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Après Sainte-Sophie, Saint-Pierre de Rome ?

Chacun veut cyniquement garder la Turquie dans son camp, au cœur de ce Moyen-Orient plus instable que jamais. Mais personne ne veut comprendre le danger imminent qu’il y a pour notre civilisation de laisser la Turquie travestir et profaner son passé romain et byzantin.

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© Romée de Saint-Céran pour L’Incorrect

Nous considérons qu’il s’agit d’une affaire intérieure de la Turquie et ni nous, ni d’autres ne doivent s’ingérer », déclarait le 13 juillet le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Verchinine à propos de l’ouverture au culte musulman de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople trois jours plus tôt. « Toutefois, nous ne pouvons pas ne pas attirer l’attention sur l’importance de ce site du point de vue de la culture et de la civilisation mondiales ». La réaction tout en douceur de la diplomatie russe a contrasté avec l’émoi du patriarche de Moscou, Kirill. Elle a également contrasté avec l’inauguration de la grande mosquée de Moscou en présence de Recep Tayyip Erdogan le 23 septembre 2015.

Syrie, Arménie, Libye, Chypre, Crimée ou encore Kosovo : il y a peu de dossiers en réalité sur lesquels la Russie et la Turquie soient d’accord. Et pourtant Erdogan et Poutine se gardent bien de se faire ouvertement la guerre. Les deux chefs d’État dégagent une image brutale mais comprennent l’intérêt qu’ils ont de ne jamais dépasser les bornes.

Donald Trump, qui rêve sans doute d’une telle longévité et partage globalement leur vision du monde, est resté lui aussi très modéré.

Ils se connaissent bien puisqu’ils sont chacun à la tête de son pays depuis 20 ans et ont l’intention d’y rester. Même si une certaine lassitude se fait ressentir dans l’opinion publique, ils ont le même objectif : redonner à leur nation leur puissance et leur grandeur passées. Redonner à la religion une place centrale dans la société, voilà leur atout majeur pour conserver leur popularité.

Donald Trump, qui rêve sans doute d’une telle longévité et partage globalement leur vision du monde, est resté lui aussi très modéré. Quand Erdogan et Trump ont échangé un coup de fil dès le 14 juillet, le sujet n’a pas été évoqué selon le communiqué officiel diffusé par l’agence Associated Press.

Lire aussi : Le continent périphérique

Chacun veut cyniquement garder la Turquie dans son camp, au cœur de ce Moyen-Orient plus instable que jamais. Mais personne ne veut comprendre le danger imminent qu’il y a pour notre civilisation de laisser la Turquie travestir et profaner son passé romain et byzantin. Constantinople est la sublime porte de l’Europe et les chrétiens grecs orthodoxes ses gardiens. Qui se souvient de l’inauguration de la grande mosquée de Cologne par le même Erdogan en septembre 2018, et en présence d’Angela Merkel ? Pour le Kremlin, la capitale de l’orthodoxie s’est déplacée de Constantinople à Moscou mais l’islam tatar faisant partie de la culture eurasienne, il fallait bien lui laisser une place. En Turquie, Erdogan fait aujourd’hui le choix d’éradiquer le christianisme. Nous avons été complaisants avec Erdogan et la conquête musulmane de l’Europe, nous en paierons le prix. Les Frères Musulmans ont prévenu : leur objectif ultime ne s’arrête pas à Sainte-Sophie. Il est de faire tomber Rome et Jérusalem.

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