#Balancetonhalouf

 

À l’aune de l’affaire d’abus sexuels du gros hollywoodien libidineux, nous avons failli oublier que nous avions importé en Occident une civilisation particulièrement hostile à la condition féminine. Heureusement, il y eut une femme courageuse pour rappeler qu’il ne suffit pas d’élargir les trottoirs de tel ou tel quartier pour empêcher les musulmans les plus radicaux ou les moins éduqués de pratiquer le djihad horizontal.

 

Henda Ayari, ex salafiste devenue militante féministe et laïque, ce qui est en soi un fait des plus intéressants, a porté plainte contre Tariq Ramadan pour viol. Et dire que ce n’est pas le viol qui surprend en premier lieu mais la liberté d’expression assumée de la part de la victime. Henda Ayari, 40 ans, présidente de l’association Libératrices, a déclaré sur Facebook avoir été « victime de quelque chose de très grave il y a plusieurs années » sans pour autant pouvoir révéler le nom de son agresseur en raison de « menaces de sa part ». Décidément, rien ne nous étonne.

 

Dis-moi comment tu considères les femmes et je te dirai quelle est ta civilisation.

 

En dehors de ces faits médiatiques, une réalité sociologique de terrain se constate. Mes jeunes collègues, les filles de mes amis, s’organisent depuis quelques temps. Si elles doivent aller à la Part-Dieu, dès le matin, elles mettent un jean. Si elles ont une soirée, elles mettent leur jupe dans le sac pour se changer sur place. Pourquoi ? Tout simplement pour ne pas se faire traiter de « pute » dans le métro ou dans la rue, tout simplement pour ne pas essuyer la menace d’un viol bien mérité. Faut-il demander à l’ex-conseillère de Najat Vallaud-Belkacem de se pencher sur l’urbanisme de chaque quartier pour élargir les trottoirs, rajouter des passages piétons, ou mettre quelque mobilier urbain ? Bien sûr ni DSK, ni Harvey Weinstein ne chassent dans le quartier Pujol-Chapelle ou à la Part-Dieu. Même Tariq Ramadan n’y est pas ! Et pourtant, il aurait peut-être quelque audience s’il voulait se donner la peine… Le petit-fils du fondateur de la confrérie des Frères musulmans pourrait éventuellement se permettre de décréter un moratoire sur le viol de femmes, voire, on peut rêver, sur le harcèlement au quotidien. Il avait si bien appelé de tous ses vœux à un moratoire sur la lapidation devant un Philippe de Villiers qui enchaîna bug sur bug, sidéré qu’il était du niveau de civilisation de son interlocuteur, fier de montrer sa bonne volonté vis-à-vis du progrès. Dis-moi comment tu considères les femmes et je te dirai quelle est ta civilisation.

 

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Au moment où le mouvement #balancetonporc libère la parole de toutes celles qui ont été victimes de puissants, semi-puissants et impuissants prédateurs sexuels, nous serions heureux que notre civilisation qui sut rendre illégale depuis le plus haut Moyen-âge ces pratiques, se déleste de ceux qui ont fait du crime une rente de situation. Nous serions également heureux que nous en profitions pour mettre en débat le souci de ne plus pouvoir circuler librement en France pour les jeunes femmes. Un problème d’éducation ? Il y a donc des baffes qui se perdent et le recours à la violence légitime serait sans doute plus efficace que l’élargissement des trottoirs. C’est la raison pour laquelle je propose un slogan adapté pour pouvoir être compris dans tous les quartiers que l’on tente de transformer en place forte où la charia s’impose : #balancetonhalouf.

 

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mfriche@lincorrect.org

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