Si les faits d’armes des antifas sont nombreux (s’attaquer à dix contre un à des militants de droite, tabasser les jeunes filles féministes du collectif Némésis lors d’une manifestation contre les violences faites aux femmes, et autres), il est difficile de saisir leur utilité au sein d’une lutte quelconque. On le voit aux États-Unis, où Donald Trump a annoncé les classer comme organisation terroriste (même si l’annonce n’a pour l’instant pas été suivie d’effet), ils servent plus à instaurer un climat de désordre, voire à desservir les luttes auxquelles ils se greffent comme des tiques sur le cul d’un chien, qu’à faire évoluer le climat social. Que sont les antifas, au final, à part des jeunes bourgeois à la recherche d’un grand frisson ? S’il est possible de respecter des adversaires politiques qui agissent réellement dans le sens de leur cause, les antifas ne sont que des petites frappes qui harcèlent en meute comme des hyènes. Ils prétendent détester les syndicats, qui seraient pour eux des agents du statu quo, mais que sont-ils ?
Si l’inutilité du syndicalisme n’est plus à prouver, l’utilité des antifas n’a, elle, jamais été démontrée.
En fait, syndicats, antifas et blacks blocs jouent le même jeu. Si l’inutilité du syndicalisme n’est plus à prouver, l’utilité des antifas n’a, elle, jamais été démontrée. Casser des McDo, agresser des gens ou vandaliser des librairies n’a jamais fait, et ne fera jamais trembler la finance dans ses chaussettes. Elle s’en gausse (et perçoit l’argent des assurances). De même, il y a fort à parier que l’État ne se sente pas spécialement menacé par des actions qui, pour la plupart, touchent des gens qui lui sont opposés. Car, sans les militants de droite, les antifas perdraient leur raison d’exister. C’est ontologique, quoique pour eux, tout ce qui n’est pas eux soit in fine fasciste.
Les démonstrations de force des antifas ne servent qu’à deux choses : donner un agréable frisson à des bourgeois qui rêvent d’un grand soir qui tarde à arriver, et à légitimer le pouvoir dans l’augmentation de son arsenal répressif. Certes, les scènes d’affrontements entre militants et forces de l’ordre sont impressionnantes, et le feu fait toujours son petit effet, mais, une fois l’incendie éteint et les débris déblayés, que reste-t-il ? Nibe. Et de la même manière, agresser des syndicats étudiants à la terrasse d’un bar sert-il vraiment leur lute ?
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Le mouvement black bloc a des contours fous : des revendications vagues, et nul autre moyen d’action que la destruction aveugle. On croirait presque qu’ils sont plus intéressés par la castagne que par l’action politique. Si les années 1960 et 1970 ont connu leur lot d’actions violentes, à gauche comme à droite, elles étaient toujours soutenues par des revendications claires et précises, et la violence n’était que le moyen, et non la finalité de l’action. Avec la génération biberonnée aux « likes » et aux « stories », on assiste à des échanges de horions qui ne sont plus que des autoglorifications. On pose, tout content, dans une ruelle pour se montrer à des événements auxquels on était de toute évidence absent. Ceux qui étaient à la séance de dédicace d’Éric Zemmour à la Nouvelle Librairie s’en souviennent : il est plus facile de s’en prendre aux commerces « problématiques » en pleine nuit, quand ceux-ci sont fermés.
Cela étant, une constatation : comparés aux Gilets jaunes ou aux militants de droite, les blacks blocs font l’objet de peu d’arrestations ou de blessures lors des manifestations.
Quant aux antifas, si leurs revendications sont plus précises, on peine à comprendre comment ils espèrent les atteindre en n’agissant, au final, que comme de vulgaires skinheads. Cela étant, une constatation : comparés aux Gilets jaunes ou aux militants de droite, les blacks blocs font l’objet de peu d’arrestations ou de blessures lors des manifestations. D’aucuns diront qu’il s’agit de leur légendaire capacité à disparaître en se fondant dans la masse mais, même lorsqu’ils se font arrêter, les peines prononcées sont bien moins lourdes que celles des Gilets jaunes. Pour les antifas, il en va de même : pourtant bien identifiés, ils bénéficient d’une grande mansuétude de la part de l’État, qui sait où les trouver mais ne fait rien. On se souvient de la macronie plus prompte à liquider des associations identitaires, même lorsque cela n’a aucun rapport avec le schmilblick.
Cela, ajouté à leur inutilité absolue, amène une question : les blacks blocs sont-ils les complices ou les idiots utiles du pouvoir ? Il serait malhonnête d’avancer l’hypothèse selon laquelle ils seraient tous en fait des agents du capitalisme, là pour décrédibiliser les luttes, quelles qu’elles soient. Cependant, il ne faut pas mettre de côté un noyautage par les services de renseignement. Il est même sûr que beaucoup d’antifas croient (ou se sont persuadés) qu’ils luttent réellement contre le capitalisme-la xénophobie-pour un monde meilleur-pour l’écologie. La longanimité du pouvoir à leur égard ferait donc plus pencher la balance dans le camp de la marionnette, manipulés qu’ils seraient par un État qui a tout intérêt à les laisser s’égayer (dans les limites du raisonnable, bien entendu). Et de la présence d’un grand nombre de donneuses parmi eux.
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Peut-être un jour les deux faces de la même pièce que sont les antifas et les syndicats réussiront à fraterniser, les jeunes chiens fous allumant le feu, tandis que leurs aînés amèneront la bière et les merguez… même s ’il est plus probable qu’une fois les études à Sciences-Po finies, une bonne partie d ’entre eux se rangera des bagnoles, achètera un petit appartement dans un quartier si typique qu’ils gentrifieront par leur présence, poussant de plus en plus loin les travailleurs qu’ils pensaient un jour défendre. Ou les animaux. Ou l ’environnement. Tout ceci est fou, on s’y perd.





