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Covid, croissance, démographie : la Chine s’inquiète

Ralentissement de la croissance, révolte contre la stratégie « zéro-Covid » et démographie en berne, les obstacles semblent s’accumuler pour la Chine sur la route de la puissance globale.

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© Xiangkun Zhu – Unsplash

Face à la route express G30, qui connecte Lianyungang à Khorgas, d’ouest en est de la Chine sur 4 240 kilomètres de long, les structures usées de dinosaures en métal rouillé et en plastique troué dressent leurs gueules hérissés de dents émoussées devant l’immense désert du Taklamakan, grand comme la moitié de la France. La construction du parc a débuté dans les années 1990. Il était censé tirer profit du (modeste) afflux de touristes arrivant à Dunhuang pour admirer les plus grandes dunes de sable du pays. Aucun touriste n’a jamais franchi l’arche gardée par un T-Rex poussiéreux et un diplodocus fatigué, dont le revêtement part en lambeaux, rongé par le vent du désert.

Dans ce far-west chinois, les « villages pionniers » poussent aussi vite qu’ils sont abandonnés, selon qu’un gisement de gaz naturel est découvert ou également abandonné. Le Xinjiang voisin, la province la plus à l’ouest de la Chine, qui abrite la majeure partie du désert du Taklamakan, est considérée comme un territoire hautement prioritaire. La province fournit un tiers de la production nationale en gaz naturel et c’est aussi la deuxième productrice de pétrole. Pékin a investi des centaines de milliards de yuans dans son développement et en conséquence, de larges pans du territoire et de l’économie de la province sont contrôlés directement par l’armée chinoise et ce que l’on nomme les bingtuans, les « brigades militaires », structures contrôlées par l’armée, créées en 1954.

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Pékin rase les quartiers historiques des « villes sœurs », jumelées aux grandes métropoles des provinces orientales, et envoie des dizaines de milliers d’ouvriers s’installer ici, en échange de salaires très attractifs. En 1949, la région comptait quelque 200 000 Hans (l’ethnie majoritaire en Chine). Ils sont dix millions aujourd’hui. Dans les villages pionniers qui bordent les voies express, les employés en combinaison rouge ou bleue des entreprises d’État Sinopec ou PetroChina, attendent chaque matin devant leurs petits immeubles peints aux mêmes couleurs les armées de taxis qui vont les mener sur les sites d’extraction de gaz ou de pétrole où ils vont s’égayer, formant des dizaines de petites taches sur les vastes étendues de sable jaune. [...]

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