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À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT

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© L'Incorrect

Un intrigant aux côtés de George W. Bush, la solidarité et le foutoir dans une famille d’hommes, ou un voyage esthétique et désespéré au Sénégal… Que faut-il voir ou fuir cette semaine ?

 

Vice

D’Adam McKay avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell

Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney ( Christian Bale en mode Actor Studio) a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui…

 

 

Adam McKay reprend la même recette que dans son précédent film, The Big Short (2015), un patchwork d’images d’archives, de voix off, d’ellipses et d’analogies en tout genre mais gagne en efficacité, un personnage étant plus simple à suivre qu’une crise des subprimes. Si Vice assume son arrogance et offre quelques moments de bravoure, il souffre sérieusement du syndrome Michael Moore, celui de croire que la multiplicité d’uppercuts et l’avalanche de détails documentés – revendiquée en générique par un « Putain, on a bossé » – finiront par convaincre son auditoire. Sa structure narrative séduisante au démarrage finit par lasser et son refus de dramaturgie par crainte d’humaniser sa cible finit par agacer. Beaucoup de technique mais peu de cinéma, Adam McKay tire à côté.

Arthur de Watrigant

 

 Lire aussi : L’édito de Romaric Sangars : L’essence de l’humour

 

Deux Fils

De Félix Moati avec Vincent Lacoste, Benoît Poelvoorde, Mathieu Capella

Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille très soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien hors norme en pleine crise mystique, est en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer.

 

Pour son premier long métrage, le jeune acteur Félix Moati entreprend de filmer l’intime d’une famille d’hommes entre drame et comédie. Si Deux Fils souffre d’une structure narrative quelque peu brouillonne, il séduit par sa délicatesse et touche par tendresse. Avec ses trois hommes en quête de réconciliation mais incapable de fendre l’armure, Moati réussit par des scènes qui lorgnent chez Woody Allen à esquisser la fragilité des liens familiaux et leurs nécessités. Porté par un trio d’acteurs tout en sobriétés et servis par des personnages finement croqués, Deux Fils, à défaut de surprendre, touche par son ton singulier.

Arthur de Watrigant

 

Lire aussi : Antoine Raimbault : filmer la justice française

 

Un Ange

De Koen Mortier  avec Vincent Rottiers, Fatou N’Diaye, Paul Bartel

Film belge réalisé par Koen Mortier, Un Ange s’inspire de la vie du cycliste Frank Vandenbroucke (Thierry), mort lors d’un séjour au Sénégal. Le scénario est centré sur ce voyage, durant lequel Thierry (Vincent Rottiers), tombe follement amoureux d’une prostituée nommée Fae.

 

 

Pour nous faire pénétrer dans son univers, le réalisateur utilise nombre de procédés rendant son film très esthétique : les couleurs sont chiadées, le grain de l’image semble accentuer l’authenticité africaine et la géométrie des plans comme les jeux de lumière sont très habilement employés. Koen Mortier recrée ainsi une atmosphère à la fois angoissante et séduisante où se mêlent rêve et réalité, passé, présent, futur, au gré des hallucinations de Thierry sous l’influence de psychotropes.

 

Si tout cela flatte l’œil, l’esprit n’en est pas moins lassé par la banalité du scénario. Il s’en dégage une sensation de remplissage vain qu’alourdissent encore certaines scènes dont l’utilité et la crédibilité demeurent douteuses. Les péripéties amoureuses et leurs enjeux finissent même par sembler complètement improbables. Un cadavre sous le rimmel.

Victor Tarot

 

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