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Colloque de l’institut Iliade : le melting pot de droite

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Publié le

21 avril 2023

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Le samedi 15 avril, se tenait à la Maison de la Chimie à Paris le Xe colloque de l’institut Iliade. L’occasion pour cette communauté de pensée de proposer à ceux qui partagent leur constat du déclin anthropologique une formation qui assure la transmission de la culture et de la civilisation à l’échelle européenne.
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Plus qu’une formation, ce colloque semble être une de ces réunions du style feu de la Saint-Jean : festive, populaire, et un peu païenne. Pourtant, en se plongeant parmi les 1 350 personnes venues à l’événement (chiffres des organisateurs), on s’aperçoit que de feux et de danses il n’en n’est rien. Sous les colonnes de l’entrée sont disposés les premiers stands : le journal L’Étudiant libre, l’association « Touche pas à ma statue », la boutique Iliade, ou encore le stand Lady Europa qui propose des objets européens du quotidien dans un style grec, viking ou médiéval. Les premiers stands annoncent le ton de la réunion : un cocktail aux saveurs identitaire, celtique, conservatrice, patriotique et européenne, confondant ainsi une variété de sensibilités de droite.

Un exposant d’une soixantaine d’années propose des t-shirt sur lesquels est représenté l’ouvrier soviétique Stakhanov brisant le wokisme à coup de marteau. Il vient de lancer la marque APER, des vêtements français, dont le symbole, le sanglier, représente la combativité et la force. Il atteste que « la production est 100% française ».

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Il est difficile de se frayer un chemin dans cet espace où rires, discussions, accolades et débats raisonnent, laissant flotter dans l’air un vent de gaieté. On trouve différents styles. Du starter pack de droite : moustache recourbée, ses chaussures à boucle cirées, portant un foulard ou une cravate sous la chemise recouverte d’un gilet, lui-même recouvert d’une veste, bague au doigt. Au conservateur insoupçonné : cheveux longs noués en queue de cheval, chemise déboutonnée au-dessus de laquelle flotte une épaisse barbe.

Toutes ces personnalités se retrouvent pour échanger entre amis ou militants. En parlant de personnalités, on reconnaît quelques visages connus : l’avocat Pierre Gentillet, l’essayiste Julien Rochedy, ou encore la militante Thaïs d’Escufon, auditrice de l’institut.

L’étage est réservé aux conférences et tables rondes au cours desquelles se succèdent les intervenants devant une salle comble : l’Italien Pierluigi Locchi, le co-fondateur de l’institut Jean-Yves Le Gallou, la journaliste Audrey d’Aguanno et bien d’autres encore. On parle santé, wokisme, sciences, idéologies ou éducation, bref tout ce qui touche à l’anthropologie, en essayant d’apporter une réponse en tant qu’Européen.

La lutte contre le déclin anthropologique à l’échelle européenne ne doit pas effacer les identités nationales qui composent cette culture commune

Entre deux interventions, certaines personnes sortent pour aller voir les exposants, ou s’aérer le temps d’une cigarette. Marie*, une dame d’une soixantaine d’année est venue ici car « le sujet du déclin anthropologique l’intéresse ». Elle se dit inquiète pour ses enfants et petits-enfants de cette mutation de la société. Celle qui avoue faire partie d’une génération ayant connu une « très grande liberté » déplore le « recul de [celle-ci] aujourd’hui ». Pour elle, venir ici, c’est aussi l’occasion de se former sur le sujet et d’acquérir « des éléments de réponses à opposer à tous ceux qui concourent à ce déclin » dit-elle, avant de conclure en souriant, qu’il est « rassurant de voir d’autres personnes qui sont présentes ici et qui partagent les mêmes idées, surtout les jeunes ».

En effet, des jeunes, il y en a plein. Comme cette jeune femme de vingt-cinq ans, qui porte le même point de vue que Marie. Lucie* est venue pour retrouver des amis militants et assister pour la première fois au colloque. Elle aussi partage ce même constat du déclin anthropologique. Le sursaut identitaire pour elle a commencé en 2013 avec La Manif pour tous, depuis elle est engagée en politique et profite des occasions comme les colloques pour se former et s’armer intellectuellement contre l’« effondrement civilisationnel ». Constance* souligne l’importance de protéger « la souveraineté nationale ». Même si certains intérêts communs aux pays de culture européenne peuvent justifier une entraide, pour elle, la lutte contre le déclin anthropologique à l’échelle européenne ne doit pas effacer les identités nationales qui composent cette culture commune, car les pays « ont des intérêts différents ».

Finalement, ce colloque a tout l’air d’un forum d’idées, d’échanges, de débats pour se former intellectuellement mais aussi se retrouver entre personnes partageant toutes un même constat : la mutation anthropologique. Et le combat commence effectivement par une prise de conscience collective.

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