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Après la campagne : Marine Le Pen doit-elle se sacrifier ?

Marine pourra faire ce qu’elle veut, elle restera une Le Pen. Malgré une campagne zéro faute et malgré la détestation qui touchait Emmanuel Macron, elle n’a pas réussi. Doit-elle persévérer ? Ou se sacrifier ?

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Marine Le Pen a pris cher. Très cher. Moins cher, certes, qu’en 2017, mais ce qui est grave, cette fois, c’est que le scrutin a été l’aboutissement d’un parcours sans faute. En 2017, le calamiteux débat de l’entre-deux-tours l’avait fait dévisser, mais ce qui fut d’abord porté à son discrédit pouvait être aussi considéré comme un accident industriel. S’en étant relevée et en ayant tiré toutes les leçons, elle ne l’a pas reproduit. Pourtant, la défaite, elle, a recommencé.

Durant cinq ans, Marine Le Pen s’est tenue, avec une constance tout à fait remarquable, à sa stratégie visant à neutraliser l’électorat de gauche en vue du second tour afin que celui-ci ne se mobilise pas contre elle. Durant cinq ans, et tout particulièrement durant une année pleine de campagne présidentielle, elle n’a pas commis la moindre erreur. Pour le moins déstabilisée par la candidature d’Éric Zemmour – même si celle-ci l’a servie à la fin, en la recentrant puis en lui fournissant un réservoir de voix pour le second tour – elle a tenu le cap qu’elle s’était fixé et les électeurs lui ont donné raison; de justesse, certes, mais elle s’est qualifiée pour le second tour et il est probable que sur une autre ligne, elle eût été coiffée au poteau par Jean-Luc Mélenchon. Et après? Encore l’échec. Cuisant.

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Le score qu’elle aurait déjà dû faire

Au soir du second tour, Marine Le Pen a parlé d’« éclatante victoire » (« Le résultat de ce soir représente en lui-même une éclatante victoire »), propos en décalage complet avec son visage et avec son ton, lesquels, eux, disaient à quel point elle avait cru à la possibilité d’une véritable victoire et à quel point elle était meurtrie ; propos en décalage complet, surtout, avec la réalité. Car de « victoire », a fortiori « éclatante », il n’y a pas: 41,5 %, c’est très exactement le score qui lui semblait promis en 2017 face au même Emmanuel Macron selon un sondage réalisé par l’Ifop deux semaines avant le premier tour. Toutes les études d’opinion effectuées dans l’entre-deux-tours de 2017 et avant le débat la donnaient battue avec 40 à 41 % des voix. Ceci pour dire quoi? Que les 41,5 % de 2022, c’est seulement, à peu de choses près, le résultat que l’on aurait connu il y a cinq ans s’il n’y avait pas eu ce fichu débat. Voilà qui relativise grandement l’ampleur de la performance. [...]

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