Hésitant entre aventures McGyver pour enfants et comédie dramatique riche en dilemmes pour adultes, le nouveau film de Pierre Salvadori (En Liberté!) s’avère peu concluant. Quatre pré-ados adjoints d’un souffre-douleur tentent de faire sauter l’usine chimique qui pollue une rivière corse. Sa sortie estivale le prouve : il existe des décideurs qui considèrent La petite bande comme une comédie d’aventures susceptible de plaire à un public familial. Ils risquent fort de déchanter car, derrière son faux-nez écologique, le film de Pierre Salvadori est une étude franchement déplaisante sur la création d’un collectif et la naissance d’un leader à personnalité limite.
La hideur survitaminée du début, façon Petit Spirou, cède la place à des scènes de sadisme comique avec un adulte-repoussoir. Le monde a-t-il besoin d’un hybride entre Les Justes de Camus et le Club des 5 ? On ne croit pas, surtout s’il se conclut par un homicide plus indirect qu’involontaire. Reste l’impression tenace que le fossé contemporain entre générations ne sera jamais comblé, assez bien rendue par l’incompréhension manifeste des deux parties.
La petite bande (1h46) de Pierre Salvadori, avec Paul Belhoste, Laurent Capelluto, Mathys Clodion-Gines, en salles le 20 juillet





