
Société


« Bonne année, et surtout, surtout, bonne santé ! » ; « bonne année, et surtout que 2022 nous débarrasse de ce virus » ; « une très bonne année 2022, sans Covid »; « une bonne année vaccinée ! » ; « une bonne année protégée du Covid pour toi et ta petite famille » ; etc. Cette nouvelle année s’est ouverte sous un angle pour le moins inhabituel. Disons-le clairement : je n’ai reçu, en réalité, que des vœux pharmaceutiques ! Certains sont même allés jusqu’à souhaiter que toute la terre se vaccine pour qu’on remporte « la plus grande victoire scientifique de tous les temps ». D’autres, qu’on « laisse crever les non-vaccinés et qu’on n’en parle plus! », comme si le fait de les emmerder, de les discriminer, de proposer de les confiner eux-seuls, de leur supprimer les allocations chômage, de leur faire payer leurs soins, ne suffisait pas.
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Pris entre des vœux qui sentaient le formol et les délires sanitaires de quelques-uns, je dois avouer que 2022 s’est présentée à moi sous des auspices inquiétants… Mais rien ne m’a plus troublé que l’entêtement du gouvernement, que la compromission du Parlement, que la bassesse du Conseil d’État, que l’ignominie du Conseil constitutionnel, vis-à-vis d’une politique sanitaire que de plus en plus d’infectiologues critiquent publiquement. Rien ne m’a plus interpellé que de voir lesdits « partis de gouvernement » – tous modérés: sociaux-démocrates, sociaux-libéraux, gaullistes sociaux, bref, tous ceux qui ont fait de la liberté et de l’égalité le fer de lance de leur politique – sombrer dans l’autoritarisme le plus crasse, alors qu’à l’inverse, les partis que l’on qualifie d’« extrêmes » se sont dressés en faveur de la sauvegarde des libertés: liberté de conscience (et donc de choix), liberté d’expression, liberté de prescrire pour les médecins, libertés fondamentales pour les citoyens, ce qui inclut, bien évidemment, l’égalité devant la loi. [...]

En 2006, W. Benn Michaels, professeur à l'université de Chicago, publiait La diversité contre l'égalité, ouvrage dans lequel il avançait que l'injonction diversitaire était apparue lorsque les inégalités économiques s'accrurent à la fin des années 1970, démontrant que « l'inclusivité » n'est qu'une ruse rhétorique de la bourgeoisie progressiste pour éviter de corriger les écarts excessifs de revenus dont elle jouit. Celle-ci met ainsi en avant d'autres disparités, factices ou secondaires, dont l'abolition ne menace en rien son rang, comme l'écrit l’essayiste : « La diversité n'est pas un moyen d'instaurer l'égalité ; c'est une méthode de gestion de l'inégalité ».
De même, la discrimination positive ethnique dans les grandes universités n'est selon lui qu'un « pot-de-vin collectif que les riches se versent à eux-mêmes, afin de se permettre de continuer à ignorer l'inégalité économique », pourtant plus critique dans la réussite scolaire. Au sujet de l'écart supposé de revenus entre les sexes, il ajoute : « Redistribuer les richesses est une chose ; s'assurer que les femmes de l'upper middle class touchent le même salaire que les hommes de l'upper middle class en est une autre. »
L'ouvrage permet de saisir les prémices du wokisme, qu'il faut donc comprendre comme la rigidification totalitaire et religieuse du phénomène dénoncé dès 2006. Ce durcissement woke survint d'ailleurs peu après la crise des subprimes, où apparurent des mouvements contestataires comme « We Are The 99% », dont le nom révèle l’intérêt qu'a la bourgeoisie de s'appuyer sur les minorités identitaires pour balayer la majorité, étant elle-même une minorité économique. [...]

On peut retourner le problème dans tous les sens, inventer des solutions magiques, les fameux traitements pas chers et qui marchent – mais qui peinent, pour le dire d’un euphémisme, à démontrer leur efficacité – la menace immédiate qu’a représenté le Covid fut celle qu’il fit peser sur le système hospitalier. Autrement dit, on n’a pas claquemuré le pays pour sauver les obèses et les vieux, on n’a pas sacrifié une fois encore l’intérêt général à celui des boomers, on a voulu éviter que l’hôpital explose et ce faisant que tout le monde, et pas seulement les vieux, les gros et les boomers, se retrouve dans une situation compliquée.
Du reste, si la question de l’état du système hospitalier peut se poser, à présent que nous maîtrisons à peu près l’épidémie grâce à la vaccination, elle ne fut qu’une faiblesse anecdotique face au raz-de-marée que représentaient les déferlantes des première, deuxième et troisième vagues qu’aucun système hospitalier au monde n’a su encaisser sans broncher, sauf à faire déjà une sélection, un tri des malades, le départ entre ceux qui ont les moyens de se payer des soins et les autres en « temps de paix », et encore. [...]

Il est naturel que l’histoire et la géographie soient deux disciplines couplées. De cette fusion découle la géopolitique : l’étude des effets et des contraintes de la géographie sur la politique et sur les relations internationales. Le Choc des civilisations de Samuel Huntington en est l’une des démonstrations les plus limpides.
Observer les cartes, c’est voir d’en haut la réalité physique des nations, les structures géographiques ne pouvant être contestées sauf par quelques illuminés platistes. Montagnes, fleuves, océans, frontières naturelles ne peuvent être sujets à contestations, tandis que l’analyse des effets et frictions qu’ils produisent peut être soumise à bien des interprétations. [...]

Le 20 novembre, le XV de France remportait une victoire resplendissante de panache et de talent sur la meilleure nation du rugby mondial, la Nouvelle-Zélande. Une victoire historique par son écart au score, le plus grand face aux Blacks, qui confirme la renaissance d’une équipe sinistrée. Retour sur une décennie noire. Lors du tournoi des Six Nations 2013, la France perd ses trois premières rencontres, puis arrache un nul et une victoire miraculeuse contre l’Irlande puis l’Écosse. Elle finit bonne dernière de la compétition, une première depuis que l’Italie y a été intégrée en 2000. Au mondial 2015, les Bleus sortent par la plus petite des portes, balayés 62 à 13 par les Néo-Zélandais, leur plus large défaite en Coupe du Monde.
Successeur de Saint-André suite à ce désastre, l’ancien coach du Stade Toulousain Guy Novès est purement et simplement limogé en décembre 2017 par le président de la fédération Bernard Laporte à cause de la nullité de ses résultats, du jamais vu. À plusieurs reprises, l’équipe atteint la dixième place du classement mondial, la pire depuis qu’il a été créé en 2003. En 2019, à l’issue d’un tournoi des Six nations où elle finit à la quatrième place, tenant à peine son rang face à l’Italie et l’Écosse, Le Monde peut titrer que le XV tricolore est une équipe de seconde zone. Il n’y a personne pour contester. La France s’est stabilisée au rang de première des équipes médiocres, loin derrière les trios du Sud All Blacks-Wallabies Springboks et du Nord Angleterre-Pays de Galles-Irlande, qui jouent le rugby qui compte et se disputent la suprématie mondiale. Sa philosophie de jeu fluctue autant que son groupe de titulaires, ce qui traduit des carences aussi bien au niveau des sélectionneurs que des joueurs. [...]

Au fil des années, la communauté LGBT+ devient de plus en plus visible et revendicative. Le sport n’y a pas échappé, au point qu’un phénomène ne cesse de susciter la polémique : l’inclusion des transsexuels dans les compétitions féminines.
Lia Thomas, nageur transsexuel de 22 ans, est le dernier en date à avoir fait beaucoup de bruit en surclassant ses concurrentes de 38 secondes sur le 1500 mètres. Ce nouveau record pulvérisé dans la catégorie féminine pose la question de la légitimité des transsexuels dans le sport féminin.
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Une affaire de testostérone
Car cette inclusion de sportifs au physique d’homme dans les compétitions féminines pose la question du dimorphisme sexuel. Le dimorphisme désigne l’ensemble des différences entre mâle et femelle d’une même espèce. Dans le cadre du sport, celles-ci ont évidemment un poids prépondérant. En effet, les hommes produisent beaucoup plus de testostérones : en moyenne, la concentration sanguine de testostérone est de 8,2–34,6 nmol/L pour un homme, contre 0,3–3,0 nmol/L pour une femme. Cette différence a évidemment de grandes conséquences, puisque la testostérone est le principal facteur des transformations physique qui accentuent encore les différences entre hommes et femmes à la puberté. [...]

Essayons de tenir ensemble deux positions, qui sembleront contradictoires au distrait ou au fanatique : les non-vaccinés ont posé un problème au reste du peuple français, au moins jusqu’au variant omicron ; le passe vaccinal est une piètre résolution de ce problème.
Commençons par le second. Que ce gouvernement et le président de la République soient des menteurs et des manipulateurs ne fait plus de doute pour personne depuis longtemps. Après avoir débandé au début de la crise du virus, au printemps 2020, mal géré les hôpitaux, les masques, les tests et le confinement, Emmanuel Macron et ses ministres ont tenté, vaille que vaille, de faire croire que puisque ces mystères demeuraient ils en étaient les organisateurs. Au premier déconfinement, ils ont bêtement cru et persuadé leur population que le cauchemar était achevé, que les jours heureux étaient de retour. M. Castex, que nul ne connaît plus aujourd’hui qu’alors, devenait Premier ministre pour ce seul fait d’armes, qui n’en était pas un.
En juillet 2020, le grand virologue Macron tenait pour certain qu’il n’y aurait pas de vaccin tantôt, et qu’il ne fallait donc pas décider de stratégie adaptée. Rattrapé par la science et les colossaux moyens des laboratoires, la France emboîte à l’automne et tardivement le pas à des pays comme Israël ou la Grande-Bretagne, même si en décembre 2020, Emmanuel Macron peut déclarer encore : « Je ne crois pas à la vaccination obligatoire pour ce vaccin ». On connaît la suite.
Les non-vaccinés ont posé un problème au reste du peuple français, au moins jusqu’au variant omicron ; le passe vaccinal est une piètre résolution de ce problème
Le 12 juillet dernier, prenant tout le monde de court, le même président invente un passe sanitaire qu’au printemps précédent il avait juré ses grands dieux ne jamais imposer : « La vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner ». Et ceci alors que le Conseil d’État (dont l’avis n’est que consultatif) avait formellement déconseillé l’emploi de ce passe pour inciter à la vaccination. Le 26 août, le ministre de la Santé donnait sa parole que la dose de rappel ne conditionnerait pas le passe sanitaire. On sait ce qu’il en est désormais. Et encore, avec le passe sanitaire, l’usage de tests réguliers plutôt que du vaccin conférait-il un semblant de choix aux Français réfractaires. [...]
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