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Alasdair MacIntyre : un philosophe dans les ruines de la morale

Aristotélicien et figure centrale du courant communautarien américain, le philosophe écossais Alasdair MacIntyre s'est donné pour projet de refonder les bases du débat social et politique sur une éthique de la vertu.

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© Sean Flickr

L’avortement, l’égalité des chances, et l’euthanasie qui vient : ces débats que l’on nomme pudiquement sociaux mais qui relèvent en réalité de la morale ont une caractéristique commune: ils sont interminables. Dans la société libérale contemporaine, nul ne peut se targuer d’avoir établi un consensus moral sur ces sujets, l’universalisme kantien lutte contre l’individualisme lockéen, la loi morale thomiste tentant par fulgurances de se faire entendre. Dans ce concert d’arguments, l’opinion et le progrès social l’emportent toujours, sans aucun fondement éthique.       

Le philosophe écossais Alasdair MacIntyre, né en 1929, étudie cette confusion morale dans son livre phare Après la vertu paru en 1981, auquel il a ajouté deux ouvrages, Three Rival Version of Moral Enquiry en 1990 et Quelle Justice? Quelle rationalité? en 1993. Formé dans les milieux universitaires anglais de Manchester et d’Oxford, MacIntyre a ensuite choisi d'enseigner aux États-Unis et de poursuivre ses recherches à l'Université Notre-Dame. Mû par le désir d’établir la meilleure critique morale et sociale, il s’est intéressé au marxisme, non pour choisir la lutte des classes mais afin d’examiner la place de l’individu dans la communauté. Ses réflexions sur la communauté et sur la rationalité pratique l’ont conduit à abandonner le marxisme pour se tourner vers l’aristotélisme et enfin le thomisme.

Le premier constat de la philosophie macintyrienne est celui d’un monde fragmentaire où cohabitent des modèles conceptuels dénués du contexte qui leur donne sens. Ainsi, écrit-il, « nous disposons d’un simulacre de morale et nous continuons à utiliser la plupart de ses expressions clefs. Mais de cette morale, nous avons perdu presque toute compréhension théorique et pratique ». La solution que MacIntyre choisit pour répondre à cette confusion que le libéralisme nomme volontiers « pluralisme », c’est un retour à l’histoire.

En faisant de la vertu la base de sa théorie éthique, MacIntyre invite à ne pas choisir des critères moraux normatifs

Ce recours à la tradition historique trouve sa source chez Aristote, en qui MacIntyre puise ses principaux concepts moraux, son acception de la vertu et sa vision de la communauté morale. C’est en cela qu’on peut nommer MacIntyre comme l’un des principaux introducteurs d’une éthique de la vertu, s’opposant aux éthiques utilitaristes, conséquentialistes ou encore à l’éthique déontologique.

En faisant de la vertu la base de sa théorie éthique, MacIntyre invite à ne pas choisir des critères moraux normatifs. La vertu est toujours dirigée vers une finalité, un telos, qui, dans la communauté des hommes, s’appelle le bien commun. La pratique de la vertu exige donc l’appartenance à une communauté, une communauté partageant une même culture, et s’accordant sur une finalité commune.(...) 

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