Paul-François Paoli n’est pas connu pour sa haine de la France, c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant dans ce dernier ouvrage, accusant notre grande patrie d’avoir perdu de sa superbe, il lui oppose son petit pays, la Corse, qu’il pare d’atours à notre sens indus, comme l’identité triomphante, la foi catholique et la résistance à l’envahisseur. (Précisons-le, parce que le local est susceptible comme chacun sait depuis Astérix, et partant dénie aisément à quiconque le droit de parler de lui : l’auteur de cette critique est lui-même pour partie corse). Les Corses sont des Français en plus petit, c’est certainement la leçon véritable de ce livre.
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Les Corses sont des êtres dont la patrie est d’abord le clan, et dont la tension vers l’universel, bien réelle – en témoignent leurs aventures dans les colonies ou dans la police et autres administrations – aura toujours eu besoin de grands voisins pour s’exprimer : Rome, puis la papauté, un peu l’ignoble république de Gênes, mais surtout et évidemment la France. Des insulaires donc – car la Corse est une île et je devrais m’arrêter là – dont l’énergie et l’indéniable inventivité ont eu besoin, comme cent autres peuples, arméniens, bretons, du concours d’une vraie nation, qui les aura conduits au-delà de l’adolescence civilisationnelle. Il y a donc mauvaise grâce à reprocher aujourd’hui à la vraie patrie, la France, de défaillir et la conspuer quand il faudrait au contraire devenir ce bâton de sa vieillesse et participer à sa reconstruction. Car le Corse est tout avec la France, et rien sans elle.

L’Observatoire, 162 p., 15 €





