Des militants de l’organisation Génération Z ont été attaqués ce dimanche à l’Université du Mirail. Pouvez-vous nous détailler les faits ?
Dimanche soir, nous avions prévu une opération de collage au Mirail. Une fois sur les lieux, alors que l’opération commence, des personnes tierces, assises sur un banc, lancent les premières insultes quand ils voient que nous collons pour Zemmour. En tant que responsable et organisateur de l’événement, je donne la consigne générale de ne pas répondre aux provocations : « on colle et on s’en va », telle était la devise de ce soir. Au fil de la soirée, les insultes deviennent de plus en plus vives, et deux personnes en scooter avec des velléités de se battre nous approchent. Ces deux individus déchirent quelques affiches en rigolant, mais puisque l’on cherche absolument à éviter un combat qui n’aurait pas servi notre cause, nous laissons faire.
C’est à ce moment que la sécurité du Mirail est arrivée pour nous demander de quitter les lieux puisque nos assaillants risqueraient de revenir en nombre. Nous décidons cependant de continuer. La sécurité, en concertation avec ses responsables, décide de s’en aller. Dès lors, un jeune encapuché s’approche de nous de façon menaçante et nous interpelle : « Bougez pas, dans cinq minutes je vais revenir vous fumer bande d’enculés ». On commence aussi à entendre des phrases plutôt surprenantes telles que « nique le Mossad », « ne vous excitez pas, l’Afrique va se réveiller », ou encore « nique Zemmour, vive Macron ».
La réaction de l’extrême gauche est celle de ceux qui sont à court d’arguments
Tandis que nous filmons ces faits, la personne encapuchée, une main dans la poche, s’écrie : « efface ma tête wallah, ou je vais te tuer bêtement ». Il se dirige vers le reste de nos sympathisants, et sort la main de sa poche en tenant un couteau. Sous la menace, les militants reculent tandis que l’autre arrache des affiches. Je réitère ma demande de ne pas intervenir pour éviter une confrontation qui pourrait tourner au drame, et nous décidons de partir à cause de la menace grandissante. Alors que nous arrivions à nos voitures, une dizaine d’antifas débarquent et immobilisent l’un de nos trois véhicules, cassent les rétroviseurs et abîment la carrosserie, avant que le conducteur n’arrive à dégager son automobile de ses assaillants. Nous avons évidemment porté plainte pour menace de mort avec arme blanche, le couteau en l’occurrence.
Une personne aurait crié « nique Zemmour, vive Macron ». Comment peut-on analyser cette improbable déclaration au vu du profil des agresseurs ?
Le terme « improbable » convient ici tout à fait, mais je pense qu’il y a un vrai sens derrière cette déclaration. Même si ces gens n’ont pas une grande conscience politique – ils pensent à Zemmour notamment à travers son judaïsme, en témoignent les « nique le Mossad » entendus durant la soirée –, le laxisme de Macron est bien visible à travers de tels agissements. Son manque de sévérité durant le quinquennat permet à ces personnes de vivre parfois au-dessus des lois. Puisque Zemmour apparaît comme le candidat qui permettrait une vraie réponse à cette forme d’insécurité, on peut comprendre que ceux qui commettent de telles incivilités se sentent menacés et qu’ils malmènent des militants.
Pourquoi n’avez-vous pas suivi les recommandations de la sécurité quand elle vous a demandé de partir ?
Tout simplement parce que nous étions dans nos droits : il y a plusieurs panneaux de libre affichage dans l’université, une vingtaine environ, ce qui est énorme par rapport aux autres facultés de Toulouse. De plus, le Mirail a la réputation justifiée d’être un bastion d’extrême gauche. Notre action était ainsi très idéologique, et nous ne voulions pas la voir gâchée par ces quelques incidents.
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Pourquoi le service de sécurité du Mirail a-t-il voulu faire taire les victimes plutôt que de punir les agresseurs ?
Le terme de victimes est peut-être fort pour nous, parce que nous ne voulons pas entrer dans une stratégie de victimisation. Mais, il est vrai que nous nous sommes sentis abandonnés par la sécurité, qui connaît pourtant le quartier sensible du Mirail (dans lequel sévissent violences et trafics de stupéfiants). Pareillement, on sait que l’université est aux mains de groupements antifas, donc très à gauche. On déplore que les services d’ordre ne soient pas venus garantir la liberté d’expression démocratique, que nous représentions avec ce collage. Sans forcément nous offrir une protection directe, ils auraient au moins pu appeler la police, chose qui n’a pas été faite. Même s’ils n’ont pas manifesté de haine envers nous, on sent que le maximum n’a pas été fait pour assurer la sécurité des militants : peut-être est-ce par idéologie ; c’est en tout cas difficile à accepter.
Y a-t-il ailleurs des exemples d’attaques similaires ? En tant que militant, vous attendez-vous à une campagne ponctuée par ce type d’agression ?
Honnêtement, je ne souhaite à aucun militant, de quel camp qu’il soit, de subir une agression de la sorte : personne ne devrait être victime de violences pour son opinion politique. J’espère que ces attaques resteront à l’écart de la vie démocratique pendant l’élection présidentielle. Mais, en Occitanie du moins, Génération Z est régulièrement ciblé par des insultes, sans que cela en vienne à l’agression physique. Par contre, à Lyon, un de nos sympathisants a été passé à tabac. Pareillement, le responsable de l’association UNI (association de droite) à Strasbourg a été attaqué par des antifas alors qu’il faisait un collage. On sent donc qu’il y a une recrudescence des assauts sur la droite à mesure que l’élection approche, pour dissuader ceux qui voudraient nous rejoindre. Mais nous ne tomberons pas dans ce jeu-là, nous n’agirons pas de façon violente : la réaction de l’extrême gauche est celle de ceux qui sont à court d’arguments, et cela se manifeste notamment par des agressions comme celles que j’ai pu citer et que nous dénonçons fermement.





