Le cinéma iranien se porte à merveille, merci pour lui. Avec Les Ombres persanes et son argument ultra-casse-gueule (un couple découvre à Téhéran un autre couple qui lui ressemble trait pour trait), le cinéaste Mani Haghighi se joue des frontières entre les genres : pas vraiment fantastique, mais toujours à la lisière de l’inquiétant, pas vraiment satire sociale non plus, puisque les conditions relativement opposées des deux couples ne sont jamais mises en avant, Les Ombres persanes est d’abord un film qui croit à son histoire et qui veut nous y faire croire, fût-elle complètement invraisemblable.
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Le film vaut aussi pour son esthétique, capturant une capitale perse frappée par des pluies torrentielles, presque bibliques, et plongée dans une sorte de pénombre perpétuelle, comme si le jour menaçait de s’éteindre à tout moment. À signaler aussi une performance d’acteur impressionnante – mention spéciale à la fascinante Taraneh Alidoosti, méconnaissable dans l’un et dans l’autre rôle, et vous obtenez le film noir de l’été.
LES OMBRES PERSANES (1h47), de MANI HAGHIGHI, avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Esmail Poor-Reza, en salles le 19 juillet.





