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Cry Macho : naufrage d’une légende

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Publié le

10 novembre 2021

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On vénère Clint Eastwood, mais il nous faut bien avouer que Cry Macho est un naufrage complet. Nous rejouant le coup du crépuscule du héros, Clint fait peine à voir, alors que côté dialogues, mise en scène et photo, rien n’est à garder. Triste.
Cry macho

Il y a des films qu’on ne devrait jamais voir. Ceux qui vous salissent les yeux et vous crèvent le cœur non pas en raison de leur laideur mais parce qu’ils trahissent la déchéance de leur auteur et qu’ils nous poussent à égratigner une icône. Dès l’ouverture, le vieux cow-boy fait peine à voir. Démarche comme soutenue au déambulateur, chapeau trop grand, corps rabougri, Clint nous rejoue l’énième crépuscule du héros sauf que, cette fois-ci, il ne joue pas, il l’incarne et, à plus de 90 bougies, même le numérique ne peut pas y faire grand-chose. Il y a une forme d’indécence à se mettre en scène ainsi en l’assumant complètement. Eastwood est Mike, star déchue du rodéo, qui se voit confier une mission impossible : se rendre au Mexique pour en ramener un adolescent turbulent jusqu’au Texas. Il lui faudra pour cela affronter la pègre mexicaine, la police et son propre passé.

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Son passé, justement, Eastwood ne cesse de le remâcher, mais en raté et sans dentier. Le parcours initiatique lorgne du côté de son sublime Honkytonk Man ; il rejoue le père de substitution de Costner dans Un Monde parfait et le vieil amoureux de Sur la route de Madison. Comme l’écrivain qui peine à s’émanciper de son premier roman, le cinéaste ressasse ses lubies mais n’est pas Howard Hawk qui veut. Son romantisme suinte la vieille couche d’EHPAD alors qu’il s’imagine en Don Juan texan et, lorsqu’il s’essaye au rodéo, on ne sait plus si l’on doit pleurer de rire ou de colère. Tout sonne faux, rien n’est à sauver. Sa mise en scène hésite entre l’insipide et le suranné, ses partenaires rivalisent de médiocrité, côté photo, le sirupeux est de rigueur, quant aux dialogues, c’est à nous faire regretter le temps du muet. Les légendes ne meurent jamais, les hommes si, et Clint Eastwood nous rappelle malheureusement pourquoi.


Cry Macho de Clint Eastwood (1h44), avec Clint Eastwood, Dwight Yoakam, Daniel V. Graulau, en salle le 10 novembre

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