Inspiré par les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine – le livre préféré de Kafka – Désordres retrace son séjour dans le Jura suisse, avec un résultat en tout point opposé au biografilm compassé Le Jeune Marx (Raoul Peck, 2017). Filmant une petite ville et son usine d’horlogerie toutes deux reconfigurées par le capitalisme naissant, Cyril Schäublin œuvre à l’intersection du documentaire et de la fiction, à la façon d’un Peter Watkins, mais sans sa théâtralité parfois pesante.
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Dénué de prêchi-prêcha sociétal, le récit fragmenté fait de l’anarchiste russe un personnage parmi d’autres tentant de vivre dans un monde nouveau. La délicatesse et la précision du regard s’accommodent de l’absence de conflits perceptibles. S’il n’est pas exempt de coquetterie – ces plans au téléobjectif condamnant toute perspective – Désordres donne au spectateur l’impression de saisir intimement une époque et un lieu éloignés de nous. Un viatique bienvenu pour se délivrer du temps.
DÉSORDRES (1h33), de CYRIL SCHÄUBLIN, avec Clara Gostynski, Alexei Evstratov, Monika Stalder, en salles le 12 avril





