Bruno Lervoire : « La seule façon d’arriver au pouvoir est de rassembler tous les patriotes de bonne volonté »

Bruno Lervoire (@blervoire) Instagram

Délégué départemental du Lot pour le Rassemblement National, Bruno Lervoire lance le collectif « Agissons pour Cahors » avec des militants cadurciens non-membres du Rassemblement National, dans le but de monter une liste commune pour les municipales.

 

Quand votre mouvement a-t-il vu le jour ?

On y pense depuis six mois, et les européennes ont précipité le mouvement. Les résultats des élections nous ont convaincus que nous étions sur la bonne voie. On l’a vu à Cahors : le RN est passé à 18%, la droite classique est tombée à 6%, DLF était à 3%. Les LR qui sont les seuls à avoir des élus à la municipalité représentent l’opposition à la municipalité de gauche, ce qui est totalement incongru devant leurs résultats au niveau national et leur score à Cahors. La tête de liste liste de l’opposition municipale actuelle ne repartira pas à la prochaine élection, la droite est orpheline de ce point de vue-là, et c’est pour cela qu’il me semble intéressant de créer une offre alternative.

 

Concrètement, qu’avez-vous élaboré ?

Nous avons rencontré M. Blanc, ancien du RPR et de l’UMP, et M. Besse, responsable DLF, nous avons discuté plusieurs fois, et nous nous sommes dits que c’était la chose à faire. Notre première réunion s’est déroulée la semaine dernière. Puis nous avons organisé une conférence de presse : il y avait une majorité de militants RN puisque nous sommes les plus nombreux. Mais aussi des militants DLF, UPR, Gilets jaunes, LR, et même un ancien responsable de l’UDF.

 il y avait aussi des militants DLF, UPR, Gilets jaunes, LR, et même un ancien responsable de l’UDF.

Comment ce projet a-t-il été reçu à Cahors ? Y a-t-il eu des attaques venant de la gauche ?  Les conseillers municipaux LR sont-ils favorables à votre proposition ?

La principale attaque est venue de la gauche locale, qui nous a accusés classiquement d’avancer masqués pour ratisser large. Mais à part ça, pas de réaction officielle politique sur le terrain. Les élus municipaux LR auraient fait savoir sur Facebook qu’ils préféraient rester de leur côté. Si LR ne veut pas s’allier avec nous, on fera appel à leurs électeurs.

Si les LR, ne veulent pas s’allier avec nous, on fera un appel à leurs électeurs.

Comment avez-vous arbitré la tête de liste ?

Pour l’instant, ce n’est pas encore fixé. Nous sommes partis du fait que ce serait moi, puisque je suis délégué départemental RN et que de fait je représente la plus grosse partie de cette opposition, même si le collectif n’est pas signé RN. De plus, je suis originaire de Cahors, je suis né à Cahors, et j’habite Cahors. Cependant, nous restons ouverts à toute proposition, si d’autres personnalités veulent nous rejoindre et sont plus aptes à être têtes de liste. Nous pourrons très bien revenir sur cette décision.

De plus, je suis originaire de Cahors, je suis né à cahors, et j’habite à Cahors.

Est-ce accueilli favorablement par les militants de terrain ? Quelle a été la réaction de la hiérarchie du RN ?

Ce projet d’alliance est tout récent, mais déjà tous les militants, sympathisants et même des militants d’autres partis comme ceux de la France Insoumise nous disaient que la seule chance pour la droite à Cahors résidait dans une alliance avec le Rassemblement National. La droite représente 30 à 40%, la gauche est majoritaire : si nous pardons divisés, nous perdons. La réaction de la hiérarchie du RN a été très bonne, elle incite ses fédérations à créer le meilleur attelage local possible en vue des élections municipales selon les contextes locaux.

 

Votre objectif est de faire opposition à Macron, de montrer que la droite existe toujours : alors pourquoi ne pas vous présenter avec le Rassemblement National ?

On aurait pu partir seuls, avec le seul Rassemblement National et il est probable que les autres listes DLF, UPR ou autres auraient fait de petits scores sans incidence sur le scrutin. Mais cela nous aurait éloignés de la logique de rassemblement national que nous voulons mettre en place à Cahors. Nous voulons vraiment montrer que nous sommes avant tout des Cadurciens soucieux de leur ville et que c’est tous ensemble, au-delà des étiquettes politiques, que nous pourrons reprendre notre ville. Nous ne sommes pas sectaires, nous sommes rassembleurs et nous acceptons de parler avec tous ceux qui le souhaiteront. C’est véritablement un collectif auquel qui veut faire réussir Cahors pourra se joindre.

Donc je suis d’accord avec Marion Maréchal dans l’optique de rassembler toutes les droites dans un premier temps, mais aussi avec Marine Le Pen lorsqu’elle affirme qu’il ne pourra pas y avoir de victoire sans dépasser et rassembler l’ensemble du peuple français.

Quelles sont vos chances ?

Il est probable que le LREM et le maire PS sortant seront présents au second tour. Si la droite est unie, alors nous pouvons nous aussi arriver au second tour et gagner.

Avez-vous comme projet de lancer un mouvement national, pour que d’autres villes se rallient à vos idées ?

Non. Personnellement, j’ai lancé cette plate-forme pour conquérir Cahors et parce que le contexte politique y est spécifique, mais c’est une initiative très localisée. En revanche, je sais que Louis Aliot à Perpignan ou Romain Lopez à Moissac sont engagés dans des démarches similaires. Chaque fédération du Rassemblement National doit agir selon les contextes locaux. Si d’autres veulent s’inspirer de cette démarche, tant mieux évidemment !

 

 

 

Pensez-vous que le RN puisse parvenir à réunir les droites, que ce soit aux municipales ou aux présidentielles ?

Je l’espère en tout cas. La seule façon d’arriver au pouvoir est de rassembler tous les patriotes de bonne volonté. On ne peut pas rester dans nos petites boutiques RN-LR-DLF et espérer gagner ainsi. Regardons l’exemple de Matteo Salvini en Italie : il n’aurait jamais pu gagner seul sans les 5 Étoiles. Il nous faudra aussi aller chercher les souverainistes de gauche, les gilets jaunes, tous les patriotes de gauche. Donc je suis d’accord avec Marion Maréchal dans l’optique de rassembler toutes les droites dans un premier temps, mais aussi avec Marine Le Pen lorsqu’elle affirme qu’il ne pourra pas y avoir de victoire sans dépasser et rassembler l’ensemble du peuple français.

 

Propos recueillis par Romain Demars

 

 

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rdemars@lincorrect.org

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