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CMRDS 2021 : ils s’instruisent pour vaincre

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Publié le

2 septembre 2021

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Alors que les partis politiques suscitent la défiance, l’Action française connaît un regain de vigueur. Organisé dans le Forez, le Camp de formation Maxime Real Del Sarte a réuni près de trois cent cinquante cadres et militants pour une semaine intense. Au programme : beaucoup de légitimité monarchique, et un peu d’élection présidentielle. Reportage.
CMRDS

Il est des monuments historiques nationaux dans l’ordre de l’esprit. N’en déplaise aux biens pensants, l’Action française est de ceux-ci. On peut critiquer certains aspects de sa pensée ou certaines décisions de ses dirigeants passés, cela n’enlève rien à cette étonnante aventure humaine qui dure depuis cent vingt ans. Fondée en 1899, plus ancien mouvement politique français avec le Parti radical, l’Action française témoigne actuellement d’une dynamique significative. Alors que l’anomie contemporaine vide les partis politiques de leurs militants et voit s’écarter d’eux les jeunes, le principal mouvement royaliste français a rassemblé à la fin du mois d’août trois cent cinquante cadres et militants, en grande majorité des étudiants ou de jeunes travailleurs près de Roanne dans le Forez. Un chiffre en net progression depuis plusieurs années, comme me l’a fait remarquer Philippe Lallement, animateurs de La Nouvelle Revue Universelle, l’une des publications théoriques de la mouvance maurrassienne.

« Nous allions formation durable des militants et actions concrètes de militantisme sur le terrain. Le succès de cette université d’été est la résultante d’une année politique intense à Paris comme dans les provinces. »

François Bel-Ker

Ce rassemblement annuel porte depuis sa fondation en 1953 le nom de Camp Maxime Real del Sarte en hommage au sculpteur royaliste qui parraina l’opération. Le château d’Ailly, qui accueille depuis plusieurs années ces rencontres estivales d’une durée d’une semaine, ouvre largement sa façade classique sur la campagne. Il appartient à la famille de l’encyclopédiste Charles de Brosses, président du Parlement de Bourgogne sous Louis XV et auteur resté fameux pour ses Lettres d’Italie. Au CMRDS, les militants dorment sous la tente. Ce qui frappe chez ces jeunes royalistes, c’est leur passion, non pas d’un passé révolu, mais de l’actualité politique. La mécanique maurrassienne est bien huilée. Ici on entend servir le Bien commun et défendre l’intérêt national en restaurant la légitimité politique. L’objectif pratique affiché et assumé lors de la conclusion de ces débats est de couronner une Ve République recentrée sur ses accents constitutionnels en plaçant à la tête de l’État le chef de la Maison de France, c’est-à-dire le comte de Paris. « Ce recours à un monarque héréditaire permettrait d’échapper aux inconvénients de la compétition électorale permanente que nous connaissons aujourd’hui » m’explique un militant. L’autre leitmotiv, c’est de recouvrer une souveraineté nationale abîmée par la construction européenne.

Quelle est donc la recette de ces royalistes de raison pour rassembler ainsi une part significative de la jeunesse engagée dans ce pays ? Francis Venciton, responsable des études à l’Action française, a son idée : « À un an de l’élection présidentielle, la jeunesse française ne s’intéresse nullement au casting proposé. Pourtant la question de la conduite des affaires de la France est prioritaire, avant de songer à régler les questions liées à l’immigration ou l’environnement. Nous proposons une réflexion sur l’État. Cela séduit. » François Bel-Ker, secrétaire général du mouvement, complète cette analyse : « Nous allions formation durable des militants et actions concrètes de militantisme sur le terrain. Le succès de cette université d’été est la résultante d’une année politique intense à Paris comme dans les provinces. »

Lire aussi : Intrusion de l’Action française au Conseil régional d’Occitanie : Carole Delga va porter plainte

Les royalistes de l’Action française donnent des consignes de vote et en attendant de réaliser leur objectif, ils conseillent de glisser le moins mauvais bulletin dans l’urne. Pour 2022, ils n’ont pas encore tranché mais les noms de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour revenaient souvent dans les conversations. En attendant, ils dénoncent dans la rue le « pass sanitaire » au nom des libertés publiques. Une partie des militants est allée manifester à ce sujet dans les rues de Roanne. L’autre continuait de suivre une formation de qualité, largement axée sur la politique intérieure (enseignement, décentralisation, justice, etc.), la philosophie politique et les relations internationales. Parmi les orateurs, on relevait les noms de Gérard Leclerc, éditorialiste de France catholique et Radio Notre Dame, ou de l’africaniste Bernard Lugan. Par un heureux hasard, le CMRDS  s’est achevé le jour du 80e anniversaire de la mort d’Honoré d’Estienne d’Orves sous les balles allemandes. Un résistant royaliste dont l’engagement sert aujourd’hui de modèle à beaucoup de ces militants.

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