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Antoine Gallon : « L’agitation nauséabonde des opposants à la chasse à courre conduit à des dérives »

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Publié le

22 octobre 2021

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Le week-end dernier dans la forêt de Compiègne, la stèle funéraire d’un veneur a été vandalisée par des opposants à la chasse à courre. Directeur de la communication de la Société de Vénerie, Antoine Gallon condamne l’événement et s’inquiète de la recrudescence des discours haineux à l’encontre d’une discipline qui se veut sérieuse, éthique et écologique. Entretien.
chasse à courre

La stèle d’un ancien veneur en forêt de Compiègne a été profanée. Que s’est-il précisément passé ?

Ce jeune homme avait découvert la chasse à courre en Picardie, d’où il est originaire. Il était piqueux dans un équipage de vénerie, c’est-à-dire qu’il s’occupait à l’année des chiens d’un équipage. L’an passé, il est décédé prématurément à l’âge de 42 ans. Sa famille a ramené sa dépouille en Picardie et pour honorer sa mémoire, ses deux jeunes filles lui ont consacré une stèle très modeste dans la forêt de Compiègne. Dimanche ou en début de semaine, elles ont retrouvé cette stèle vandalisée, avec une croix gammée et un « veneur assassin ». Très clairement, les responsables sont des gens qui sont opposés à la chasse à courre. Rien pourtant n’indiquait sur la stèle qu’il était veneur, mais visiblement au courant, les opposants à la chasse à courre l’ont vandalisée.

Comment la famille a-t-elle réagi ? Envisage-t-elle des poursuites judiciaires ?

Mardi, j’ai eu la mère des deux filles au téléphone – ces filles qui ont déjà perdu leur père très jeunes. La famille est effondrée que des salopards aient piétiné, vandalisé la stèle. En ce qui concerne les poursuites, nous n’en avons pas parlé, mais qui poursuivre ? Une plainte contre X serait simplement classée sans suite et ne donnerait rien. Je le leur déconseille.

Ces agitateurs de haine ne téléguident pas, mais suscitent par leur propos des actions de ce genre. Ils obtiennent ce qu’ils cherchent : des outrances et des excès dont on ne sait pas où ils s’arrêteront

Que nous dit cet acte du climat actuel contre la chasse à courre ?

Cet incident est un marqueur des dérives auxquelles l’agitation nauséabonde de nos opposants peut conduire. La haine des opposants vis-à-vis non seulement de la chasse à courre, mais des veneurs en tant que tels, fait que des esprits un peu simples s’emballent. Quand vous attisez la haine, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des conséquences. L’histoire et l’actualité sont pleines d’événements – autrement dramatiques – qui répondent à ce schéma : en ce qui concerne les attentats, à force d’entendre certains messages de haine, les terroristes prennent une arme et passent à l’action. C’est exactement le même phénomène. Ces agitateurs de haine ne téléguident pas, mais suscitent par leur propos des actions de ce genre. Ils obtiennent ce qu’ils cherchent : des outrances et des excès dont on ne sait pas où ils s’arrêteront. Il y a quinze jours, une voiture a foncé sur un équipage et écrasé un chien, heureusement sain et sauf. Cette fois, une stèle est vandalisée. Quelle sera la prochaine étape ? Nous sommes inquiets.

Vous dénoncez le discours de vos opposants : qui sont-ils ?

Il y en a deux types d’opposants qui débitent des énormités à longueur de journée pour nous discréditer. Une poignée de tenants de la lutte des classes d’abord, qui s’imaginent que l’on est encore au temps de Louis XIV et que ce sont les nobles qui chassent. Des études du CNRS démontrent pourtant depuis très longtemps que la chasse à courre est pratiquée par des gens issus de toute classe sociale. Il y a ensuite les animalistes, qui voudraient que l’on ne tue pas les moustiques et qui considèrent que l’homme est un animal comme les autres. Nous ne sommes pas de ce camp-là : nous sommes spécistes et pensons que l’être humain a des devoirs vis-à-vis des animaux.

Lire aussi : Chasser, cette tradition qu’on ne saurait voir

Comment les partisans de la chasse à courre peuvent-ils répondre à ce climat délétère ?

Nous n’avons pas attendu ces excès pour nous faire connaître. Dans la société contemporaine, avec les réseaux sociaux, tout est exposé et il faut donc expliquer. Notre mode de chasse existe depuis 500 ans : il est sérieux, éthique et écologique. Il est sérieux parce que la chasse est une activité extrêmement réglementée. Il est éthique parce que conformément à notre charte, notre mode de chasse s’exerce de façon loyale vis-à-vis de l’animal. Il est enfin écologique parce que nos chiens qui sont carnivores chassent des proies qui sont herbivores : ça existe depuis la nuit des temps et ça s’appelle la chaîne alimentaire. Qu’est-ce que la vénerie ? Nous, veneurs, dressons des meutes de chiens pour poursuivre un animal et tenter de déjouer ses ruses, ce à quoi nous n’arrivons qu’une fois sur quatre parce que les proies que nous pourchassons sont des animaux qui ont pris l’habitude d’échapper à leurs prédateurs depuis des centaines de milliers d’années.

Nous avons mis en place une structure de communication à travers les médias, les réseaux sociaux, les sites internet pour expliquer au grand public ce qu’est vraiment la chasse à courre. Et ça marche : nous nous rendons compte dans les sondages que les gens comprennent de mieux en mieux ce qu’est la chasse à courre.

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