Après un Michel Ange d’une rigueur esthétique éblouissante mais manquant sans doute un peu de fibres, Konchalovski livre enfin son film-somme, l’aboutissement d’une carrière d’outsider du grand cinéma russe. Frère de Nikita Mikhalkov et élève de Tarkovski, Andreï Konchalovski est toujours resté à l’ombre de ses maîtres : il n’a pourtant jamais cessé de tourner depuis les années 60, avec une régularité presque métronomique, aussi prolifique que touche-à-tout. On lui connaît même un curieux passage à l’ouest (Runaway Train et Tango & Cash, pur buddy movie avec Stallone et Kurt Russell !)
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Chers Camarades, réalisé à l’âge canonique de 82 ans, affirme une sorte de retour à la terre natale et à des problématiques intimes : en s’emparant d’une tragédie du communisme (le massacre de Novotcherkassk, ou la répression sanglante d’un mouvement social sous le régime de Khrouchtchev), Konchalovski oppose au récit historique un point de vue douloureusement organique, entièrement porté par l’actrice Yuliya Vysotskaya. Elle incarne ici une partisane fervente du parti dont la fille disparaîtra pendant les émeutes. Konchalovsky filme avec précision les errances et les désillusions de cette mère de famille. Une galerie de portraits bouleversante mais aussi une réflexion sans concession sur la plasticité du récit officiel, filmée dans un noir et blanc hiératique. Un hommage vibrant au cinéma soviétique et l’œuvre testamentaire d’un voyant.
Chers camarades (2 h), d’Andreï Konchalovski, avec Yuliya Vysotskaya, Sergei Erlish, Yuliya Burova, en salle le 1er septembre





