Le 1er avril dernier, les correspondants de Libération et du Monde Sophie Douce et Agnès Faivre ont été expulsés manu militari du territoire burkinabé. À l’origine de la discorde, une enquête du quotidien de gauche concernant une vidéo montrant des enfants peuls exécutés par des soldats dans un camp militaire. Au Burkina Faso, cette décision suit la suspension de la diffusion de France 24 le 27 mars dernier et de celle de RFI en décembre 2022. La Haute autorité de la communication du Mali avait lancé le mouvement en ordonnant la suspension définitive de France 24 et de RFI en mars 2022.
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En parallèle, Poutine opère depuis la fin des années 2000 un retour en force médiatique sur le continent africain. Financée par le Kremlin, Russia Today y est devenue omniprésente. Dans son sillage, le média russe Sputnik a récemment ouvert une branche francophone sur le continent, Sputnik Afrique. Derrière cette offensive médiatique se profile l’ombre du sinistre groupe Wagner. Outre la pratique courante qui consiste à créer une multitude de faux comptes sur les réseaux sociaux, la nébuleuse militaro-médiatique d’Evgueni Prigojine peut s’appuyer sur un réseau de médias amis parmi lesquels le site franco-malien Maliactu, la radio centrafricaine Lengo Songo ou encore la chaîne panafricaine camerounaise Afrique Média qui relaye en boucle le narratif russe concernant la guerre en Ukraine.
Les Chinois ne sont pas en reste. Depuis une décennie, trois médias chinois relayent la communication du PCC à l’attention du public africain en proposant des publications en français : Radio Chine Internationale (RCI), China Global Television Network (CGTN) et Xinhua. Bien que l’audience de ces organes de presse soit pour le moment bien inférieure à celle de médias français comme RFI ou France 24, la stratégie de Pékin est gagnante puisqu’il n’est pas rare que des médias ouest-africains relayent gratuitement des publications issues des médias chinois. D’autre part, force est de constater une convergence entre la vision du monde relayée par les médias russes et les médias chinois. Depuis le déploiement des troupes russes en Ukraine, les médias officiels chinois comme Xinhua ont repris des éléments de langage de Vladimir Poutine : au lieu de parler de guerre, ils privilégient le terme d’ « opération spéciale », sous-entendant que l’invasion de l’Ukraine ne serait qu’une réponse légitime aux provocations de l’Occident et de l’OTAN.





