C’est l’histoire d’un homme qui pique une bagnole à Marseille, insulte le spectateur face caméra, bute un flic et retrouve à Paris une jeune Américaine rencontrée à Nice quelques jours plus tôt. Il veut l’emmener à Rome, elle hésite. Elle le repousse, il insiste. Ils couchent ensemble, se séparent et se retrouvent. Il cherche à récupérer de l’argent qu’on lui doit pendant qu’elle prépare l’interview de l’écrivain Jean Parvulesco joué par Jean-Pierre Melville. La police a retrouvé sa trace, il lui échappe mais par pour longtemps.
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Des faux raccords partout, des notes de jazz, un plan séquence hallucinant dans un appartement rue Campagne-Première et une trame de polar qui se termine en drame amoureux, Jean-Luc Godard explose les conventions et invente une grammaire. Ses personnages dissertent sur l’amour et la vie au pied de Renoir en citant Faulkner, Godard tronçonne sa pellicule pour éliminer tout ce qui ne l’intéresse plus, Belmondo se prend pour Bogart et Seberg nous donne envie d’apprendre l’anglais. C’est faussement cool, furieusement rythmé, anarchique et narcissique mais d’une vitalité exceptionnelle même soixante ans après. Un chef-d’oeuvre.
À bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard, avec Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo, Daniel Boulanger, Carlotta Film, en DVD partir du 1er avril (1h30)





