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Affaire PSG – Basaksehir : quand la gauche choisit ses victimes

Le monde du football est secoué par une énième affaire de racisme, véritable gangrène des stades. Du moins, c'est ce que tente de nous faire croire la gauche politique et médiatique, passée reine dans l'art de l'indignation sélective. L'agent de clubs Jérémy Bouhy décrypte la séquence pour L'Incorrect.

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© Capture d'écran RMC Sport

D’abord une dépêche. « Un gilet jaune agresse des policiers sur un pont, il frappe l’un d’eux à plusieurs reprises au visage. » Puis, très vite, les images tournent en boucle sur toutes les chaînes d’info. On y voit un homme coiffé d’un bonnet noir, garde haute, distribuant des enchaînements droite gauche à un cordon de CRS qui recule. Les plateaux télés sont en éruption, politologues et criminologues se succèdent et hurlent à la mort, on annonce que toutes les polices parisiennes sont à la recherche de ce Lee Harvey Oswald, rapidement surnommé « le boxeur des gilets jaunes ».

Identifié dans la soirée, Christophe Dettinger a fait oublier Mohammed Merah et les frères Kouachi, il est devenu la personnalité détestée des Français, et même nous, les mauvais garçons de droite, réclamions sa pendaison sur la place de la Concorde pour avoir martyrisé l’uniforme dont le drapeau bleu blanc rouge est cousu sur la poitrine, juste au-dessus du cœur. Puis, au petit matin, un frémissement. Une vidéo Twitter montrant la scène dans son ensemble sema le doute. À midi, alors que d’autres vidéos étaient arrivées, la vérité était rétablie. Dettinger avait été gazé et matraqué, s’était défendu, et avait défendu les autres.

Lire aussi : Jérémy Bouhy : Monsieur l’agent

Je vois dans cette navrante histoire un parallèle frappant avec la polémique née du match PSG - Basaksehir mardi soir. D’abord les incantations et gémissements de tous les chroniqueurs RMC en direct ; puis les chaînes d’infos qui s’emparent de l’affaire, les réactions horrifiées des responsables politiques, le journal L’Équipe qui remplit 4 pages de titres dégoulinants d’indignation le lendemain matin. Puis, à peine 24 heures après... Twitter. On découvre qu’à la deuxième minute du match, l’entraîneur adjoint de Basaksehir insulte l’arbitre (roumain également), le traitant de « gitan ». Une fois, deux fois, trois fois. Au bout d’un quart d’heure, alors que l’arbitre demande à son assistant « qui m’insulte ? », celui-ci lui répond « le noir », dans leur langue. « Negru ».

Au moment où j’écris ces lignes, je précise qu’au lendemain des révélations par les réseaux sociaux de ces nouveaux éléments, aucun média mainstream n’y a pour l’instant fait allusion. Plusieurs remarques. Comme l’explique Gilles-William Goldnadel dans Névroses Médiatiques, le monde est devenu une foule déchaînée, qui juge dans l’instant, sans aucune connaissance des faits ni le moindre recul. Le procès Daval le mois dernier nous l’a confirmé, 65 millions de Français avaient leur avis quant au déroulé du drame et à son origine, bien avant que l’affaire ne soit jugée par les assises de Haute-Saône.

Il fallait donc la conjonction de ces deux facteurs – que « gitan » soit prononcé par un noir et « le noir » par un blanc – pour que la machine s’emballe et que les idiots utiles du système médiatique récitent par cœur la partition écrite par d’autres

Dans L’empire du politiquement correct, Mathieu Bock-Coté dresse le constat selon lequel c’est aujourd’hui la gauche qui tient les rênes du débat public, dont elle fixe le cadre, dicte les règles, et établit ce qui doit générer ou non l’indignation. Par « gauche », entendons le courant progressiste et décolonial (féminisme, antiracisme, etc) qui balaye le monde occidental et dont les groupes de presse sont les petits soldats zélés, non par conviction idéologique mais par peur des représailles, notamment la perte de partenaires commerciaux. Dès lors, chaque fait d’actualité générera ou non un torrent de réactions indignées, mais le déclencheur ne sera plus ce qui a été dit, mais « à qui » et « par qui ».

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