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Covid 19 : Un vaccin pour une sortie de crise ?

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Publié le

28 juillet 2020

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Le vaccin apparaît de plus en plus comme la seule issue durable dans la crise actuelle. Dans quels délais serait-il disponible ? Quelles sont les modalités de son développement et les enjeux qui entourent sa découverte ? L’Incorrect explique.

Le monde ne semble pas sorti de la crise du covid 19, alors que certains pays mettent en place depuis plusieurs semaines des reconfinements partiels devant la hausse du nombre des contaminations. La France n’est pas parvenue à ce stade mais le port du masque y est obligatoire dans tous les lieux qui accueillent du public depuis le début de la semaine dernière. De manière générale, la population comme les dirigeants craignent la fameuse seconde vague du virus qui pourrait frapper à l’automne et entraîner un reconfinement généralisé, aux conséquences économiques et sociales désastreuses. Dans cette situation globale peu réjouissante, un vaccin apparaît de plus en plus comme la seule manière de sortir durablement de l’épidémie. C’est d’autant plus vrai que la majorité de la population n’a pas été touchée par le virus et n’est donc pas immunisée, ce qui la rend vulnérable à un retour du SARS-CoV-2.

Une immense course au vaccin est donc en cours à la surface du globe. Très logiquement, trois concurrents majeurs émergent : la Chine, les États-Unis et l’Europe. Ces États cherchent à protéger prioritairement leurs populations respectives. Les États-Unis, où le nombre d’initiatives de recherche est le plus élevé, et de très loin, a lancé l’initiative Warp Speed, « au-delà de la vitesse lumière », pour trouver le plus rapidement possible un vaccin. Ce projet qui prend la forme d’un partenariat public-privé voit le gouvernement fédéral financer les laboratoires dans leur recherche de vaccin en l’échange de la promesse d’un accès prioritaire à ce dernier quand il sera trouvé. L’objectif affiché est d’obtenir 300 millions de dose de vaccins pour les Américains en janvier 2021. Hier, le lundi 27 juillet, un essai sur 30 000 personnes a été lancé par le groupe de biotechnologie Moderna, qui a passé un contrat d’un demi-milliard de dollars avec la Maison Blanche . Ces essais sur les humains sont la troisième et dernière phase de développement d’un vaccin.

Hier, le lundi 27 juillet, un essai sur 30 000 personnes a été lancé par le groupe de biotechnologie Moderna, qui a passé un contrat d’un demi-milliard de dollars avec la Maison Blanche .

Ils sont les premiers menés par une entreprise américaine. La société anglo-suédoise AstraZeneca, qui travaille en lien avec Oxford, et un groupe chinois ont déjà atteint cette phase, dans des essais qu’ils mènent au Brésil. La large diffusion du virus dans le pays permet en effet d’y réaliser des tests à grande échelle qui sont plus fiables. Le groupe AstraZeneca a d’ailleurs passé un accord de livraison de 400 millions de doses d’ici la fin de l’année avec des États d’Europe continentale (France, Allemagne, Pays-Bas et l’Italie) travaillant ensemble dans le cadre de l’Alliance inclusive pour le vaccin. Le groupe français Sanofi a annoncé le 13 juillet dernier être lui aussi proche d’un accord d’une ampleur similaire avec l’Alliance. Ces pays d’Europe ont insisté pour que les laboratoires s’engagent à vendre les vaccins à prix coûtants. Une fois livrés, ils devraient être dirigés en priorité vers le personnel soignant et les personnes les plus vulnérables, comme l’a déclarée ce matin la Haute Autorité de Santé.

Lire aussi : Déconvenue sur le plan de relance européen post-covid

Rien ne permet cependant de dire si le délais de la fin de l’année 2020 pourra être tenu. Il est en effet crucial de tester l’efficacité et l’absence de dangerosité des vaccins avant de les commercialiser. Toute précipitation pourrait avoir des conséquences désastreuses. Normalement, il faut attendre une petite dizaine d’année entre l’émergence d’une maladie et la découverte d’un vaccin efficace.

Normalement, il faut attendre une petite dizaine d’année entre l’émergence d’une maladie et la découverte d’un vaccin efficace.

Cependant, vu la dangerosité de cette pandémie, la compétition acharnée pour être le premier pays dont sera issu la délivrance et la connaissance préalable des coronavirus depuis l’épidémie de SRAS au début des années 2000, il est possible qu’une solution soit trouvée rapidement. Rien n’est en fait certain. Hier, Odile Launay, directrice du centre d’investigation clinique de vaccinologie Cochin-Pasteur, disait au Monde qu’il n’y aurait pas, selon elle, de vaccin avant au mieux septembre 2021. La sortie de crise est peut-être encore lointaine, et les rechutes peuvent être nombreuses avant qu’un vaccin ne soit diffusé largement en France et que la vie ne revienne à la normale.

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