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Alain Delon : Le dernier homme

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[qodef_dropcaps type=”normal” color=”red” background_color=””]l[/qodef_dropcaps]a disparition de Mireille Darc le 28 août a bouleversé Alain Delon, tant leur complicité était intense et durable. Retour sur le samouraï du cinéma français qui détone par ses prises de positions.

 

Il est des vivants qui témoignent pour les morts, et voyagent avec eux jusqu’au bout de la nuit. Alain Delon fait partie de ces hommes-là : ayant pleuré–et pleurant encore – les disparitions de Romy Schneider, Simone Signoret, Annie Girardot, mais aussi celles de Jean Gabin, Jean Cau, Maurice Ronet et combien d’autres, il affronte à présent la mort de Mireille Darc, qu’il a toujours aimée éperdument. La fidélité, dans la vie, dans la mort constitue l’une des plus grandes qualités de l’homme Delon. Qui le connaît le sait d’évidence.

Alain Delon et Mireille Darc, cette constellation idéale, ont tourné ensemble dans cinq films (souvent sous l’effet de la volonté de Delon lui-même) : Jeff de Jean Herman (1969), Madly de Roger Kahane, Les Seins de glace (1974) et Mort d’un pourri (1977) de Georges Lautner, L’homme pressé d’Édouard Molinaro (1977). Mentionnons également les apparitions de la grande sauterelle dans Borsalino (1970) et Borsalino and Co de Jacques Deray (1974), sans oublier Pour la peau d’un flic réalisé par l’acteur (1981). Réciproquement, citons aussi la courte prestation d’Alain Delon dans un film avec Mireille Darc, Il était une fois un flic, de Georges Lautner (1972).

Alain Delon et Mireille Darc formaient le couple parfait à la vie comme à l’écran. Le samouraï n’a pas caché sa blessure insoutenable lorsque sa muse est partie : « Elle était la femme de ma vie. Nous avons été si heureux ensemble, et heureux de tout… Nous avions tout, et elle était tout pour moi. Nous étions heureux d’être acteurs tous les deux et de jouer ensemble, mais si nous avions été coiffeurs, nous aurions connu le même bonheur pourvu que nous ayons été ensemble. Elle était ma moitié. On ne se posait pas de questions, on se complétait. » (Paris Match, 30 août 2017) Et d’ajouter : « Aujourd’hui, je préfère avoir l’âge que j’ai plutôt que 40 ans. Je n’aurai pas beaucoup d’années à vivre sans elle, pas trop d’années à souffrir. Elle, au moins, ne souffre plus. Elle repose. Sans elle, je peux partir moi aussi. » Pas trop vite, cher Alain, nous avons encore besoin de vous. D’ailleurs, le prochain film de Patrice Leconte avec Juliette Binoche pourrait réserver bien des surprises…

«Alain Delon, l’on y entend, l’un, le deux, l’on : étrange aristocratie secrète  » Philippe Sollers

Entier et sans concession, Alain Delon s’exprime depuis toujours avec une franchise décapante. C’est un passionné dans tous les registres de l’existence. Ainsi, il a constamment défendu son ami Jean-Marie Le Pen lorsque celui-ci était stigmatisé par la meute politico-médiatique. Doué d’une dévotion spéciale pour la Vierge Marie, il s’est également prononcé contre le mariage homosexuel qui était selon lui « contre-nature ». Patriote convaincu, favorable à la peine de mort, critique à l’égard du capitalisme sauvage et de l’américanisation de la société, il demeure d’un anticonformisme radical.

Incarnation de l’homme de droite, Delon accorde une importance capitale au sens de l’honneur, au courage, au devoir, à l’ordre et à la discipline, quitte à les transgresser parfois. Il en a fait l’apprentissage à l’armée en Indochine en tant qu’engagé volontaire à l’âge de 17 ans. Réfractaire au progrès illimité, il réprouve les modes dominantes. Antimoderne, il éprouve de la nostalgie pour la France d’avant : en fait, la France d’Alain Delon !

Quintessence de l’acteur français et européen, de l’homme blanc au Japon notamment (« L’homme japonais veut être Alain Delon », a-t-il pu dire lui-même), Delon demeure l’archétype de la star ombrageuse et rayonnante tour à tour, le mythe de l’éternel masculin, dont la beauté féline et les films éblouissants – comme Plein Soleil de René Clément (1957) – ont sculpté un monument plus solide que l’airain.

 

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