Wenceslas, héritier, n’a que 15 ans.

Maman Dragomira prend le relai du pouvoir et rappelle Wenceslas : après tout, elle est seulement régente et doit faire comme si elle n’usurpait pas du tout le trône. S’ensuivent des persécutions de chrétiens à la chaîne. On crame des croix, on assassine des prêtres, on se croirait dans la France de 2022. Wenceslas lui-même assiste à la messe en scred.

Lire aussi : Partout, les saints : Sainte Madeleine de Nagasaki

Dragomira embauche du Viking sous houblon pour aller trucider mamie Ludmilla, réglant définitivement la question des gestes barrières au prochain repas de famille. Par chance, Wenceslas survit. Il reprend le pouvoir à sa tarée de mère en 924. Au lieu de la faire égorger, il la remise quelques années au cachot, pour bien la faire réfléchir sur les conséquences de ses actes. [...]

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Monnaie impressionniste : entretien avec Pierre de Lauzun

Pourquoi a-t-on fait tourner massivement la planche à billets depuis la crise financière de 2008 et la crise des dettes souveraines de 2010 ?

Réagir à une crise comme en 2008 et en 2010 est une chose, poursuivre cette politique indéfiniment comme on l’a fait depuis en est une autre. Dans le premier cas on calme la panique sur les marchés, et on s’arrête aussitôt le calme rétabli. Dans le deuxième, c’est une politique structurelle. Elle est sans précédent historique. On la justifie en disant qu’il s’agit d’éviter la déflation, considérée comme un mal sans remède. Il y a du vrai là-dedans ; en effet avec la déflation (baisse durable des prix), la monnaie s’apprécie avec le temps : c’est une incitation à tous pour thésauriser et ne pas dépenser, puisque l’argent liquide s’apprécie tout seul.

Dans tous les exemples historiques de création monétaire massive par la banque centrale, il y a eu inflation et souvent hyperinflation

De plus les banques centrales sont alors impuissantes, car elles agissent en jouant sur les taux d’intérêts : or en déflation ils tombent à zéro et y restent, et elles ne peuvent rien y faire sauf à ponctionner les comptes des gens, ce qui est politiquement impraticable. En outre, à côté de la lutte contre la déflation cette politique permet de lisser les récessions et par là aide les gouvernements en place. Curieusement, ces banques centrales supposées indépendantes se révèlent bien commodes pour les États. Ce qui est à rapprocher du fait que depuis 1973 les monnaies sont purement conventionnelles, sans lien avec l’or ou quoi que ce soit. Pendant tout un temps, les banques centrales ont été rigidement attachées à la lutte contre l’inflation. Mais du fait des crises, elles ont maintenant pris goût à des politiques beaucoup plus populaires… alors même que nous ne sommes pas en déflation. [...]

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