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[Cinéma] Jurassic World, Le Monde d’après : daube préhistorique

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Publié le

7 juin 2022

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Le troisième et dernier volet Jurassic World débarque au cinéma ce mercredi avec en guest stars le retour d’Alan Grant et de Ian Malcom. Un massacre.
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C’est le dernier, nous promettent-ils. Même si on sait que les promesses d’Hollywood n’engagent que ceux qui croient celles d’Emmanuel Macron, on va profiter de la Pentecôte pour prier très fort afin que ce soit vrai tant l’ultime opus de la résurrection des dinosaures se révèle aussi laid que stupide. Cela fait plusieurs années que les dinosaures se sont échappés de leur île, Isla Nublar, pour vivre ensemble avec les humains sur le continent. Du moins à ce qu’il paraît, puisqu’à aucun moment, le spectateur ne les voit. C’est con, croiser un T-rex sur l’autoroute ou faire du manège avec un vélociraptor eût été assez marrant à mettre en scène. Mais le réalisateur n’en a que faire de mettre en scène : dès l’ouverture, tout est d’une indigence crasse. Expédié avec un je-men-foutisme admirable d’assurance, Colin Trevorrow annonce le programme en cinq minutes : un bras d’honneur. On nous promettait Le Monde d’après, mais rassurez-vous chers lecteurs, vivre avec des dinosaures ne change rien à votre quotidien, c’est Disneyland à côté de Saint-Denis.

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Si Jurassic World proposait un reboot de Jurassic Park misant tout sur la surenchère, au début assez réjouissante mais rapidement indigeste, et sa suite, Jurassic World Fallen Kingdom surprenait par sa virtuosité sous amphétamine mais d’une vacuité narrative bien triste, celui-ci ne propose tout simplement rien malgré sa longue durée (2h30 mais 8h00 ressenties). Ni tension, ni humour, ni terreur : Trevorrow ne sait rien faire. Aucun jeu d’éclairages, ni jeu d’échelles, pourtant la base lorsqu’on ambitionne de ressusciter des dinosaures. Le réalisateur américain ne sait jamais où poser sa caméra, proposer un point de vue et jouer avec le hors-champ. Il dévoile tout, et mal, avec ce parti-pris pourtant intéressant de privilégier les personnages que les dinos. Encore faut-il en avoir. Sur le papier, ce Jurassic World propose de réunir les trois héros de Jurassic Park, Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcom, et ceux de la nouvelle franchise Owen Grady et Claire Dearing. On espère pour eux que la cantine était trois étoiles ou le chèque bien rempli parce que côté rôle, les pauvres n’ont rien à becter ; même les spectres ont plus de chair.

Que se passe-t-il, me demanderez-vous ? Pas grand-chose justement. On bâille en se décrochant la mâchoire, à rendre jaloux un gigantosaurus, on cherche désespérément un plan à sauver et on soupçonne même Aymeric Caron de souffler quelques répliques. Débile, sans goût, sans idées et terriblement chiant. Ce n’était pas mauvais, c’était très mauvais.


Jurassic World, Le Monde d’après (2h26) d’après de Colin Trevorrow avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Laura Dern, en salle le 8 juin

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