Champigny-sur-Marne : au temps des Portugais

@Nicolas Pinet pour L'Incorrect

Cette commune du Val-de-Marne a été le théâtre d’une attaque violente contre les forces de l’ordre au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre. Soixante ans plus tôt, la ville accueillait le plus grand bidonville de France.

A chaque Saint-Sylvestre, le commun des mortels se souhaite « bonne année » en s’enfilant du champagne, pendant que les gardiens de la paix tentent de maîtriser des délinquants qui n’aspirent qu’à en découdre. Hélas, l’année 2018 n’a pas fait faux bond. Cette fois, c’est Laurie, gardienne de la paix de 25 ans, que l’on a lynchée à Champigny-sur-Marne : gifles, insultes et coups de poing. Des dizaines de jeunes encapuchonnés se sont adonnés au « plaisir » de la tabasser et de lui cracher dessus, pendant que d’autres filmaient avec leur téléphone portable. Scène quasi ordinaire dans les quartiers sensibles, où la frustration d’une jeunesse de banlieue biberonnée au ressentiment victimaire mute en hyper-violence à destination des représentants de l’État.

Mais cette hostilité ne s’explique certainement pas par leurs conditions de vie : un demi-siècle plus tôt, la même ville, Champigny-sur-Marne, accueillait le plus grand bidonville de France. Là, près de 14 000 immigrés portugais avaient trouvé refuge, fuyant la dictature de Salazar, le service militaire, la misère… (…)

Journaliste

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