Quitter la nuit : encore de ces injonctions à l’infinitif qui laisse peu de doute quant à ce qu’on va y trouver : un nouvel épisode de l’ère post #metoo, dans lequel une brave mère célibataire se bat pour faire reconnaître son viol, jusqu’à une scène finale confondante de naïveté où avocate, victime et frangine se déhanchent loin des hommes dans une ambiance sororale réconfortante.
Lire aussi : [Cinéma] Rosalie : la barbe !
On aurait toutes les raisons de se pincer le nez, mais non : parce que Delphine Girard sait tenir une caméra, parce qu’elle sait filmer les banlieues du plat pays comme un décor de techno-thriller crépusculaire, et diriger un casting solide jusque dans ses seconds rôles (mention spéciale à Gringe et à la toujours excellente Anne Dorval). De plus, si l’on fait exception de son épilogue ridicule, les clichés sont globalement évités et la réalisatrice laisse planer un doute constant sur le violeur en titre : un pompier plutôt bien fait de sa personne, mais chez qui on devine un abîme insondable.
QUITTER LA NUIT (1H48 MIN), de DELPHINE GIRARD, avec Selma Alaoui, Guillaume Duhesme, Veerle Baetens, Anne Dorval, en salles le 10 avril.





