Depuis Matrix reloaded, la science-fiction ne se remet pas de son virage Benetton. La preuve aujourd’hui avec After Yang, drame intimiste qui fait des thèmes dickiens un napperon pour table basse. Un père tente de faire réparer le frère androïde de sa fille adoptive et découvre une inexplicable carte mémoire dans son processeur. Avec ses camaïeux de couleurs automnales et de sentiments murmurés, After Yang plaira aux amateurs cocoonés de Nature et découvertes. Comme dans le récent Swan song, un pianola synthétique, signé ici Sakamoto, leur tirera même quelques larmes en gélifiant tout.
Lire aussi : [Cinéma] The Sadness : sang caillé
Amateur revendiqué d’Ozu et de Bresson, Kogonada réussit à bouturer le film Sundance le plus insignifiant sur l’art et essai japonais dans la lignée tisane d’Hamaguchi. On n’avait pas vu ça depuis Pearl Harbor. Les plus observateurs déduiront de ce tombeau à l’âme des machines les faveurs réservées par avance au transhumanisme kawaï tout près de chez vous. Reste un mystère : Colin Farrell. Depuis The Lobster, le bad boy un peu trash s’est transformé en modèle d’andropause inclusive, qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. Question de survie, sans doute.
After Yang (1h36), de Kogonada, avec Colin Farrell, Jodie Turner-Smith, Malea Emma Tjandrawidjaja, en salles le 6 juillet





