De l’utopie à la réalité : Bienvenue au Liberland, micronation libertarienne

© Louis Lecomte pour L'Incorrect

« Vivre et laisser vivre. » Telle est la devise de ce pays en herbe. En Avril 2018, ce micro-Etat non reconnu fêtait ses trois ans d’existence. Retour insolite sur la proclamation d’un territoire entre la Serbie et la Croatie, sur les rives du Danube.

 

Né officiellement en 2015 grâce à l’entrepreneur Vit Jedlicka, cet Etat est situé sur une terra nullius (terre sans maître), un lopin de terre jamais revendiqué ni par la Croatie, ni par la Serbie, mais qui est pourtant bien le fruit de rivalités entre ces deux nations depuis la dislocation de l’exYougoslavie. Cette micro-nation se veut une utopie libertarienne, débarrassée du contrôle de l’État sur les armes à feu, l’impôt, et même des lois en général. Les réseaux sociaux relaient largement la nouvelle lors de sa création, 350 000 personnes ont à ce jour rempli le formulaire en ligne afin d’obtenir la citoyenneté à travers le monde.

 

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S’ils divergent idéologiquement, entre miniarchistes, anarchistes ou radicaux capitalistes, les membres revendiqués de ce micro-Etat adhèrent aux grands principes libertariens : réduire considérablement le contrôle de l’Etat, s’affranchir des taxes, refuser la violence et revendiquer la liberté sous toutes ses formes. La population locale s’amuse souvent de ces « hippies hipsters en tongs », qui, pourtant, sont loin d’être de doux idéalistes rêveurs. Seulement, les accords de Montevideo de 1933 stipulent qu’il ne peut y avoir reconnaissance diplomatique d’un territoire sans une population et un gouvernement.

Ainsi, plusieurs membres du comité du Liberland maintiennent une base arrière dans la ville serbe de Bezdan pour marquer leur présence, dans l’espoir d’une future reconnaissance internationale. Pour l’heure, le Liberland reste un no man’s land. Nul n’est autorisé à y mettre les pieds, pas même Vit Jedlicka. La police croate, déployée tout autour du territoire en question, s’est vue donner l’ordre d’arrêter quiconque tenterait de s’en approcher. En mai 2015, le président du Liberland, lui-même, a été arrêté après avoir tenté de rejoindre le territoire depuis la Croatie.

 

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En attendant de pouvoir y retourner, Vit Jedlicka ne relâche pas ses efforts. Il s’efforce de concrétiser son projet en donnant des conférences partout dans le monde, en rencontrant différentes personnalités politiques et en cherchant des financements pour mener à bien son unique espoir. Cet Eldorado virtuel des ultra-libéraux devra donc surmonter de nombreux obstacles, avant que celui-ci soit vraiment reconnu comme le troisième plus petit pays d’Europe, après le Vatican et Monaco.

Brieuc Becker

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bbecker@lincorrect.org

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