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Dignité sans frontière

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Publié le

12 novembre 2017

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Ludovinedlr

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J’entends régulièrement, ici ou là, que le sujet majeur, la ligne rouge, serait la légalisation de la gestation pour autrui (GPA). Et donc, si Emmanuel Macron est favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes célibataires et lesbiennes, le fait qu’il se déclare opposé à la GPA serait rassurant : « L’essentiel est sauf, tout va bien, dormez braves gens ! »

 

En réalité, le saut anthropologique, le détournement de la médecine, la logique transhumaniste, sont bien l’apanage de la PMA sans père. La GPA n’est « que » le pas suivant.

 

La PMA effacerait le père et toute la filiation

 

La procréation médicalement assistée (PMA) est un ensemble de techniques mises au point pour aider des couples souffrant d’une pathologie de la fertilité à concevoir un enfant ou des couples susceptibles de transmettre une maladie d’une « particulière gravité » à l’enfant s’ils concevaient naturellement. Leur situation n’a rien à voir avec celle des lesbiennes ou des femmes seules : si celles-ci ne peuvent pas concevoir d’enfant, ce n’est évidemment pas pour des raisons médicales.

Dans ce contexte, la PMA conduirait à faire sciemment des enfants orphelins de père. Et, double peine, ces enfants seraient même de père inconnu (le don de sperme est anonyme). On sait pertinemment, pourtant, la souffrance qu’une telle situation génère. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on envisage, depuis des années, de lever l’anonymat du don de gamètes.

Pratiquée pour des femmes célibataires ou lesbiennes, la PMA effacerait le père et toute la filiation paternelle de l’enfant. Elle irait évidemment de pair avec la « reconnaissance » d’une prétendue double filiation maternelle, c’est à-dire une filiation fictive, niant la réalité anthropologique. C’est ce que dénonçait le Premier ministre Edouard Philippe lui-même dans une tribune de 2013 expliquant son opposition à la PMA sans père et à la GPA, mais aussi à l’adoption plénière pour deux hommes ou deux femmes.

La PMA sans père, fondée sur l’idée qu’on peut « construire sa famille » suivant ses désirs, détournerait la médecine de sa finalité

La PMA sans père, fondée sur l’idée qu’on peut « construire sa famille » suivant ses désirs, détournerait la médecine de sa finalité. Elle nous mettrait, autrement dit, de plain-pied dans la logique transhumaniste : il ne s’agirait plus de « réparer » l’être humain, mais bien d’augmenter ses capacités, d’aller au-delà de l’humain même si, à ce stade, ce ne serait qu’en masquant le fait que l’enfant est bien engendré par un homme et une femme.

 

La dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontière 

 

Quant à la position d’Emmanuel Macron sur la GPA, ne soyons pas naïfs. Certes, il a récemment réaffirmé en prime time et en direct sur la première chaîne de télévision du pays son opposition à la GPA. Mais il a dit aussi, certes plus discrètement, que « la France n’est pas encore prête » pour la GPA…

 

   Lire aussi : Gregor Puppinck : « Le corps humain n’est plus envisagé qu’au prisme de la technique»

 

Le Président a cependant annoncé le lancement d’une initiative internationale contre la GPA, comme Manuel Valls en octobre 2014 au moment d’un défilé de La Manif Pour Tous qui avait réuni des centaines de milliers de personnes contre la GPA.

Profitons-en ! Puisqu’Emmanuel Macron se dit opposé à la GPA, l’urgence est de le pousser à agir en ce sens. La dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontière : ce qui est inacceptable en France l’est tout autant en Asie, en Afrique ou en Amérique. Nous le savons, la seule solution, c’est l’abolition universelle de la GPA.

Comme disait Bernanos, « l’avenir, on ne le subit pas, on le fait. » La bataille est ouverte, c’est l’heure de s’engager !

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