À voir ou à fuir, c’est la semaine cinéma de L’incorrect

Un Romain Duris plaqué ou une guerre de rue fratricide…Que faut-il voir ou fuir au cinéma cette semaine?

 

Nos Batailles

De Guillaume Senez

Avec Romain Duris, Laure Calamy, Laetitia Dosch

Olivier, chef d’équipe, se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain, quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

 

 

Il y a des gestes et des regards qui ne trompent pas, ceux qui expriment des blessures qui ne se referment pas et l’affrontement à venir de nouvelles batailles. Si Nos Batailles s’ancre dans une réalité dure (la précarité, les licenciements, la séparation), le deuxième film de Guillaume Senez échappe à tout misérabilisme. Sans édulcorer le quotidien de ceux qui ne sont rien, le réalisateur belge refuse de l’idéologiser – réflexe pavlovien du film social français –, préférant l’émotion au discours et la liberté du spectateur à son embrigadement. Se gardant de figer ses personnages dans des postures où leurs actes ne répondraient qu’à une logique de récit, Senez offre un regard d’une justesse bienveillante où chaque détail dévoile avec délicatesse un peu mieux la complexité des âmes.

 

 

FRÈRES ENNEMIS

De David Oelhoffen

Avec Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Sabrina Ouazani

Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, la faille s’aggrave et Manuel se retrouve en danger.

 

 

Si une telle trame a déjà été exploitée cent fois dans le polar français, le réalisateur de Loin des hommes ouvre une piste originale avec cette confrontation de deux frères déracinés, l’un fantasmant une communauté à laquelle il n’appartient pas et l’autre s’en étant précisément arraché. Malheureusement, le réalisateur français peine à développer cette belle idée de départ, préférant esquiver les confrontations pour mener une narration parallèle qui se révèle bien trop convenue. Reste un polar soigné et rythmé, porté par deux solides acteurs (Matthias Schoenaerts et Reda Kateb se montrent d’une grande intensité). Frustrant.

 

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adewatrigant@lincorrect.org

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