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Aurélien Pradié, l’insulte à tout prix

Connaissez-vous Aurélien Pradié ? Inconnu du grand public mais pourtant numéro 2 de LR et candidat aux régionales en Occitanie, le candidat multiplie les coups de menton pour se faire connaître.

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© DR

Que de preuves de courage nous sont données par Aurélien Pradié dans un entretien pour Valeurs actuelles. Comme souvent à court d’arguments et de propositions, la tête de liste LR ne trouve rien mieux qu’insulter et rabaisser ses opposants. « Idiots utiles », « énergumènes » ou « imposteurs » pour qualifier le RN ; « misérable » pour un ex-LR ; « girouettes politiques » pour qualifier on ne sait qui d’autre. L’élu nous avait déjà fait le coup il y a quelques semaines dans un entretien au Point. Ce grand moralisateur fait ni plus ni moins que de la politique de comptoir, et distribue les insultes comme d’autres les tracts. Élever le débat et anoblir la politique, dites-vous ?

« Il faut faire le choix de la clarté, c’est la clarté qui fera la différence », affirme-t-il, alors que ses positions politiques sont plus qu’ambiguës. Clamant être un adversaire du progressisme macronien, il mentionne fièrement l’IVG sans même que le journaliste lui en parle, et fustige une droite conservatrice qu’il juge « rabougrie ». Où est donc la clarté ?

Monsieur est incritiquable, car contrairement à tous les autres qui ne sont que des opportunistes, lui a des « valeurs ».

Mais monsieur est incritiquable, car contrairement à tous les autres qui ne sont que des opportunistes, lui a des « valeurs ». Quelles sont-elles exactement ? Rabaisser pour mieux régner ? Ou de se croire seul détenteur de la vérité ? En tous les cas, difficile de comprendre comment il peut promettre à la fois une « protection des fragiles » et faire la promotion de l’IVG. Telles sont les valeurs de la « droite courageuse » dont il se revendique.

Dans d’autres entretiens, lui qui criait haut et fort que « l’un des drames de LR, c’est le manque terrible d’idées » se permettait d’affirmer en parallèle : « Je ne crois pas en la métapolitique. Celle des théories et non des actes », pour s’en prendre à La Manif pour tous. Quelle jolie contradiction pour celui qui appelait jadis la droite à se débarrasser de ses obsessions sur l’immigration, mais qui aujourd’hui opère, à l’image de Valérie Pécresse, un magistral retournement de veste.

Lire aussi : Adieu la droite : Valérie Pécresse fait peau neuve

« Mon adversaire est Carole Delga mais aussi toutes les girouettes politiques », ainsi que Garraud « l’imposteur » : pour un démocrate-pluraliste, Pradié n’accepte que très peu l’opposition, et se croit moralement autorisé à la rabaisser dès que possible. Ses anciens collègues ne sont pas épargnés. Ancien secrétaire régional du groupe à la région, Cédric Delapierre a décidé de rejoindre la liste RN. « Je suis très heureux qu’il nous ait quittés, son comportement est juste misérable » rétorque Pradié, qui devrait pourtant se demander pourquoi autant d’élus de droite décident actuellement de rejoindre le RN. Quand on le questionne sur sa solitude, par rapport aux nombreux ralliements pour ses adversaires, il s’en félicite : « Je ne suis pas de ceux qui aiment être mal accompagnés ». La remise en cause et l’introspection attendront.

« Pour gagner, c’est autour de nous que le rassemblement peut se faire, nous sommes la seule alternance possible au pouvoir socialiste », lâche-t-il, ultra-confiant. Ce choix ne semble pourtant pas si évident pour les citoyens de la région, et Pradié ferait bien de jeter un coup d’œil aux enquêtes d’opinion. Publié le 1er juin par l’IFOP, un sondage place Jean-Paul Garraud (30%) et Carole Delga (26%) en tête, alors que Pradié n’obtiendrait que 14% au premier tour. Le rassemblement attendra aussi. « Voter RN dans cette région, c’est perdre sa voix parce qu’ils n’auront jamais un score suffisant pour gagner », ose-t-il pourtant encore avancer, alors même que son adversaire fait deux fois son score au premier tour.

Sa politique à lui c’est l’insulte, celle qu’hurle le poivrot affalé au comptoir du bistro. Sauf que le poivrot picole. Pradié n’a même pas cette excuse.

La pitrerie ne s’arrête pas là pour le valeureux chevalier, « profondément de droite ». Aurélien Pradié se réclame d’une droite « gaulliste » car effectivement, son parti est la descendance historique de celui du général. Mais c’est peu dire que la ligne idéologique ne suit plus : LR est divisé, et Pradié incarne son aile gauche, européiste, progressiste.

Ni gauche, ni droite ; ni progressiste, ni conservateur : ce n’est pas que Pradié soit un tiède sans grandes convictions comme une grande partie de ses collègues LR. Non. Même la tiédeur exige un minimum de pensée, et le malheureux en est fort dépourvu. Sa politique à lui c’est l’insulte, celle qu’hurle le poivrot affalé au comptoir du bistro. Sauf que le poivrot picole. Pradié n’a même pas cette excuse.

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