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L’historien-musicien produira cet automne à Autun son spectacle « Napoléon, l’opéra rock », pour le 250e anniversaire de la naissance de l’empereur. Un couronnement pour celui qui a consacré sa vie à la réhabilitation du récit national français.
a passion de Dimitri Casali, c’est raconter l’Histoire de France. Et pour ce faire tous les moyens sont bons, des livres aux guitares. L’Histoire mais la vraie, pas celle véhiculée par les Indigènes de la République qui ont juré la perte de ce trublion. « Tout part de l’éducation, et l’Histoire en est une donnée fondamentale, car c’est par elle que l’on forme à la citoyenneté. Mais encore fautil savoir de quelle Histoire on parle. Depuis 1968, l’Éducation nationale tente – avec succès – de remplacer l’Histoire événementielle par un récit compassionnel.
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Exit les grands personnages dont les rois de France, exit la chronologie et les dates, place aux thématiques des droits de l’Homme, de lutte anti-raciste, du féminisme et de l’anti-colonialisme », lâche en préambule l’historien dans son bureau de l’avenue de La Tour-Maubourg. Entouré de livres d’Histoire (il en a lui-même écrit plus de 40), Dimitri Casali parle cash quand il s’agit de faire le bilan de quatre décennies d’enseignement de l’Histoire : « Un désastre! » Un bilan qu’il attribue directement à la lâcheté globale de la classe politique.
Au premier chef à Jacques Chirac, refusant en 2004 d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de constitution européenne. « En 2001, Christiane Taubira a porté le coup de grâce avec sa loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, mention désormais obligatoire dans les manuels scolaires ». Et Casali de citer également Xavier Darcos, ministre sarkozyste de l’Éducation nationale, instituant l’enseignement des empires africains en classe de 5e . François 1er et Louis XIV sont grandremplacés! Jeanne d’Arc elle-même ne doit sa maigre évocation qu’à sa participation à l’émergence de la femme sur la scène publique.
Sa petite musique finit par se faire entendre. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaite revenir aux fondamentaux et prend en compte les travaux de Casali. Certains de ses livres ont même été adoubés par Souâd Ayada, nouvelle présidente du Conseil supérieur des programmes.
Révolté par ces arrangements avec la vérité à des fins idéologiques, l’historien franc-tireur commet des livres remarqués sur ces abandons. L’Histoire de France interdite, Désintégration française, La Longue Montée de l’ignorance: des titres qui ont valu à Casali plus d’ennemis que d’amis parmi les journalistes, mais qui trouvent leur public. Cet estimable succès littéraire (son dictionnaire de Napoléon s’est vendu à 40 000 exemplaires) était tout de même difficilement pronosticable. Certes, l’Histoire était une passion transmise de génération en génération dans sa famille.
Mais Casali avait démarré sa vie professionnelle comme guitariste à Toulouse en 1983 avec son groupe Les Apple Pie, inspiré des Beatles. Las, « difficile de vivre de la musique quand on ne s’appelle pas John Lennon, lequel compare le rock français au vin anglais », reconnaît le presque sexagénaire. Il finira par dissoudre Huit et demi, le second nom de sa formation. C’est alors qu’il a l’idée baroque de lier ses deux passions, et compose plusieurs « opéras rock » sur l’Antiquité et Napoléon. Retour sur les bancs de la Sorbonne à 33 ans, maîtrise d’Histoire et première affectation dans une zone d’éducation prioritaire dans le 93. « Ç’a été un choc et le déclencheur de ma volonté de réhabiliter l’Histoire de France comme outil d’intégration. Dans ma classe composée à 100 % d’enfants d’immigrés, le seul blanc était un jeune issu du Kosovo : tous ignoraient l’Histoire, pire, ils la détestaient ».
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Le séjour en ZEP durera 10 ans jusqu’au jour où le jeune prof est attendu à la sortie du lycée. Les « jeunes » veulent venger un élève de 12 ans d’origine malienne que Dimitri Casali a fait sanctionner pour injure à la France. Il échappe au guet-apens et démissionne dans la foulée. Troisième carrière, d’écrivain cette fois. « L’Histoire ne s’apprend pas par cœur, mais par le cœur, avait l’habitude de dire mon maître Ernest Lavisse ». Il sera conforté bien plus tard par Emmanuel Leroy-Ladurie, qui martèle que les grandes dates et personnages sont des marqueurs importants pour les élèves. « Or c’est le contraire qu’on enseigne aujourd’hui, avec notamment la culpabilisation orchestrée par le mouvement indigéniste concernant l’histoire coloniale.
Pour le CRAN et consorts, les Français ont tous été des esclavagistes au XVIIIe siècle, des colonialistes au XIXe et des collabos au XXe ». Sa petite musique finit par se faire entendre. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaite revenir aux fondamentaux et prend en compte les travaux de Casali. Certains de ses livres ont même été adoubés par Souâd Ayada, nouvelle présidente du Conseil supérieur des programmes. La consécration pour ce descendant d’Albigeois, rebelle par nature.
Guillaume Fischer
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